Le livre, un outil de liberté ?

Le livre, un outil de liberté ?

samedi 20 juillet 2019

Mort d'un sénateur de Pascal Chabaud




















Éditeur : Éditions de Borée
Parution : 17/05/2018
Nombre de pages : 396
Genre : Policier

L'auteur :





















Né en 1959, Pascal Chabaud est professeur d'histoire-géographie en Auvergne. Il a participé à la réalisation d'un documentaire "Le magazine du mineur" diffusé sur la chaîne de télévision France 3 Nord-Pas-de-Calais.

Quatrième de couverture : 


Alors que le régime de Vichy vient de naître, l'inspecteur Joseph Dumont doit enquêter sur l'assassinat du sénateur Etienne Ferrand retrouvé le crâne défoncé dans une chambre d'hôtel. Vénérable franc-maçon, adversaire acharné de Pierre Laval, le sénateur représentait un adversaire potentiel pour le nouveau régime. Son intérêt pour la voiture révolutionnaire mise au point par Citroën ne serait-il pas l'origine d'une vaste opération d'espionnage industriel ? Dévasté par la mort de sa femme enceinte renversée par un chauffard, l'inspecteur Dumont est confronté à une épuration violente menée par la Cagoule, bras armé du nouveau pouvoir. Il échappe à une ratonnade à Paris et son supérieur est assassiné en pleine rue. Dans cette période troublée où s'affrontent l'ombre et la lumière, Joseph Dumont devra choisir son camp.

Mon avis : 

"Les Allemands examinaient chaque document avec l'application d'un archiviste-paléographe devant un manuscrit mérovingien, regardaient sous le nez les passagers transpirant d'affolement. Il rendaient l'Ausweis avec un claquement de bottes à briser une noix."


L'intrigue de ce roman policier se déroule en 1940, année qui sonne le glas de la troisième république quand l'assemblée nationale vote les pleins pouvoirs constituants au Maréchal Pétain. C'est dans ce contexte historique particulier que l'inspecteur Joseph Dumont se voit confier l’enquête sur le meurtre du sénateur Etienne Ferrand, retrouvé assassiné dans une chambre d'hôtel à Clemont-Ferrand. Le jeune policier, très éprouvé par la mort de son épouse renversée par un chauffard dont on n'a pu retrouver la trace, va se lancer à corps perdu dans la résolution de cette affaire.
Crime crapuleux, politique, vengeance personnelle ou assassinat lié à une histoire d'espionnage ? Rien n'est simple dans cette investigation et le jeune inspecteur de police va devoir affronter bien des périples et des ennemis, naviguer entre Vichy, Clermont-Ferrand et le Paris troublé par l'occupation allemande pour démêler les fils complexes d'une enquête à hauts risques...

Voilà un polar historique bien troussé dont l'intrique originale nous immerge dans  les années noires. A travers ce roman, l'auteur nous raconte les affres de l'exode, la haine du juif et de la franc-maçonnerie, la naissance de la collaboration et les exactions commises par l'organisation secrète d'extrême droite connue sous le nom de la  Cagoule. 
Ce polar érudit et intelligent devrait combler tout autant les passionnés d'Histoire que les amateurs d'intrigues policières bien ficelées !




Merci à Pascal Chabaud pour cette belle lecture.

Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 8 juin 2019

Vesoul, le 7 janvier 2015 de Quentin Mouron




















Éditeur : Olivier Moratel Éditeur
Parution : 09/01/2019
Nombre de pages : 112
Genre : littérature française

L'auteur :
















Quentin Mouron est un écrivain canado-suisse né à lausanne en 1989. 
Il est l'auteur de plusieurs romans : "Au point d'effusion des égouts"(2011) qui rencontre un accueil très favorable en Suisse francophone, "Notre-Dame-de-la-Merci" (2012) et "Trois gouttes de sang et un nuage de coke" (2015) paru aux éditions de la Grande Ourse ainsi qu'en version poche chez 10/18

Quatrième de couverture :

Début janvier. Un jeune cadre prend le narrateur en auto-stop. Ils roulent jusqu'à Vesoul, en Haute-Saône. Rapidement, les événements s'enchaînent : les deux hommes sympathisent, se découvrent une même envie d'adhérer au monde. Ils fréquentent tour à tour un salon du livre, un festival des sexualités, un congrès entrepreneurial. A la manière de Bouvard et de Pécuchet modernes, ils s'enthousiasment pour les discours et les pratiques les plus contradictoires. 
A leur insu, ils inventorient les ridicules de notre temps, ils cartographient l'époque. Ils se passionnent tantôt pour la littérature locale, tantôt pour le voguing – danse née dans l'underground new-yorkais des années 70 – tantôt pour la poésie sonore, tantôt pour les plats cuisinés à base de sorgho – qui a récemment remplacé le chia dans la catégorie des graines tendances. Les deux personnages sont nomades. 
Ils évoquent ces picaros du seizième siècle, avides de dévorer le monde, prêts à tout risquer pour un moment de plaisir.

Mon avis : 


« Les cadres, les financiers, les businessmen ont une fascination maladive pour l'authentique, l'agricole, l'artisanal, pour tous les secteurs de l'activité humaine qu'ils ont contribué à détruire. Tant que la production agricole occupait  visiblement l'espace économique européen il n'y avait aucune raison de se pâmer devant un horticulteur, d'entrer en transe pour un fromage de chèvre ou un kilo de fumier bio ; ce n'est qu'en disparaissant que l'agriculture put accéder à la dignité de mémoire vivante. Aujourd'hui, se balader dans les ruines de la France agricole donne aux citadins des frissons athéniens ; ils visitent un monde qui n'existe plus, qu'ils ont détruit, et dont les restes, à l'état de traces, sont autant de reliques devant lesquelles il convient de plier les genoux. »


Né en Espagne au XVIe siècle, le roman picaresque narre les aventures cocasses et rocambolesques de personnages issus du petit peuple. Roublards et vivant en marge de la société, ces derniers bousculent et contestent l'ordre établi à travers les multiples péripéties vécues au fil de leur errance. 
Se considérant de la race du picaro des temps modernes, l'antihéros de ce récit, décidé à parcourir les routes de France et de Navarre, rencontre celui qui va devenir son maître à penser en faisant du stop. Cadre trentenaire, Saint-Preux se rend à Vesoul pour assister à un congrès. Les  deux compères vont vivre un périple riche en aventures dans cette commune de l'est de la France, notamment en un certain 7 janvier 2015, jour de l'attentat perpétré contre le journal satirique Charlie Hebdo...

Avec beaucoup d'humour et de dérision, l'auteur se moque des travers de nos sociétés modernes. Du politiquement correct à la mondialisation, du fanatisme à l'omniprésence (voir l’omnipotence) des réseaux sociaux dans notre quotidien, de sa plume acide, irrévérencieuse et cocasse celui que les helvètes surnomment le « Houellebecq suisse » dresse une véritable radioscopie du monde actuel ! 
Un livre impertinent et dans l'air du temps dont je vous recommande chaudement la lecture !  




                                                   Merci à Olivier Moratel Éditeur.
Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 5 mai 2019

36 Quai des Arvernes de Simone Chanet-Munsch




















Éditeur : Charoumu
Parution : 01/04/2019
Nombre de pages : 446
Genre : policier

L'auteur :


Simone Chanet-Munsch est née en juin 1946 à Chamalières. Elle a fait la plus grande partie de ses études à Clermont-Ferrand au lycée Jeanne d’Arc avant de devenir professeur de mathématiques. Elle a enseigné pendant huit ans au lycée Simone Weil du Puy en Velay puis durant vingt-trois ans à Marseille. Après trente et un ans passés en Provence, essentiellement à Aubagne, Simone Chanet-Munsch revient en Auvergne. Elle est installée à Chamalières depuis septembre 2009. Elle est aussi l'auteur de "Le défi à d'Osiris" (2010), "La forteresse de désert" (2010), "Deux âmes en détresse (2011), L'orphelin du lac" (2012), " Huit clos au manoir des soupirs" (2015) et de la trilogie la "Fédération de Planètes Solidaires", tous parus aux éditions Charoumu.

Quatrième de couverture : 


La vie d’une femme est entre tes mains. Un seul indice : Schubert… De quel lieu s’agit-il ? Si tu m’envoies la réponse avant minuit, je l’épargnerai ! Niko Lars, ta créature qui refuse de disparaître." Depuis que Marion Cardeau a fait mourir le héros récurrent de ses romans, un inconnu la terrifie en lui envoyant des mails signés Niko Lars : il lui annonce à l’avance, à travers une énigme, le lac d’Auvergne où il déposera le corps d’une femme assassinée. Le commissaire Balan du SRPJ de Clermont-Ferrand voit bientôt en Marion le seul maillon susceptible de conduire les enquêteurs au meurtrier : ce dernier l’a nécessairement côtoyée puisqu’il dépose sur le corps de chaque victime un objet lui ayant appartenu. Alors, qui se cache derrière le pseudonyme du héros évincé ? Un proche de la romancière ? Un lecteur déçu ?... Pourquoi pas son nouveau collègue à la clinique des Tilleuls, l’énigmatique Ludovic Magnard qui ne la laisse pas indifférente ?... Totalement anéanti par son impuissance, Balan se pose des questions plus troublantes : où et quand Marion a-t-elle rencontré son tour-menteur ? Ignore-t-elle vraiment les raisons d'un tel harcèlement ?... Et surtout, pourquoi prétend-t-elle avoir oublié des souvenirs pourtant mémorables ? Au fil d’une enquête foisonnante en fausses pistes et en rebondissements, le lecteur découvre les personnalités complexes de victimes souvent attachantes et de suspects aux alibis inattaquables !

Mon avis : 

« Dans sa mémoire, un ciel estival à la lumière éblouissante remplaça le couvercle nuageux plombé qui donnait à la matinée des allures de crépuscule ; un soleil brûlant se substitua à la grisaille humide et brumeuse... Il n'avait plus quarante-et-un ans mais douze, quinze ou dix-sept. Une bande de cousins, d'amis, de jeunes Ciotadens le tirait de sa solitude. Des cris joyeux, des provocations, des défis parfois téméraires montaient jusqu'à lui, accompagnés de l'éclat des plongeons dans la faille aux eaux turquoise. »


La Ciotat, avril 2017 : un homme en deuil se rend sur les lieux où il rencontra celle qui fut son épouse adorée. Perdu dans ses souvenirs au bord des rochers, ce dernier est poussé dans le vide par un inconnu. 
Qui voulait donc la mort de ce professeur d'université à la vie sans remous et déjà bien secoué par les épreuves de la vie ?

Clermont-Ferrand, septembre 2017 : Marion Cardeau, jeune auteure à succès, est prise pour cible par un tueur retors et insaisissable qui lui en veut d'avoir fait disparaître le héros de ses romans policiers. Ce dernier la harcèle via des SMS et laisse des objets qui ont appartenu à Marion 
sur le lieu de ses crimes. Mais pourquoi la prend-il pour cible ?

Le commissaire Romain Balan du SRPJ, chargé de résoudre cette enquête, se retrouve face à un véritable casse-tête, le criminel le baladant au cœur des lacs d'Auvergne et semant des indices tel un Petit Poucet machiavélique. Le meurtrier semble toujours avoir une longueur d'avance sur les enquêteurs, qui pressés par leur hiérarchie, aimeraient mettre fin à cette hécatombe.
La clé de l'énigme est certainement Marion, mais cette dernière doit lutter contre les barrières qui se dressent devant sa mémoire. La jeune femme va devoir renouer avec son passé et creuser dans les limbes de ses souvenirs si elle veut prendre l'assassin de vitesse et ne pas être la prochaine victime de son palmarès macabre...

Entre la Grande Bleue et les lacs d'Auvergne, Simone Chanet-Munsch nous balade dans un jeu de piste meurtrier, mené d'une main de maître par un tueur expert en devinettes qui veut la peau d'une romancière à succès. 
Riche en traquenards et en fausses pistes, l'intrigue qui court sur plus de quatre-cents pages mène le lecteur sur des chemins de traverse pour mieux le perdre dans une intrigue foisonnante et fertile en rebondissements de dernière minute. 
Mêlant enquête policière et promenade au cœur d'une nature sauvage et authentique, 36 Quai des Arvernes est un polar aussi intriguant qu'oxygénant !



Merci à Simone Chanet-Munsch.

Rendez-vous sur Hellocoton !

mercredi 1 mai 2019

Vox de Christina Dalcher




















Éditeur : Nil
Parution : 07/03/2019
Nombre de pages : 430
Traduction : Michael Belano
Genre : littérature américaine

L'auteure : 














Christina Dalcher est docteure en linguistique, doctorat qu'elle a obtenu à l'Université de Georgetown. Elle a enseigné aux Etats-Unis, en Angleterre et aux Emirs arabes. Ses nouvelles ont été publiées dans une centaine de journaux à travers le monde. Son œuvre a été plusieurs fois sélectionnée par des prix littéraires, parmi lesquels le Bath Flash Award, le Best of the Net et le Pushcart. Elle enseigne la " micro-fiction " à l'université The Muse Writers Center à Norfolk, en Virginie. Après avoir vécu de nombreuses années à l'étranger, plus récemment au Sri Lanka, Christina Dalcher et son mari partagent désormais leur temps entre le sud des États-Unis et l'Italie, à Naples. Vox est son premier roman.

Quatrième de couverture :


Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s'exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d'un groupe fondamentaliste, a décidé d'abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s'affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu'elle va découvrir alors qu'elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix...

Mon avis : 


« [...Le chapitre vingt-sept commençait par cette pépite tirée de l’Épître à Tite : « Donnez-leur de bonnes instructions afin d'apprendre aux jeunes femmes à ne pas être asservies aux excès de vin, à aimer leurs maris et leurs enfants, à être sensées, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises chacune à son propre mari. » L'idée générale du texte ressemblait à une espèce de cri de raliement, une main tendue vers les femmes plus âgées.
Il y avait des chapitres consacrés au féminisme et à sa déconstruction insidieuse des valeurs judéo-chrétiennes (ainsi que de la virilité), des recommandations destinées aux hommes à propos de leur rôle de mari et de père, des conseils pour les jeunes concernant le respect de leurs aînés. Chaque page exsudait le fondamentalisme d’extrême droite. »

Nous sommes aux Etats-Unis, dans un futur très proche. Le pays est désormais sous la coupe du Révérend Carl Corbin, un fondamentaliste chrétien bien décidé à remettre les brebis galeuses dans le droit chemin des saintes écritures. Les opposants au régime, les fornicateurs et les homosexuels sont détenus dans des camps de travaux forcés et muselés d'un compte-mots réglé sur zéro. Les militaires et la police de la fornication sont là pour étouffer dans l’œuf toute velléité de résistance ou de comportement jugé immoral.
Hier neuroscientifique reconnue par ses pairs, Jean McClellan est aujourd'hui interdite d'exercer son métier, cantonnée aux travaux ménagers et à son rôle d'épouse et de mère. Comme toutes ses congénères, cette dernière est équipée d'un "bracelet silenceur" (muni d'un compteur limité à cent mots pour vingt-quatre heures). En cas de dépassement du quota, la punition est une puissante décharge électrique qui lui ôtera toute envie de bavardage ! 
Résignée à son triste sort, Jean va entrevoir l'espoir d'échapper à sa condition de prisonnière quand le Révérend Carl Corbin lui propose un marché : si cette dernière trouve un remède pour guérir le frère du Président d'une aphasie de Wernicke, elle et sa fille Sonia seront momentanément libérées de leurs bracelets compte-mots. 
Mais qu'adviendra-t-il de Jean et de Sonia dès qu'elle aura trouvé le remède miracle ? Que cache cette alléchante proposition La scientifique va devoir faire travailler ses neurones à plein régime et faire le bon choix...

Dans la lignée de "La servante écarlate", Vox est une dystopie effrayante, décrivant une société dominée par le rigorisme moral et un patriarcat moyenâgeux. Narré à la première personne, ce récit dont le personnage principal est l'une des victimes de ce régime totalitaire antiféministe, est émaillé de flashbacks qui nous éclairent sur les événements qui ont permis la mise en place de cet état despotique, ainsi que sur les dangers que recèlent la passivité et l'erreur de penser que cela n'arrive qu'aux autres ! Cette inquiétante fiction aussi intelligente que dérangeante se lit d'une traite, combinant intrigue inventive et suspense parfaitement dosé. 
Attention à cette lecture, Vox risque fort de vous laisser muet de saisissement !



Rendez-vous sur Hellocoton !

lundi 22 avril 2019

Un frère de trop de Sébastien Theveny




















Éditeur : Michel Lafon
Parution : 14/02/2019
Nombre de pages : 440
Genre : thriller

L'auteur :


Né en 1976 en Pays de Champagne, Sébastien Theveny vit actuellement en Franche-Comté. Avec Un frère de trop, il signe son premier roman aux éditions Michel Lafon.

Quatrième de couverture :

Été 1986
Au large de la baie des Anges, Pierre-Hugues, le fils aîné de la famille Lacassagne, se noie lors d'une virée en mer avec son frère et sa sœur. 

Été 2016
À l'aube de ses quatre-vingts ans, Charles Lacassagne, magnat de l'immobilier niçois, songe à transmettre son empire à ses enfants. Dans le même temps, il contacte un journaliste parisien, Jérôme Bastaro, pour écrire sa biographie. 

Mais Jérôme ne tarde pas à découvrir que les fondations de cette éclatante réussite sont fragiles : drames, non-dits et mensonges émaillent l'histoire de la famille Lacassagne. 
Il se retrouve bientôt face à un dilemme : remplir sa mission et raconter sagement la belle histoire que Charles attend de lui ou suivre son instinct, enquêter et écrire " la vérité sur l'Affaire Lacassagne "... 

Mon avis :


« Peu à peu, l’intérêt des journalistes et du lectorat pour la mort de Pierre-Hugues se fit moins prégnant. Il n'y eut plus que quelques entrefilets ici et là, souvent à la date anniversaire. Puis, plus rien.
Le nom des Lacassagne n’apparaissait dorénavant plus que dans les journaux économiques : le temps du business était revenu.
Pierre-Hugues : mort et enterré.
La holding : toujours bien vivante ?
- Voilà comment tourne la terrible roue de l'actualité, ironisai-je. Tu vois, Colombe, un jour on fait la une, le lendemain deux lignes dans la rubrique nécrologique. »


Jérôme Bastaro, modeste journaliste économique pour un quotidien parisien, vivote en faisant quelques piges. Aussi, lorsqu'un puissant magnat de l'immobilier niçois lui propose de rédiger sa biographie contre une coquette rétribution, l'audacieux trentenaire voit en cette opportunité inopinée l'occasion de booster sa carrière naissante. Malheureusement, le journaliste va vite déchanter et s’apercevoir que son investigation déplaît fortement à certains membres de l'entourage du self-made-man, ces derniers rechignant à répondre à ses questions et semblant considérer sa présence comme une intrusion. Faisant fi de ces inimitiés, Jérôme et sa stagiaire, l'efficace et rusée Colombe, vont peu à peu déterrer quelques squelettes et découvrir que de bien vilains secrets se cachent sous le vernis policé de cette richissime famille qui s'avère être un vrai panier de crabes !
Que s'est-il vraiment passé en 1986, quand l’aîné des enfants Lacassagne a péri lors d'une sortie en mer ? Était-ce réellement un accident comme l'a conclu l'enquête de gendarmerie menée à l'époque ? Mais qui était vraiment le jeune héritier et qui avait intérêt à le voir disparaître ? 
Loin d'être une sinécure, la rédaction des mémoires du nabab de l'immobilier va donner lieu à une investigation en eaux troubles qui  réservera moult surprises et dangers à notre biographe patenté et sa fougueuse assistante...

Rivalités, trahisons, vengeances, mensonges, liaisons scandaleuses et cupidité parsèment ce thriller sous haute tension. L'auteur nous plonge dans une intrigue addictive et vénéneuse dont l'action se déroule dans le milieu de la jet set azuréenne. L'écriture nerveuse et très imagée de l'auteur, ainsi que les rebondissements à foison, ne sont pas sans rappeler ces feuilletons à multiples péripéties qui génèrent une forte audience lors de la période qui précède la première partie de soirée sur notre petit écran. "Un frère de trop", c'est un peu "Dallas" et son univers  impitoyable à Nice !
Voilà un roman que je vous conseille de glisser dans votre valise cet été.  A déguster à l'ombre d'un parasol, entre baignades et plateau de fruits de mer. Evasion et frissons garantis !

 


Merci à Babelio et aux éditions Michel Lafon.

Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 7 avril 2019

Le squelette de Rimbaud de Jean-Michel Lecocq




















Éditeur : Lajouanie
Parution : 04/01/2019
Nombre de pages : 232
Genre : policier

L'auteur :



















Né dans les Ardennes, Jean-Michel Lecocq vit actuellement dans le Var où il se consacre à l'écriture après avoir exercé la profession d'inspecteur de l'éducation nationale en région Grand Est. Il est l'auteur de huit romans dont "Les bavardes" (2016) et "Un charmant petit village" (2017).

Quatrième de couverture :


Plus d'un siècle après sa mort, Arthur Rimbaud sème le chaos dans le département qui l'a vu naître, les Ardennes. Le maire de Charleville-Mézières, voulant fêter dignement le poète, décide de redonner un peu d'éclat au musée qui lui est consacré. Las, en préparant la nouvelle exposition, l'édile et son conseil provoquent une découverte inouïe qui va révolutionner la galaxie rimbaldienne, mais pas seulement... Une cellule de crise est mise sur pied. On va y croiser, entre autres participants, un officier de police a priori peu porté sur la poésie et un juge d'instruction en fin de carrière qui préfère Baudelaire à Rimbaud. Ce duo improbable va croiser quelques personnages bien étranges, prêts à toutes les extrémités pour éviter que le terrible secret entourant la mort de Rimbaud soit éventé.

Mon avis :


« Depuis quelques décennies, pour ne pas dire un siècle, le bruit courait que la dépouille de Rimbaud avait été détournée du chemin de Charleville pour être dirigée dans la plus grande discrétion vers le sud des Ardennes, là où bon nombre de Rimbaldiens affirmaient que se trouvait l'âme de Rimbaud, là où, assis sur la pierre du lavoir de Roche, il aurait composé ses plus beaux poèmes. »


Un élu piqué d'idées farfelues décide d'exhumer la dépouille de Rimbaud, afin d'exposer son fémur dans le musée local consacré à faire vivre la mémoire du célèbre poète. Malheureusement, ce dernier voit ses projets contrariés car le cercueil est vide ! Mais où est donc passé la dépouille d'Arthur Rimbaud ? Un scandale sans précédent soulève la commune de Charleville et gagne bientôt la France entière. Les plus folles rumeurs circulent et les médias de tous bords ainsi que les réseaux sociaux se déchaînent...
Diligentés pour résoudre cette épineuse affairele lieutenant Vidal et le juge Molinier, qui préfère de loin la poésie de Baudelaire, vont aller de surprises en découvertes et déterrer de nombreux squelettes du placard, s'attirant l'ire des élus locaux. Cette enquête périlleuse, qui de fausses pistes en chausse-trappes leur donnera bien du fil à retordre,  les amènera à lever le voile sur une vérité peu reluisante...

Mêlant fiction et faits réels, ce polar atypique, parsemé des vers du poète à chaque ouverture de chapitre, nous éclaire sur les derniers mois de la courte vie de l'auteur aux écrits sulfureux qui marqua la fin du 19ème siècle. Avec un suspense habilement orchestré, l'auteur nous balade entre les époques et nous fait voyager de Charleville-Mézières à Marseille. Les personnages hauts  en couleur et l'humour omniprésent donnent une saveur supplémentaire à cette fiction policière riche en péripéties.
Ce roman, qui n'est pas uniquement destinés aux aficionados de poésie rimbaldienne, trouvera également son lectorat parmi les amateurs de suspense policier teinté d'histoire !



Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 15 mars 2019

Les âmes englouties de Susanne Jansson




















Éditeur : Presses de la cité
Parution : 21/02/2019
Traduction : Marianne Segol-Samoy
Nombre de pages : 320
Genre : littérature française

L'auteure :


















Née en 1972 à Åmål, Susanne Jansson est journaliste et photographe free-lance. Elle a publié plusieurs nouvelles policières dans des magazines suédois. Avec son premier roman, Les Âmes englouties, en cours de traduction dans une vingtaine de pays, elle s'installe parmi les nouvelles voix du polar nordique. Elle vit avec sa famille près de Gothenburg en Suède.

Quatrième de couverture :

Pour travailler à sa thèse de biologie, Nathalie retourne vivre dans sa région natale, au cœur d'une Suède humide et reculée. Dans la petite maison qu'elle habite en forêt, elle se laisse rappeler à son enfance douloureuse, à l'époque où la disparition de la jeune Tracy avait inauguré une succession de drames. Un jour, un cadavre est retrouvé dans la tourbière. Dix années auparavant, déjà, une jeune fille momifiée avait été découverte au même endroit. Bientôt, de nouveaux cadavres affleurent. Alors que la police se met en quête d'un serial killer, Göran, ancien professeur de physique, est convaincu que l'endroit est peuplé de revenants. Cette théorie intrigue aussi Maya, photographe judiciaire. Les trajectoires de Nathalie et de ces deux enquêteurs de l'ombre vont se mêler... et de nombreux secrets seront déterrés. 

Angoissant et précis, un thriller atmosphérique à la rare puissance suggestive, qui conjugue tentations surnaturelles, croyances populaires, explications scientifiques et fines analyses psychologiques.

Mon avis :

« Pour elle, son corps était un organisme rempli de compost. Comme n'importe quelle espèce de plante ou d'animal. Ça lui donnait un sentiment de liberté totale. Semblable à un chuchotement venu d'en haut, venu de l'intérieur, lui disant de lâcher prise. L'espace d'un instant, elle s'était sentie comme une feuille qui se détachait d'une branche pour virevolter dans les airs avant de tomber sur le sol où le processus de décomposition prendrait le relais. 
Libre de tomber.
Comme une simple feuille. »

Maya Linde, talentueuse artiste et photographe judiciaire, intervient dans une enquête liée à l'agression d'un étudiant en art qui avait pour habitude de faire son footing dans les tourbières. Retrouvé inanimé par son amie Nathalie, une jeune biologiste de retour dans la région pour rédiger sa thèse, Johannes qui est en stade de coma avancé ne peut renseigner les enquêteurs. Fuyait-il un ennemi ou s'est-il trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ? Que s'est-il vraiment passé en ce jour de tempête ? 
Les rumeurs vont bon train, d'autant plus qu'il est question de disparitions inexpliquées dans le même secteur au fil des ans. De plus, ce lieu hostile et humide, déserté par nombre de ses habitants, regorge de légendes et de superstitions, notamment de sacrifices humains qui seraient réclamés par une terre avide d'âmes nouvelles à dévorer.
Une tourbière qui a encore beaucoup de secrets à révéler à Maya et Nathalie, pourtant toutes deux natives de la région, qui vont conjuguer leurs efforts pour élucider cette énigme, quitte à déterrer de vieilles histoires et faire resurgir les événements douloureux d'un passé qu'elles croyaient profondément enterré... 

L’intérêt de ce polar scandinave flirtant avec le surnaturel réside avant tout dans son atmosphère particulière, aussi étrange qu’envoûtante. Folklore local, fantômes, secrets, hantent ce récit dont l'auteure a situé l'action dans une région méconnue de la Suède et dont la particularité réside principalement dans ses énigmatiques tourbières où furent retrouvés des vestiges humains. Jonglant entre le rationnel et l'étrange, le passé et le présent, ce récit fluide et sans temps mort happe le lecteur dans une intrigue diabolique et retorse où les tourbières jouent le rôle prépondérant du vilain croquemitaine. 
Décidément, les auteurs scandinaves n'ont pas fini de m'étonner et de m'enchanter !




Merci à Babelio et aux éditions Presses de le cité.

Rendez-vous sur Hellocoton !