Le livre, un outil de liberté ?

Le livre, un outil de liberté ?

dimanche 17 juin 2018

Wild de Cheryl Strayed




















Éditeur : 10/18
Parution : 18/09/2014
Traduction : Anne Guitton
Nombre de pages : 498
Genre : document

L'auteure :















Née en 1968, Cheryl Strayed a déjà publié un roman, Torch (2006). Écrivain reconnu depuis le succès de Wild, elle vit dans l'Oregon avec son mari et ses deux enfants. Wild a été adapté au cinéma par Jean-Marc Vallée en 2014, avec Reese Witherspoon dans le rôle de Cheryl.

Quatrième de couverture : 

Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune Cheryl n'a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le " Chemin des crêtes du Pacifique ". Lancée au cœur d'une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d'épuisement et d'effort, et réussir à atteindre le bout d'elle-même. Une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.

Mon avis :

« Mon rythme n'avait rien à voir avec celui des moyens de locomotion que l'on utilise normalement pour parcourir le monde. Les kilomètres ne défilaient pas. Ils formaient de longs méandres d'herbes folles, de mottes de terre, de brins d'herbe, de fleurs courbées par le vent, d'arbres tordus et grinçants. Ils étaient faits du son de ma respiration et de celui de mes pas sur le chemin, l'un après l'autre, accompagnés du cliquetis de mon bâton. Chacun d'eux devait être affronté avec humilité. » 

Nous sommes en 1995, Cheryl Strayed vient d'avoir 26 ans. Au bout du rouleau après de nombreuses épreuves (une enfance difficile, la mort de sa mère d'un cancer du poumon foudroyant et son récent divorce), cette dernière qui a sombré dans la drogue décide de se lancer dans un pari insensé, tout quitter pour s'aventurer dans une randonnée sur le PCT (Chemin des crêtes du Pacifique). De la Sierra Nevada à l'Oregon, la jeune femme va parcourir seule 1700 kilomètres avec un sac à dos beaucoup trop lourd qu'elle surnommera "Monster", des chaussures trop petites et un maigre pécule qu'elle a économisé sur ses pourboires de serveuse. Percluse de douleurs et les pieds en sang (elle perdra six ongles de pieds dans l'aventure), Cheryl chante et se récite des poèmes dans sa tête pour tenir le coup. Souvent aidée par la solidarité des marcheurs qui croiseront sa route, la randonneuse va vivre une aventure inouïe et se faire quelques frayeurs quand son chemin solitaire croisera celui d'un ours, de serpents venimeux, de pumas et de coyotes. Malgré la douleur, les intempéries et parfois les privations de nourriture et d'eau, elle n'abandonnera jamais et ira jusqu'au bout de l'incroyable défi qu'elle s'est imposé !

Récit de résilience et de dépassement de soi, l'aventure hors du commun de Cheryl Strayed démontre qu'il existe en chacun de nous un potentiel infini et que rien n'est impossible à qui le veut vraiment. Émouvant, lucide et pétri d'humanité, Wild nous livre le témoignage sans fard d'une femme exceptionnelle qui s'est reconstruite dans l'effort physique et l'échappée en solitaire en communion avec la nature. Ce récit authentique, dépaysant et parfois drôle, rend également hommage à la littérature (au cours de son périple, l'auteure lira de nombreux livres (nous faisant partager sa fougue et son ressenti de lectrice) dont elle brûlera les pages au fur et à mesure de sa lecture afin d'alléger la charge de son sac à dos). 
Ce livre passionnant va rejoindre en bonne place les rayons de ma bibliothèque, comme tous ceux que je prends plaisir à relire de temps à autre. Si vous aimez l'évasion dans la nature et les grands espaces, je ne peux que vous conseiller la lecture du témoignage de cette courageuse et intrépide héroïne des temps modernes qui nous livre là une épatante leçon de vie !



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samedi 9 juin 2018

Une femme entre nous de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen




















Éditeur : Sonatine
Parution : 24/05/2018
Nombre de pages : 456
Traduction : Corinne Daniellot & Pierre Szczeciner 
Genre : thriller psychologique

Les auteures :


















Titulaire d'un master en journalisme de l'Université Columbia, Greer Hendricks a exercé pendant 20 ans en tant qu'éditrice chez Simon & Schuster
Née à New-York, Sarah Pekkanen qui est journaliste politique est l'auteure de sept romans publiés aux Etats-Unis.
"Une femme entre nous" est le premier roman écrit à quatre mains par les deux auteures.

Quatrième de couverture :

Le jour où vous découvrirez leur histoire veillez à n'être dérangé sous aucun prétexte.
En lisant ce livre, vous allez faire beaucoup de suppositions. 
Vous allez croire que c'est l'histoire d'une femme jalouse, délaissée par son mari. 
Vous allez penser qu'elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu'elle. 
Vous allez vous dire que vous connaissez déjà toutes les facettes d'un tel triangle amoureux. 
Un conseil : laissez tomber toutes vos hypothèses. 
Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre. 
À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l'espoir et le désespoir des femmes, l'usure du couple, l'amitié féminine, tout cela sous couvert d'une intrigue captivante et de personnages bouleversants. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, en cours d'adaptation cinématographique par la maison de production de Steven Spielberg, plus qu'un roman : un événement !

Mon avis :

« Nous avons tous au plus profond de notre cerveau reptilien une alarme qui nous prévient en cas de danger. Je suis sûre que vous l’avez entendue retentir, ces derniers temps, et que vous n’en avez pas tenu compte. J’ai fait pareil. Vous avez trouvé des excuses. Moi aussi. Alors je vous en prie, quand vous serez seule, écoutez cette alarme. »

Nellie nage dans le bonheur car dans quelques jours elle va dire "Oui" à l'homme de sa vie, un homme richissime et attentionné qui comble le moindre de ses désirs. Fini le cumul des emplois de barmaid et d'institutrice ainsi que l'appartement new-yorkais miteux infesté de cafards et vive la Dolce Vita. L'heureuse élue est impatiente d’emménager dans le nid d'amour que lui a déniché son futur époux, une propriété luxueuse digne de figurer dans le magazine "Belles demeures".
Fraîchement divorcée de Richard, un beau et riche financier, Vanessa a tout perdu : amour, amis, aisance financière et statut social. Cette dernière qui n'a qu'une obsession en tête, celle d'empêcher le prochain mariage de sa remplaçante, va tout mettre en oeuvre pour arriver à ses fins.
Alors me direz-vous, serait-ce encore une énième histoire de rivalité féminine qui tourne au cauchemar ? Que nenni ! Beaucoup plus tordu et machiavélique, ce thriller psychologique vous réserve des surprises de taille XXL que je préfère vous laisser découvrir par vous-même ! 

Pari gagné pour le tandem d'écrivains Greer Hendricks et Sarah Pekkanen. Avec ce thriller diabolique, les deux auteures font une entrée fracassante dans le sérail des grandes prêtresses de la "grip lit", rejoignant les redoutables Paula Hawkins, Gillian Flynn ou encore Wendy Walker. Ce roman polyphonique distille son venin à doses croissantes et piège son lecteur dans une redoutable toile d'araignée. Cocktail de mensonges, d'adultère, de jalousie, de manipulation, de folie et de vengeance, ce récit à l'intrigue imprévisible et sinueuse est difficile à lâcher une fois que vous êtes hameçonné !
Mon conseil ? Glissez-le cet été dans votre sac de plage et laissez-vous happer par cette lecture addictive en toute quiétude !



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dimanche 27 mai 2018

Les huit montagnes de Paolo Cognetti




















Éditeur : Stock
Parution : 23/08/2017
Nombre de pages : 304
Traduction : Anita Rochedy
Genre : littérature italienne

L'auteur :











Paolo Cognetti, né à Milan en 1978, est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, d’un guide littéraire de New York, et d’un carnet de montagne. Les Huit Montagnes, son premier roman, en cours de traduction dans 31 pays, a reçu le prix Strega.

Quatrième de couverture : 

« Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus de nos têtes. »
Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes. Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana, au cœur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers, puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié. 
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son passé – et son avenir.
Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle l’intime à l’universel et signe un grand roman d’apprentissage et de filiation.

Mon avis :

« Sur la route je me dis que toutes les montagnes en quelque sorte se ressemblent, mis à part que rien, là-bas, ne me parlait de moi ou de quelqu'un que j'avais aimé, et c'était là toute la différence. La façon dont un lieu conservait l'histoire de chacun. Comment on réussissait à la relire à chaque fois que l'on y remettait les pieds. »


Chaque été, la famille Guasti quitte la bruyante fournaise milanaise pour la quiétude d'un coin de montagne. L'année des onze ans du jeune Pietro, leur choix se fixe sur Grana, un petit village dépeuplé situé dans le Val d'Aoste. Envoûtés par la beauté rustique des alpages, ils reviendront chaque année pour s'y ressourcer et s'adonner à la randonnée de haute montagne. Pietro va se lier d'amitié avec Bruno, un jeune berger de son âge qui va lui faire découvrir les trésors cachés de cette montagne qu'il vénère plus que tout. Cependant, tout n'est pas rose dans la vie de Pietro qui souffre d'un terrible manque de communication avec son père, un homme solitaire, irritable et autoritaire. Des relations qui se dégraderont au fil du temps pour arriver au point de rupture. A la mort du père, vingt ans plus tard, le fils héritera d'une masure à retaper. Achetée secrètement par ce dernier, elle est située au cœur de cette montagne sauvage qui a enchanté ses jeunes années. Ce sera l'occasion de renouer les liens avec son ami d'enfance qui va l'aider à rénover la vieille bâtisse en ruine, mais aussi lui apprendre bien des choses sur ce père qu'il a méconnu et rejeté et auquel il ressemble bien plus qu'il ne le pensait. Pendant que Pietro parcourra le vaste monde, Bruno restera enraciné à sa terre nourricière, les deux amis se retrouvant régulièrement dans la maisonnette léguée par le chef de famille défunt. Réunis par un même amour de cette montagne qui donne autant qu'elle prend, les deux hommes connaîtront un sort bien différent...

Ode à l'amitié et à l'amour des grands espaces montagneux épargnés par l'urbanisation, ce roman aussi émouvant que tragique nous transporte dans un univers  âpre et richement coloré qui peut se montrer aussi généreux que dévastateur.
Lumineuse de simplicité, empreinte de poésie, d'odeurs et d'images, la plume de Paolo Cognetti nous apporte un regain d'oxygène comparable à une balade vivifiante sur les sommets. Une lecture analogue à une ascension riche en sensations, aussi saisissante que nostalgique, qui vous laisse essoufflé une fois la cime atteinte, tournant à regret la dernière page ! 



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mardi 8 mai 2018

La tentation du présent de Patrick F.Cavenair




















Éditeur : Marivole
Parution : 05/04/2018
Nombre de pages : 384
Genre : littérature française

L'auteur :



Parisien d'origine, auteur de romans, Patrick F. Cavenair se passionne pour les différentes formes du pouvoir : politique, économique et spirituel. Parallèlement à une carrière de journaliste et de consultant, il a parcouru les lieux les plus mystérieux de France en tentant de comprendre leur symbolique, sociales, historique et esthétique. Son premier roman "Fusion froide" est sorti en 2012 aux éditions de l'Aube.

Quatrième de couverture :

Mai 1968, alors que les premiers élans révolutionnaires échauffent le quartier Latin, Armand, jeune fonctionnaire, réchappe mystérieusement d'une tentative de suicide. Un vieil homme lui redonne goût à la vie, et lui offre la possibilité de rejouer autant qu'il le veut chaque nouvelle journée. Armand comprend qu'il peut ainsi influencer la vie des autres et même l'Histoire, au cours de la période particulièrement tumultueuse de mai 1968 ; jusqu'à une certaine limite qu'il ne tarde pas à franchir. Armand se reconstruit, et découvre le passé ombrageux de sa famille, la France étudiante et l'amour.

Mon avis :

« L'air libre. Le temps libre. La vie libre. » Nous sommes en mai 1968 et un vent d'insolence et de révolte souffle sur une France qui a soif de liberté. Armand, un jeune scientifique qui a décroché un poste d'assistant au Palais de la découverte, est loin d'éprouver le même emportement et l'euphorie débordante des jeunes gens de son âge. Grandi trop vite et déjà désabusé par la vie suite à une succession d'événements dramatiques, ce dernier tente de mettre fin à ses jours en se jetant sous une rame de métro. Heureusement, la mort ne veut pas de lui et la vie va lui accorder une seconde chance par l'intermédiaire d'un mystérieux vieillard qui lui offre la possibilité de pouvoir revivre les dernières 24 heures écoulées, autant de fois qu'il le souhaite ! Un don privilégié qui va donner l'occasion à Armand de se réconcilier avec lui-même, reprendre goût à la vie, se rapprocher des siens et même se découvrir des aptitudes insoupçonnées. En bouleversant son quotidien bien rôdé et en pimentant son existence d'une pointe d'audace, le jeune homme va vivre une véritable révolution intérieure, allant jusqu'à rallier le cortège des étudiants contestataires. D'agitations en affrontements, d'amours en déchirures, il va découvrir un univers aussi détonnant que tragique et féerique, transformant la trame de son destin à jamais ...

Dans la lignée du roman "Replay" de Ken Grimwood ou du film d'Harold Ramis "Un jour sans fin", l'auteur nous entraîne dans un récit fantastique mêlant mystère, histoire et romance. Ce roman de  Patrick F. Cavenair nous transporte au cœur du soulèvement populaire qui secoua la France en mai 1968. Mélangeant habilement faits réels et fiction, l'auteur nous invite à revivre les événements les plus marquants de l'époque. Barricades, pavés et cocktails Molotov contre matraques et gaz lacrymogènes, ce récit nous relate les terribles affrontements qui opposèrent les étudiants aux forces de l'ordre dans cette période troublée qui précéda la fin des trente glorieuses.
Ce roman à l'intrigue aussi atypique que bien menée vous tend les bras si vous aimez les récits fantastiques mâtinés d'histoire !



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dimanche 6 mai 2018

Le géant de Michel Lebrun




















Éditeur : French pulp éditions
Parution : 23/11/2016
Nombre de pages : 476
Genre : policier

L'auteur : 















Né à Paris, Michel Lebrun (1930-1996), de son vrai nom Michel Cade, est un critique littéraire, scénariste, traducteur et auteur de romans policiers. La centaine de romans qu'il a publiés ont reçu des multiples prix et lui ont valu le surnom de "Pape du Polar", ainsi qu'un prix à son nom qui récompense chaque année le meilleur polar francophone : le Prix Michel Lebrun.

Quatrième de couverture : 

Véritable citadelle plantée au cœur de la banlieue, le Géant est un supermarché modèle. Son directeur, Jean Montescourt, se prend pour un capitaine de paquebot et le chef de la sécurité, Spada, joue facilement les justiciers sadiques. L'ordre règne à bord. Jusqu'au jour où Pierre, une jolie fille au prénom d'homme, part à l'assaut du bâtiment avec son gang de mauvais garçons, où l'équipage entre en mutinerie, où la panique se transforme en naufrage... Et c'est au moment où les rats quitteront le navire que l'on pourra dénombrer les victimes du Géant. Après Autoroute, superbe roman-catastrophe, Michel Lebrun nous entraîne dans une formidable course-poursuite et nous fait découvrir les coulisses des grandes surfaces. On trouve tout au Géant, même son destin.

Mon avis :

« Dans cette ville qu'est le Géant où règne perpétuellement une sourde agitation, que domine une incessante frénésie de vente et d'achat, où la convoitise trouve à chaque instant son assouvissement, où l'acte de regarder un objet, de le palper, de le saisir, prend valeur valeur de possession érotique, le temps s'est arrêté, l'espace d'un clignement d’œil, d'un battement de cœur. »

Années 1970, région parisienne. Bye bye les petits commerces de proximité et vive le "Géant", un immense temple dédié à la consommation où l'on vous promet de pallier à tous vos besoins et de satisfaire chacune de vos envies, même les plus folles. Alimentation, vêtements, outillage, produits de beauté, électroménager, loisirs, papeterie... Demandez et vous aurez. Une vraie révolution ! Dans cette ruche bourdonnante d'activité plongée en permanence dans la lumière artificielle, tout est pensé pour pousser l'acheteur à consommer plus. Promotions, publicités, animateurs-démonstrateurs cernent de toutes parts le client. On avait besoin de pain et on repart avec un aspirateur ; on souhaitait simplement acheter un paquet de bonbons et on quitte le magasin avec le vélo convoité par sa progéniture. 
Le monarque de ce palais de la consommation se nomme Jean Montescourt. Obséquieux avec la clientèle et redoutable avec le petit personnel, ce dernier n'est au service que d'un seul maître, son magasin bien-aimé. Le roi Jean va pourtant déchanter. Il suffit parfois d'un grain de sable pour enrayer une mécanique bien huilée...

Pamphlet contre la société de consommation, ce polar social nous plonge dans les entrailles d'un hypermarché. Méthodes de vente parfois peu scrupuleuses, grèves du personnel revendiquant de meilleurs salaires et conditions de travail, chasse aux voleurs... tout est passé à la moulinette avec une ironie mordante. Bien qu'écrit dans les années 1970, ce roman n'a pas pris une ride. Visionnaire, l'auteur imagine un futur où l'on demanderait une grande polyvalence aux caissières, comme c'est le cas actuellement dans les enseignes discount : « Une caissière à son tiroir-caisse dans l'attente de ses clients, c'est un gaspillage de temps et une rémunération inutile. [...] On pourra et on devra, lorsqu'un creux se fera sentir, les utiliser dans le magasin à d'autres tâches : étiquetage, réapprovisionnement, nettoyage, marquage, voire décoration, animation et pourquoi pas contrôle divers. Les responsables d'entreprises qui sauront faire admettre ce progrès en tireront le profit maximum... »
Après avoir lu ce récit incisif du "Pape du Polar", aussi cruel qu’hilarant, vous envisagerez certainement l'univers de la grande distribution d'un autre œil ! 



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mardi 1 mai 2018

Tu me vertiges de Florence M.-Forsythe




















Éditeur : Le Passeur
Parution : 05/04/2018
Nombre de pages : 435
Genre : biographie romancée

L'auteure :




















Florence M.-Forsythe est metteur en scène, comédienne, productrice de diverses émissions pour France Culture, et directrice du festival des Voyages intérieurs. Elle a bien connu Maria Casarès. Elle est notamment l'auteur de Maria Casarès, une actrice de rupture (2013) et de Jacques Lacarrière, passeur pour notre temps (2015).

Quatrième de couverture : 


En 1944, Maria Casarès et Albert Camus se croisent à une soirée chez les Leiris. Elle est Espagnole, ardente et comédienne en vue ; il a récemment publié son roman L'Etranger, fréquente Sartre et Beauvoir à Saint-Germain-des-Prés, haut lieu de l'intelligentsia parisienne éprise d'existentialisme. Tous deux sont des exilés unis par la passion du théâtre et par l'Espagne, la "seconde patrie" de Camus. Très vite, ils deviennent amants. Nous sommes le 6 juin 1944, la nuit du Débarquement. Ils vivent leur relation incandescente et secrète dans les rues de Paris, les théâtres et les clubs de jazz. Mais la guerre se termine et l'épouse de Camus le rejoint à Paris. Maria décide de rompre. Deux ans plus tard, leur histoire reprend, traversée de tempêtes et d'accalmies. Ces deux séducteurs connaîtront d'autres aventures, mais leur amour les surpassera toutes tant il est exceptionnel. Pour Camus, Casarès est "l'Unique" ; et lui restera, par-delà la mort, le plus grand amour de sa vie.

Mon avis : 


« Ils marchent plein d'étoiles dans les yeux. Des passants se retournent. Maria et Albert ont quelque chose que les autres sentent sans l'expliquer. Ils sont beaux. Simplement. Pas d'une beauté factice, mais de celle qui irradie sans que l'on sache vraiment pourquoi. Une façon de se mouvoir, un port de tête droit et franc ; le corps libéré, le visage offert, ils sont heureux... »

Ils sont jeunes, beaux et talentueux. Elle c'est Maria Casarès, une belle actrice aux yeux d’émeraude qui commence à se faire un nom dans le monde du spectacle et qui a du fuir l'Espagne en raison de la dictature franquiste. Lui c'est Albert Camus, un jeune écrivain et journaliste militant qui a du quitter à regrets son Algérie natale suite à l'interdiction du journal " Alger républicain" dont il était le rédacteur en chef. Un soir de mars 1944, les deux jeune gens vont se croiser lors d'une soirée organisée au domicile de l'écrivain et ethnologue Michel Leiris. C'est le coup de foudre réciproque entre Albert et Maria qui entament une liaison, bien que ce dernier soit marié à Francine, restée en Algérie. Les deux amants vivront leur passion jusqu'au tragique accident de voiture qui mettra fin à la vie de l'écrivain en 1960. Cette biographie romancée relate les relations tumultueuses et parfois orageuses de ces deux êtres farouchement épris de vérité, de justice et de liberté, qui auront vainement essayé de faire un choix entre raison et passion...

Traversant le Paris occupé, la liesse de la libération et le Saint-Germain-des-Près festif d'après guerre, les amours de ces deux personnalités marquantes du 20ème siècle nous sont narrées sous la plume d'une amie intime de Maria Casarès. Avec une pointe d'humour et beaucoup de tendresse, l'auteure nous livre un récit pétillant et virevoltant qui nous invite dans les coulisses de la résistance sur les pas d'un Albert Camus engagé, sur la scène des salles de théâtre qui faisaient vibrer le Tout-Paris dans les années 1940 et 50 ou encore dans les folles soirées privées des personnalités des arts et des lettres de l'époque telles que Picasso, Claude Simon, Hemingway, Braque, Henri Michaud, Boris Vian, Mouloudji, de Beauvoir et Sartre... 
Enivrant et passionné "Tu me vertiges" est un récit pétillant comme une bulle de champagne !


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samedi 28 avril 2018

La disparition de Stéphanie Mailer de Joël Dicker




















Éditeur : De Fallois
Parution : 07/03/2018
Nombre de pages : 637
Genre : littérature suisse

L'auteur :














Né à Genève en 1985, Joël Dicker est juriste de formation. En 2010, il reçoit le Prix des écrivains Genevois pour son premier roman "Les Derniers Jours de nos pères. "La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert" a obtenu le Grand Prix du Roman de l'Académie française et le Prix Goncourt des Lycéens en 2012. Joël Dicker a également publié "Le livre des Baltimore" en 2015.

Quatrième de couverture :


30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaître à son tour dans des conditions mystérieuses.

Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer?

Qu’a-t-elle découvert?

Et surtout: que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea?

Mon avis :

« La réponse était juste sous vos yeux. Vous ne l’avez simplement pas vue.» Le soir où le capitaine de police Jesse Rosenberg organise une petite réception pour fêter dignement son départ, Stephanie Mailer, une journaliste nouvellement recrutée pour alimenter la feuille de choux locale, lui assène qu'elle a la preuve qu'il s'est trompé de coupable concernant un quadruple meurtre survenu vingt ans plus tôt dans la petite ville côtière d'Orphea, en 1994. Curieusement, la jeune femme disparaît quelques jours après, laissant le policier dans le désarroi. Et si l'enquêteur loué par ses pairs pour avoir résolu 100% de ses enquêtes s'était réellement trompé sur l'identité du meurtrier ? Bien décidé à faire la lumière sur la disparition de Stephanie Mailer et découvrir cette fameuse preuve qui remet tout en question, Jesse Rosenberg accompagné de son équipier de l'époque décide de relancer l'enquête clôturée, malgré le vif mécontentement de ses supérieurs. Les policiers ne seront pas au bout de leurs surprises et cette intrigante affaire va s'avérer bien plus complexe, périlleuse et meurtrière qu'ils n'auraient pu l'imaginer... 

Reprenant les ficelles qui ont fait le succès de son excellent second roman "La vérité sur Harry Quebert"Joël Dicker nous livre un récit gigogne à l'intrigue touffue et truffée de rebondissements que j'ai lu sans déplaisir, mais qui m'a laissée un peu sur ma faim en raison d'une impression de "déjà lu" :  la ville d'Orphea qui remplace Aurora, un crime sordide commis des années plus tôt qui se voit résolu, l'impact des médias, la gloire éphémère... 
Quand à dire à quel registre littéraire appartiennent les écrits de Joël Dicker et sur lequel les avis divergent (le beau gosse de la littérature réfutant tout appartenance au sous-genre du roman que serait le polar), s'il me fallait trancher je dirais que j'ai lu un roman policier d'excellente facture, même si pour ce dernier, les qualités littéraires du texte n'ont pas su m'éblouir autant que la dentition éclatante de l'auteur !
Ceci dit, ce n'est que mon humble avis. Les goûts et les couleurs ...



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