Le livre, un outil de liberté ?

Le livre, un outil de liberté ?

samedi 15 février 2020

Neuf parfaits étrangers de Liane Moriarty




















Éditeur : Albin Michel
Parution : 29/01/2020
Nombre de pages : 510
Traduction : Béatrice Taupeau
Genre : littérature australienne

L'auteur : 





















Née en 1966, Liane Moriarty est une romancière australienne auteur de sept best-sellers. Après Le Secret du mari, succès phénoménal traduit dans 55 pays, Petits secrets, grands mensonges, adapté en série par HBO, et Un peu, beaucoup, à la folie, À la recherche d'Alice Love est son quatrième roman à paraître chez Albin Michel.

Quatrième de couverture : 

Neuf citadins stressés, prêts pour un break dans une sublime station thermale. Le Tranquillum House leur propose, grâce à une approche révolutionnaire, de renouer avec l'énergie positive pour prendre un nouveau départ. Coupés du monde extérieur, délestés de leurs portables, tous s'attendent avec impatience à une transformation totale.
Au fur et à mesure de la cure, entre méditation, tai chi et techniques de bien-être, les langues se délient, les secrets enfouis resurgissent, les animosités aussi. On leur avait promis la quiétude et le renouveau, c'est le lâcher-prise qui s'installe... mais pas celui auquel ils s'attendaient.
Avec l'humour et la subtilité qui ont fait son succès, Liane Moriarty, l'auteur du Secret du mari et de Petits secrets, grands mensonges, traque les vérités cachées derrière les apparences et la quête parfois absurde du changement à tout prix. Du grand art.

Mon avis :

« Elle s'y voyait déjà, les pierres délicieusement disposées symétriquement le long de sa colonne vertébrale, leur chaleur magique dissipant ses douleurs.
Tandis qu'elle rêvait de sources chaudes et de yoga doux, un message pressant était apparu à l'écran : Plus qu'une place pour vivre une expérience unique de dix jours avec notre retraite Métamorphose mentale et physique ! Il n'en avait pas fallu davantage pour aiguiser son esprit de compétition  et, bêtement, elle avait cliqué sur Réservez maintenant. »

Romancière au succès déclinant qui vient d'être la proie d'une arnaque sentimentale sur internet, Frances a sérieusement besoin de faire un break pour surmonter son blues. Alors, quoi de mieux qu'une cure de remise en forme dans un endroit paradisiaque niché au cœur de  la verdure ? Tranquillum house semble être le lieu idéal pour se ressourcer et repartir du bon pied, avec à la carte : repos, alimentation saine, désintoxication numérique, yoga, relaxation et massages ! 
Frances va partager dix jours en compagnie de huit autres curistes venus de tout horizon, eux aussi attirés par cette offre alléchante repérée sur internet. 
Neuf parfaits inconnus qui vont apprendre à se découvrir dans ce lieu hors du commun, tenu de main de maître par une directrice aussi sculpturale qu'énigmatique qui va leur promettre changement et renaissance et qui n'aura pas son pareil pour percer leur carapace. Secrets, mensonges, trahisons et plaies intérieures vont petit à petit émerger à la surface.  Pour le meilleur ou pour le pire ? 

Roman au suspense parfaitement maîtrisé, Neuf parfaits étrangers vous embarque dès le premier chapitre dans une cure thermale improbable et inédite dont vous ne ressortirez pas indemne. Abordant le thème du business juteux des nouveaux gourous du développement personnel, ce récit riche en rebondissements happe son lecteur, l'immergeant dans un tsunami d'émotions et de rires. L'humour grinçant et omniprésent sauve cette histoire d'un excès de guimauve qui aurait pu lui être fatal ! 
Après le succès de la série « Big little lies », Dame Moriarty montre qu'elle n'a pas écrit sa dernière ligne et que contrairement à Frances, son héroïne dont la plume ne fait plus recette, ses romans ne sont pas prêts de déserter les têtes de gondole !



Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 9 février 2020

Sept jours au Mazet-St-Voy de Yves Montmartin


















Éditeur : Editions du Venasque
Parution : 07/01/2020
Nombre de pages : 190
Genre : policier

L'auteur :















Yves Montmartin est né à Saint-Etienne en 1953 et il souffre depuis son enfance de bibliophagie, maladie qu'il soigne avec de la lecture matin, midi et soir. La bibliothèque associative dont il est un des bénévoles est devenue son centre de soins. L’écriture du "livre qui vole", son premier roman, doit être considérée comme une thérapie. Il est également l'auteur du roman "Anaïs", paru en 2018.

Quatrième de couverture :

Au Mazet-St-Voy, charmante commune de la Haute-Loire, pendant sept jours, chaque soir, deux vieux amis se racontent des histoires policières au coin du feu. Cher lecteur, je me permets de te tutoyer, car nous allons passer un moment ensemble et je suis persuadé qu'à la fin de ta lecture nous serons, nous aussi, de vieux amis. Je te mets au défi de résoudre ces sept énigmes. Chaque fois, avant de te révéler le sinistre dénouement, je te laisserai un petit moment pour essayer de trouver la solution. Si tu es perspicace, tu auras peut-être droit en cadeau à une huitième histoire...

Mon avis :

« Mais comme tu le sais très bien, les promesses ne sont faites que pour calmer une impatience, et elles ne doivent jamais être tenues. »

Avec son nouveau roman, Yves Montmartin nous invite à faire la connaissance de deux vieux amis qui ont pour tradition de passer ensemble les fêtes de fin d'année. C'est dans la demeure de Germain, un enseignant à la retraite qui habite un hameau reculé de la Haute-Loire, que vont se dérouler les retrouvailles des deux compères. 
Le lecteur va partager une semaine de la vie des deux complices, entre tourisme du terroir, restaurants gourmands et veillées au coin du feu. Des veillées particulières, où les deux amis doivent redoubler d'inventivité, pimentant leurs soirées en racontant une histoire sortie de leur imagination. Le thème choisit pour cette année est l'énigme policière. 
Durant sept jours, les deux protagonistes de ce roman nous livreront à tour de rôle leurs récits, tous plus troublants, machiavéliques et effrayants les uns que les autres. Entre chausse-trappes et fausses pistes, l'auteur joue avec les nerfs de son lecteur, semant des indices tel le petit Poucet ses cailloux, l'invitant à deviner la chute de chaque récit... et cerise sur le gâteau, la fin du roman nous réserve une surprise de taille !

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé la plume alerte, attachante et imaginative d'Yves Montmartin, qui dans ce dernier roman nous livre un récit à suspense à la construction très originale. En parallèle de l'histoire, le lecteur découvre sept nouvelles imbriquées dans le texte, qui pourraient tout aussi bien se lire indépendamment. 
Comme dans les romans de Simenon, on croise des personnages ordinaires qui par vengeance, convoitise, jalousie, amour contrarié ou cupidité, vont redoubler d'inventivité pour commettre leurs crimes et s'avérer plus troublants et retors les uns que les autres sous leurs dehors bien paisibles !
Voilà une lecture très cruelle mais ô combien délectable, à savourer paisiblement au coin de l'âtre !



Merci à Yves Montmartin pour cette agréable lecture !
Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 26 janvier 2020

Taqawan de Eric Plamondon




















Éditeur : Le livre de Poche
Parution : 27/02/2019
Nombre de pages : 224
Genre : littérature québécoise

L'auteur :















Né au Québec en 1969, Éric Plamondon a étudié le journalisme à l’université Laval et la littérature à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal). Il vit dans la région de Bordeaux depuis 1996 où il a longtemps travaillé en communication. Il a publié au Quartanier (Canada) la trilogie « 1984 » : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise, et Pomme S, publiée en France aux éditions Phébus. Il a fait paraître la novella Ristigouche (2013) et son dernier roman, Oyana, est paru aux éditions Quidam en 2019.

Quatrième de couverture : 


« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. » 11 juin 1981. Trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Émeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.

Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source… Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Mon avis : 


« Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir. Celui qu'on traite de bâtard toute sa vie pour lui signifier sa différence ne voit pas le monde du même œil que celui qui a connu son père. Quel monde pour un peuple qu'on traite de sauvages pendant quatre siècles ? »


Fortement intriguée par le titre de ce roman à la couverture déroutante, j'ai voulu rassasier ma curiosité et en savoir plus sur ce mystérieux "taqawan". 
L'intrigue du récit se déroule en Gaspésie, région où vit le peuple  mi'gmaq, une tribu amérindienne du Canada. Chez les mi'gmaq, le "taqawan" est un jeune saumon qui après un périple en mer rejoint pour la toute première fois les eaux douces qui furent son berceau. 
Un saumon qui sera source de discorde entre les autochtones et le gouvernement en juin 1981, quand trois cent policiers de la sûreté du Quebec envahiront la réserve de Restigouche pour saisir leurs filets afin de les contraindre à limiter leurs quotas de pêche. Cette "guerre du saumon" donnera lieu a de violents affrontements entre les amérindiens et les forces de l'ordre. 
C'est dans ce climat explosif que va se dérouler le drame tissé dans ce  sombre et passionnant récit. Suite au viol d'une jeune indienne, un garde-pêche démissionnaire, une institutrice française et un vieux mi'gmaq fuyant la société vont se retrouver piégés dans des eaux troubles en voulant porter secours à la jeune fille. Sortiront-ils tous indemnes d'un traquenard mortel qu'ils étaient à mille lieux d'imaginer ?

Roman patchwork à multiples tiroirs et facettes, "taqawan" est à la fois un récit politico-historique et une intrigue policière. La narration est entrecoupée de pauses revenant sur l'histoire de la colonisation des autochtones, les étapes de la vie d'un saumon mais également les dissensions politiques récurrentes entre la province et le gouvernement fédéral d'Ottawa. 
Mêlant fiction et faits authentiques, ce polar haletant et dérangeant  nous plonge avec autant d'effroi que de délices dans un récit qui rend hommage à la mémoire d'un peuple aux droits trop souvent bafoués. 
Mais qui sont réellement les sauvages ? A méditer...



Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 29 décembre 2019

La transition de Luke Kennard




















Éditeur : Anne Carrière
Parution : 22/11/2019
Nombre de pages : 300
Traduction : Marie de Prémonville
Genre : dystopie

L'auteur : 











Né au royaume-Uni en 1981, Luke Kennard est un poète et écrivain britannique. Ce dernier a remporté le prix Eric Gregory pour son recueil The Solex Brothers.

Quatrième de couverture : 


« La Transition n'est pas une punition, c'est une opportunité. »Voilà ce qu'on explique à Karl au tribunal alors qu'il doit partir en prison quelques mois pour fraude aux cartes à la consommation.
Ça se passe en Angleterre, Karl et sa femme Geneviève sont des trentenaires bobos, qui ont grandi avec l'idée qu'ils avaient le droit de manger bio, de boire des cafés aux compositions compliquées et d’habiter un minuscule appartement en ville décoré avec goût. La vérité, c'est qu'ils n'en ont pas les moyens, qu'ils font partie des perdants, et qu'il est venu temps de payer... ou d'accepter d'être réformés.
Ils acceptent donc, presque reconnaissants, ce programme de six mois où ils devront vivre chez un couple de mentors, plus accomplis, plus sages, qui ont la mission de leur mettre un peu de plomb dans la tête, de leur apprendre à gérer un budget et à se fixer des objectifs pour redevenir des membres productifs de leur classe sociale. Mais dès que le programme commence, Karl est envahi d'un doute. Les mentors sont sympathiques, l'appartement est magnifique, l'ambiance chaleureuse, le programme peu contraignant. Pourquoi alors ? Pourquoi est-il persuadé que La Transition cache de plus sombres desseins ? Pourquoi est-il persuadé qu'on essaie de le séparer de Geneviève ? Est-il en train de devenir paranoïaque ? C'est là que les premiers messages anonymes lui parviennent :

« Fuyez, La Transition n'est pas ce que vous croyez. »

Mon avis : 


« C’est censé être le journal des gens cultivés et pauvres, sauf qu’on est pas du tout représentés. Les journaux s’adressent à la tranche la plus aisée d’une fraction déjà infime de la société.

– On passe tous la plus grande partie de notre vie à rêver de l’avenir qu’on estime mériter, dit Janna. »


Nous sommes en Angleterre dans un futur très proche. Karl et Geneviève sont de jeunes mariés dévorés d'ambition et de rêves d'opulence dans une humanité gangrenée par la société de consommation où les prix flambent à tous les niveaux. Malheureusement, comme beaucoup de leurs contemporains, le couple gagne chichement sa vie avec un faible salaire d'institutrice pour elle et des jobs aléatoires sur internet pour Karl, qui met ses talents de rédacteur au service des plus offrants. Ce dernier joue avec le feu, multipliant les fraudes à la carte bancaire pour se maintenir à flot, jusqu'au jour où le couperet tombe : il est sommé de choisir entre la prison ou un projet de réhabilitation que l'on nomme "la transition". 
Optant pour la seconde solution, les deux jeunes gens devront cohabiter six mois avec un couple de mentors/modèles à la réussite sociale éblouissante, chargés de les rééduquer pour les remettre dans le droit chemin de l'économie triomphante. Au fil des jours, le couple va devoir se heurter à des difficultés croissantes et des événements incohérents. Bientôt des divergences d'opinions et des conflits vont naître entre les différents protagonistes. 
Karl et Geneviève ont-ils fait le bon choix ? Qui tire les ficelles de "la transition" ? Quels desseins cache cette organisation ? 
Le couple va bientôt se retrouver au cœur d'un cyclone et lutter tant pour son intégrité que pour sa survie, au sein d'un monde dominé par les apparences et l'argent-roi...

Effrayante dystopie sur le thème de l'eugénisme social, "La transition" mène son lecteur sur des sentiers périlleux et très actuels : mutations de la société liées à l'essor des nouvelles technologies, servitude des peuples aux temples de la consommation, manipulation de masse, conditionnement psychologique et dépersonnalisation de l'individu. 
Efficace par sa trame narrative inventive et son rythme soutenu, ce roman ne tient malheureusement pas ses promesses jusqu'au bout. Je m'attendais à un final beaucoup plus réaliste et riche en rebondissements  et je suis (avec regrets) restée sur ma faim.
Il n'empêche que "La transition" reste un roman agréable à lire et percutant, dont l'intérêt principal est d’explorer une thématique qui donne lieu  à réflexion !



Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 24 novembre 2019

La veste de Léo Villots

















Éditeur : Librinova
Parution : 18/09/2019
Nombre de pages : 110
Genre : nouvelles

L'auteur :





















De son vrai nom Olivier Le Gal, Léo Villots exerce la profession d'infirmier. Marié et père d'un enfant, il vit à Dinan depuis 2007.
Il est également l'auteur de "Maléfiques" (2018), un thriller paru aux éditions "La Gidouille".

Quatrième de couverture :

LA VESTE et autres nouvelles... Six au total,  avec,  pour point commun, le suspense trempé à l'encre noire.
Ne vous fiez pas à l'écriture poétique qui guide ces lignes ! L'envers du décor est glauque.
Sans bêtas, pas d'alpha ou le harcèlement dans toute son horreur.
Vous seriez-vous arrêtés, en voiture, pour aider cette vieille femme à l'allure douteuse ?
Et ces signes d'outre-tombe, saurez-vous les percevoir ?
La guerre, toujours la guerre, .... et ses séquelles.
Accident mortel, mais pas pour tout le monde !

Un légionnaire à la recherche de son passé, à  Dinan: alors, coupable ou innocent ?

Mon avis :

« Sous les images délitées, même quand des rêves il ne reste que des cendres, brillent des éclats de vie que le temps a épargnés. Et s'il suffit désormais de se retourner pour connaître l'avenir de ces enfants insouciants, on se prend à espérer du bonheur aux destins égarés, histoire de rétablir l'équilibre avec les existences sabordées. »


Voilà un recueil de nouvelles qui m'a permis de passer un agréable moment d'évasion. Les six nouvelles qui le composent sont plutôt sombres, voir fantastique pour l'une d'entre elles. Qu'elles abordent un thème intemporel (les affres de la guerre) ou brûlant d'actualité (comme le harcèlement scolaire par exemple) ces courtes histoires plutôt bien écrites nous emmènent dans l'univers de personnages singuliers et bien brossés, luttant contre leurs démons intérieurs, une culpabilité dévorante, l'adversité, la méchanceté ordinaire ou les atrocités commises pendant la seconde guerre mondiale ... 
C'est l'Homme et ses peurs, ses carences, ses blessures et ses faiblesses qui nous raconte l'auteur d'une plume accrocheuse, assez jolie et parfois poétique. 

Seul petit bémol, la couverture que je ne trouve pas représentative du contenu de ce recueil de courtes histoires. Pourquoi le choix de ce clown au faciès hilare et inquiétant pour illustrer cet ouvrage ? Mystère !
Malgré ce point de détail, je ne peux que vous conseiller la lecture de ces nouvelles qui sauront vous embarquer dans un univers fictionnel riche en imagination dans lequel les personnages ne manquent ni de surprises ni de saveurs et ni de profondeur émotionnel !




Merci à Léo Villots pour cette sympathique lecture !

Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 20 octobre 2019

Les victorieuses de Laetitia Colombani




















Éditeur : Grasset
Parution : 15/05/2019
Nombre de pages : 220
Genre : littérature française

L'auteure:















Née en 1976 à Bordeaux, Laetitia Colombani est une réalisatrice, actrice, scénariste et écrivaine française. Son premier roman La tresse a été traduit dans 32 langues. Avec ce dernier, l'auteure a remporté plus d'une vingtaine de prix littéraires en France et à l'étranger, dont le 40ème Prix Relay des Voyageurs Lecteursle Trophée littéraire 2017 des Femmes de l'Économie et le Globe de Cristal 2018 du premier roman.

Quatrième de couverture :

Brillante avocate, Solène tente de se reconstruire après un burn-out. Acceptant une mission bénévole d'écrivain public, elle est envoyée au Palais de la Femme, vaste foyer au cœur de Paris. Les résidentes s'appellent Binta, Sumeya, Cvetana, Salma ou la Renée et viennent du monde entier. Lorsqu'elles voient arriver Solène, elles se montrent méfiantes. Solène vacille mais s'acharne, bien décidée à trouver sa place auprès de ces femmes aux destins tourmentés. Un siècle plus tôt, Blanche Peyron œuvre en faveur des démunis. Elle a voué sa vie à l'Armée du Salut et rêve d'offrir un refuge à toutes les exclues de la société. Le chemin est ardu, mais Blanche ne renonce jamais. 
Laetitia Colombani donne vie à ces Victorieuses anonymes, à Blanche l'oubliée, et à toutes celles qui refusent de se résigner. Un hymne à la solidarité prodigieusement romanesque, porté par la lecture délicate de l'autrice elle-même.

Mon avis : 

« Sa vie ressemble à une maison témoin que l'on fait visiter. La photo est jolie, mais il manque l'essentiel. Elle n'est pas habitée. Lui revient cette citation de Marilyn Monroe qui l'avait marquée : Une carrière c'est bien, mais ce n'est pas ce qui vous tient chaud aux pieds la nuit. Les pieds de Solène sont glacés. Son cœur aussi. »

Dévastée par le suicide d'un client qui s'est déroulé sous ses yeux, Solène qui est avocate dans l'un des plus prestigieux cabinets d'avocats parisiens est terrassée par un méchant burn-out. Apathique et gavée d'antidépresseurs, cette dernière a perdu le goût de la vie et quand elle regarde dans le rétroviseur de sa vie, rien ne la motive à reprendre pied. 
Sur les conseils de ses parents, cette dernière a renoncé à prendre la plume au profit d'une carrière de magistrate, plus lucrative et plus sûre à leurs yeux. Une carrière pour laquelle Solène a sacrifié amour et maternité. Aujourd'hui, elle se retrouve face au vide affectif et à l'effroi de retourner dans un univers qu'elle ne supporte plus.
Sur les conseils de son psychiatre, cette dernière entreprend de faire du bénévolat pour sortir de son marasme et de son désœuvrement. Solène accepte une mission d'écrivain public qui se déroulera dans les locaux du Palais de la femme. Elle va découvrir un lieu aux antipodes de son univers habituel, un lieu où le désespoir et la misère humaine côtoient la solidarité et la chaleur humaine. Et si c'était sa planche de salut ?
En parallèle de l'histoire de Solène, l'auteure retrace le parcours fabuleux de Blanche Peyron qui a consacré sa vie à l'Armée du salut
L'époque diffère et leurs trajectoires sont opposées. Pourtant, ces deux femmes gagnées par un même élan de solidarité vont œuvrer contre l'adversité chacune à leur manière...

Partiellement inspiré de faits réels, ce roman dont le personnage central reste le Palais de la femme crée en 1926retrace le parcours semé d’embûches de Blanche Peyron qui fut à l'origine de la création du célèbre édifice accueillant des femmes en situation de grande précarité. Un univers que va découvrir le second personnage phare de ce récit, nous immergeant dans les vicissitudes d'une femme en proie des maux qui envahissent nos sociétés actuelles. 
Roman éminemment contemporain, ce récit nous interroge sur nos modes de vie actuels et nos rapports à autrui, dans une société de plus en plus individualiste et déshumanisée, gangrenée par un matérialisme croissant. 
Devons-nous vraiment envisager cela comme une fatalité ? N'existe-t-il pas des solutions à mettre en oeuvre pour lutter contre ces fléaux modernes ? L'auteure nous rappelle que nous sommes maîtres de nos vies et qu'il existe des parades à l'adversité. 
Empathique et lumineux, ce roman doudou pétri d'espoir et d'humanité réchauffe le cœur de ses lecteurs !


Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 22 septembre 2019

Ecouter le noir de Barbara Abel, Jérome Camus...




















Éditeur : Belfond
Parution : 16/05/2019
Nombre de pages : 280
Genre : nouvelles 

Quatrième de couverture : 

Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.
Treize auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d'ordre est le même pour tous : nous faire tendre l'oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l'audition.
Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots... et jusqu'à la chute.
Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

Laissez-vous chuchoter à l'oreille, venez Écouter le noir.

Mon avis : 

« Pour la première fois de ma vie, le silence m'effraie. Je l'ai toujours trouvé reposant et de bonne compagnie. Mais aujourd'hui, c'est un ennemi, une menace. Je réalise combien il doit être difficile de vivre dans un silence complet.
Etre sourd au monde, à la voix des autres, aux cris de victoire et aux clameurs de la foule, aux rires des gens qu'on aime, aux sanglots de désespoir.
Au chant des oiseaux, au bourdonnement des abeilles, au ronronnement d'un chat ou aux hurlements des loups.
A la mélodie du vent, au tumulte d'un torrent, au clapotis des vagues ou au bruit de la pluie. » (extrait de la nouvelle Deaf de Barbara Abel et Karine Giebel)

Qu'elles soient d'anticipation, du domaine du thriller ou du récit fantastique, ces onze nouvelles tournant autour du thème de l'écoute vont vous faire frissonner d'effroi et glacer d'horreur. 
Tous concoctés par d'incontournables auteurs du noir qui figurent régulièrement en bonne place dans les têtes de gondole de nos librairies, ces récits nous immergent dans un univers où les sons (ou leur cruelle absence) vont faire basculer les protagonistes de ce recueil dans d'insolites, d'improbables et terrifiantes  situations qui s’avéreront fatales pour la plupart d'entre eux. 
Qu'ils soient sourds ou malentendants, parasités ou même paralysés par l'envahissante présence de sons obsédants susceptibles de leur faire perdre toute raison ou toute perception de la notion de danger...  les personnages sortis de l'imagination foisonnante de cette brochette d'auteurs nous entraînent dans leur noir sillage où le danger résonne et fait écho de sa toute puissance à chaque bruissement, chaque soupir, chaque murmure, chaque pas, chaque claquement, chaque éclat de voix ou même chaque silence.
Courtes mais intenses, ces nouvelles qui comptent quelques pépites m'ont replongée avec délice dans la plume acérée et captivante 
d'écrivains qui semblent être à l'écoute des attentes de leurs lecteurs en matière de lecture !
A quand Voir le noir ?



Rendez-vous sur Hellocoton !