lundi 16 novembre 2020

Les évasions particulières de Véronique Olmi

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Éditeur : Albin Michel
Parution : 19/08/2020
Nombre de pages : 500
Genre : littérature française

L'auteure :















Véronique Olmi est née à Nice et vit à Paris. Comédienne, romancière et dramaturge, elle est notamment l'autrice de Bords de mer et Cet été-là... Son treizième roman, Bakhita, a connu un succès retentissant en France comme à l'étranger.

Quatrième de couverture :

Elles sont trois sœurs, nées dans une famille catholique modeste à Aix-en-Provence. Sabine, l'aînée, rêve d'une vie d'artiste à Paris ; Hélène, la cadette, grandit entre son oncle et sa tante, des bourgeois de Neuilly-sur-Seine, et ses parents, des gens simples ; Mariette, la benjamine, apprend les secrets et les silences d'un monde éblouissant et cruel.
En 1970, dans cette société française qui change, où les femmes s'émancipent tandis que les hommes perdent leurs repères, les trois sœurs vont, chacune à sa façon, trouver comment vivre une vie à soi, une vie forte, loin de la morale, de l'éducation ou de la religion de l'enfance.
Cette saga familiale, qui nous entraîne de l'après Mai 68 à la grande nuit du 10 Mai 1981, est tout autant une déambulation tendre et tragique dans ce siècle que la chronique d'une époque où les consciences s'éveillent au bouleversement du monde et annoncent le chaos à venir.
Il fallait le talent de l'auteure de Bakhita pour en saisir le souffle épique et visionnaire, et la justesse intime.

Mon avis : 

« Se marier. Avoir des enfants. Gagner sa vie pour les élever. Et l'essentiel semblait accompli. On marchait dans les pas de son père, ou de sa mère, et on marchait droit. Les chutes viendraient un peu plus tard, des délivrances et des déchirures, et c'est là peut-être que leurs vingt ans leur paraîtraient le plus bel âge. »


Sabine, Hélène et Mariette. Elles sont trois sœurs unies par une grande complicité malgré des caractères bien différents. Issues d'une famille modeste de confession catholique, nous allons suivre leur évolution de la fin des sixties à l'année 1981, qui voit le gouvernement basculer à gauche avec l'élection de François Mitterrand. Entre tradition et modernité, sagesse ou déraison, elles devront faire des compromis et des choix pas toujours faciles, dans une société française en pleine mutation. 
A travers la destinée de cette famille, c'est toute une époque qui défile sous nos yeux : l'émancipation féminine, le droit à la contraception et à l'IVG, l'amour libre, l'homosexualité qui sort du placard, la condition animale… Entre rires et larmes, joies et peines, on passe un agréable moment dans l'intimité de cette tribu ordinaire mais pas banale, qui a aussi son lot de drames et de secrets.

Attendrissant et représentatif d'une décennie qui a révolutionné la condition féminine, cet attachant roman retrace avec beaucoup de justesse les bouleversements importants de la société à travers l'évolution d'une traditionnelle famille française de province. 
Un roman que l'on referme avec un brin de nostalgie, en quittant l'époque révolue dans laquelle on a évolué le temps de cette lecture !



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samedi 24 octobre 2020

Pleure, tu pisseras moins de Dawa Ma

 











Éditeur : MEO
Parution : 01/09/2020
Nombre de pages : 316
Genre : Témoignage

L'auteure :















Dawa Ma a représenté de grandes maisons de haute couture et de cosmétiques à travers le monde, particulièrement en Asie. Elle a posé pour d'importantes revues dont elle a fait plusieurs couvertures et a tourné dans quelques films d'art et d'essai. De nationalité française, elle vit aujourd'hui à Londres, où elle est productrice de mode tout en continuant à défiler et poser, en préparant la sortie de son premier disque et en effectuant des études de droit. " Pleure, tu pisseras moins ", son premier roman, est autobiographique.

Quatrième de couverture :

Confinée par la pandémie de coronavirus dans sa confortable demeure londonienne, la narratrice, mannequin de niveau international, relit son journal commencé en 2013, où elle relate, brute de décoffrage, une dépression existentielle abyssale. Souffrance, déchirements, révoltes, analyses, imprécations, quêtes philosophique et sociologique, assuétudes, automutilations et autodéfis jalonnent une tornade psychique. Aujourd'hui qu'elle a passé le cap, l'inactivité forcée lui permet de réfléchir à une enfance martyre – grave maltraitance, viols à répétition, prédélinquance, période SDF – qu'elle avait refoulée grâce à la réussite sociale, mais dont l'éruption a été d'autant plus terrible qu'elle était comprimée. Un premier roman autobiographique et un témoignage bouleversant de courage et d'authenticité, oscillant sans cesse entre dénonciation, besoin de justice et volonté de résilience.

Mon avis : 

« La prison ou la corde n'étant pas mon ultime plan, j'ai trouvé cette autre façon de régler mes comptes. Et depuis je flingue, parfois à l'aveugle, parfois en pleine conscience, avec mon stylo qui crache ses mots comme un pistolet ses balles. »

Qui pourrait deviner que derrière ce visage de madone indéchiffrable se cache tant de souffrance ? Mannequin à l'échelle internationale née en France dans les années 1980, l'auteure a vécu une enfance effroyable. 
Loin des podiums et des paillettes, cette dernière nous relate son enfance saccagée, dans une cité HLM gangrenée par la drogue et la violence, broyée par une génitrice monstrueuse d'égoïsme et de méchanceté qui ferme les yeux sur les sévices perpétrés par ses amants sur ses propres enfants. La maltraitance physique et mentale, la faim, le viol… rien ne sera épargné à la petite Dawa Ma. "Pleure, tu pisseras moins", lui disait sa mère !
Alternant passé et présent, ce roman autobiographique écrit pendant le confinement raconte la sévère dépression dont a souffert l'auteure suite à cette enfance martyre. Elle relate sa dépendance à l'alcool, aux substances licites et illicites, à l'automutilation, sa difficulté d'aimer et de faire confiance à autrui, ainsi que sa longue et douloureuse thérapie. Un parcours semé d'embûches pour cette résiliente, bien déterminée à s'en sortir et à demander réparation devant la justice afin que les crimes commis par ses tortionnaires ne restent pas impunis et servent d'exemple !

Brut et sans fard, ce témoignage courageux est un cri de révolte contre des bourreaux voleurs d'enfance. On tourne les pages avec effroi, en découvrant ce récit révoltant de monstruosité.
Terrifiant mais utile !



Merci aux éditions MEO et à Babelio pour cette lecture.
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dimanche 27 septembre 2020

Buveurs de vent de Franck Bouysse














Editeur : Albin Michel

Parution : 19/08/2020 
Nombre de pages : 400 
Genre : littérature française

L'auteur :



 






Franck Bouysse est né à Brive-la-Gaillarde en 1965. Il a publié une quinzaine de romans dont Grossir le ciel, couronné par de nombreux prix (prix SNCF du polar 2017, prix Sud-Ouest du polar 2016...), et Né d'aucune femme (prix des libraires 2019, prix Babelio 2019, Grand prix des lectrices de Elle 2019...)

Quatrième de couverture :

Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes. Ils sont quatre, frères et sœur, soudés par un indéfectible lien.
Marc d'abord, qui ne cesse de lire en cachette.

Matthieu, qui entend penser les arbres.

Puis Mabel, à la beauté sauvage.

Et Luc, l'enfant tragique, qui sait parler aux grenouilles, aux cerfs et aux oiseaux, et caresse le rêve d'être un jour l'un des leurs.

Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran, l'animal à sang froid...

Dans une langue somptueuse et magnétique, Franck Bouysse, l'auteur de Né d'aucune femme, nous emporte au cœur de la légende du Gour Noir, et signe un roman aux allures de parabole sur la puissance de la nature et la promesse de  l'insoumission.

Mon avis : 

« La beauté est une humaine conception. Seule la grâce peut traduire le divin. La beauté peut s’expliquer, pas la grâce. La beauté parade sur la terre ferme, la grâce flotte dans l’air, invisible. La grâce est un sacrement, la beauté, le simple couronnement d’un règne passager. »

Il était une fois une province hors du temps, sur laquelle régnait en despote le cruel Joyce, propriétaire de la centrale électrique, du barrage et de la carrière permettant aux villageois d'assurer chichement leur pain quotidien. Un ignoble shérif et de non moins cruels hommes de main faisaient régner la terreur sur la vallée, étouffant dans l'œuf toute velléité de révolte. 

Dans cette vallée oubliée des dieux, vivaient quatre frères et sœurs unis comme les doigts de la main qui rêvaient de liberté. Elevés par une mère bigote et mal-aimante et un père traumatisé par la guerre qui distribuait plus de taloches que de bonbons, la fratrie soudée s'entraidait et luttait contre les vents contraires, soutenue par leur grand-père Elie. Pourtant ce bel équilibre allait basculer le jour ou leur sœur Mabel allait fauter et être impitoyablement chassée du foyer familial, reniée par ses géniteurs. 

Libérée des chaînes parentales et assoiffée de liberté, Mabel la rebelle allait faire souffler sur le village un vent de révolte qui allait bientôt bouleverser l'ordre établi. Pour le meilleur ou pour le pire ? On ne provoque pas le diable impunément

"Buveurs de vent" est un conte âpre et vénéneux aux allures apocalyptiques, qui tutoie la noirceur avec beaucoup de poésie. Sans concession ni angélisme bien qu'avec une certaine tendresse, l'auteur dresse habilement le portrait de personnages désillusionnés aux multiples facettes, prêts à tout pour se libérer du carcan qui entrave leurs pauvres carcasses privées de liberté. Dans ces pages, l'innocence et  la grâce s'entremêlent à la ruse et la cruauté dans une ronde incessante, n'accordant nul répit à son lecteur qui cherche en vain une bouffée d'oxygène salutaire. 

Très sombre et pourtant porteur d'espoir, ce roman est une fable onirique qui nous plonge avec délectation dans les abîmes de l'âme humaine !



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samedi 22 août 2020

Chemins Arvernes de José Casatejada




















Éditeur : Books on Demand
Parution : 01/07/2020
Nombre de pages : 188
Genre : récit de voyage (nature et randonnée)

L'auteur :


Né en 1949 à Montbrison dans la Loire, José CASATEJADA réside dans le Forez, entre plaine et montagne. Après des études techniques, il intègre le monde industriel : de la micromécanique au nucléaire et de la tribologie à l'automobile. Parti du Puy-en-Velay, il marche sur le mythique chemin de Compostelle, va au bout de l'Europe. Cette expérience suscite l'écriture de son premier récit-témoignage : "Via Compostela". En outre, elle éveille en lui le besoin irrésistible d'aller par monts et par vaux à la rencontre des autres et de partager ses sensations. "Chemins Arvernes", ce nouveau récit de voyage relate son excursion parmi des terres d'eau et de feu, à la découverte de sentiers ancestraux...

Quatrième de couverture : 

Lacs, volcans, l'eau et le feu, termes évocateurs qui convainquirent Jean-Marc de tenter l'aventure pédestre avec moi, en Auvergne. L'itinéraire sillonne des territoires d'exception, traverse des étendues sauvages, des régions naturelles aux paysages remarquables: forêts, rivières, estives, tourbières, montagnes, crêtes, cascades, landes. Commençant à Saint-Nectaire dans les monts Dore, reliefs aux apparences de massifs alpins, il se poursuit dans les immensités herbeuses du Cézallier, côtoie les confins du Cantal, plus vaste stratovolcan européen, s'infiltre dans le pays de l'Artense, contrée aux apparences nordiques, regagne les monts Dore avec l'ascension du Puy de Sancy, atteint la chaîne des Puys, muséum du volcanisme grandeur nature et revient au point de départ.

Mon avis :

« Le regard balaie d'abord la vue générale, plonge ensuite en contrebas, vers le lac fantastique dont les eaux lisses, de turquoise à bleu nuit, reflètent aujourd'hui la sérénité matinale du ciel. Tout autour, la forêt des Fraux enserre ce miroir circulaire d'un cadre mystérieux en camaïeu de vert. Les ramures smaragdines des sapins épars, telles d'étranges silhouettes, se détachent dans l'immensité des jeunes ramées vert tendre des hêtres. »

Passionné de randonnée,  José Casatejada fait connaissance de son ami Jean-Marc sur le chemin de Compostelle. Une amitié qui perdurera,  les deux hommes se retrouvant chaque année sur les chemins balisés de grande randonnée, pour un périple d'une dizaine de jours. 
Dans "Chemins Arvernes", les deux complices partent à la rencontre de l'Auvergne et des cimes des volcans endormis. Dans une nature âpre à la biodiversité stupéfiante, les deux hommes vont affronter les  caprices du temps, partir à l'assaut de chemins escarpés, des tourbières et des bois touffus, découvrir des sommets impressionnants et s'émerveiller en découvrant des lacs aux eaux limpides ou en croisant la route d'un chamois. 
José Casatejada nous décrit avec poésie et délicatesse la faune et la flore des contrées d'Auvergne, les paysages grandioses, la beauté pittoresque des villages traversés.
L'auteur nous raconte également de belles rencontres amicales dans les gîtes d'étapes, d'inoubliables moments de convivialité autour d'une table et il nous fait saliver en nous parlant des spécialités culinaires auvergnates dégustées tout au long de leur circuit touristique. 

"Chemins Arvernes" est un récit de voyage coloré et authentique qui célèbre l'amitié, l'amour des grands espaces et la passion pour la randonnée. Au fil de cette lecture, on a l'impression de cheminer au côté des deux hommes, et de partager un peu de leurs pérégrinations sur le chemin des volcans d'Auvergne.
Ce carnet de voyage est une épopée pédestre riche en émotions et parfois ardue, qui se savoure comme un grand bol d'air frais !




Un grand merci à Yves Montmartin de m'avoir fait découvrir cet auteur !

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dimanche 26 juillet 2020

Dico d'un râleur à la machine à café de Christophe Tabard




















Éditeur : Christophe Tabard
Parution : 09/05/2020
Nombre de pages : 80
Genre : humour

L'auteur :












Né à Paris au siècle dernier, Christophe Tabard a d'abord commencé l'écriture dans le monde merveilleux de la bande-dessinée comme scénariste avant de s'orienter vers l'écriture pure en publiant son premier roman "La valse des nantis (sur un guéridon en bois)". Il prétend modestement faire réfléchir ses lecteurs et les inciter à penser par eux-mêmes. Il a également publié un recueil de nouvelles "La polka des mandibules" ainsi qu'une série de chroniques caustico-rigolotes "Dico d'un râleur à la machine à café".

Quatrième de couverture :


26 chroniques drôles et cyniques de la vie quotidienne saisies en roue libre à la machine à café. De la lettre A comme Attention mesdames et messieurs, dans un instant ça va commencer, à la lettre Z comme Zumba en passant par H de Hipsters ou M de Morpions, des réflexions instructives et amusantes sur le monde qui nous entoure.

Mon avis :


« Avant tout, qui sont ces gens qui s'habillent comme mon arrière grand-père quand il se faisait beau pour aller à la fête des moissons ou au marché aux bestiaux le dimanche ? Ce sont des petits malins qui étaient très laids et n'avaient aucune chance avec la gente féminine mais qui, grâce à un astucieux tour de passe-passe, sont parvenus à camoufler cette laideur derrière une tonne d'accessoires, le tout sous couvert de mode et de branchitude. Tout en nous faisant croire que, politiquement, ils étaient engagés et conscients. Chapeau ! »

Quel point commun peut-il y avoir entre les hipsters, Blanche Gardin, les extraterrestres, les coachs de vie et les japonais ? A priori aucun, si ce n'est qu'ils sont réunis dans ce recueil humoristique de Christophe Tabard. 
S'inspirant de propos supposément glanés autour de la machine à café, l'auteur nous livre un condensé de badinages et d'emportements éphémères et drolatiques de joyeux drilles qui ont besoin de relâcher la pression avant de retourner vaquer à leur labeur.
En joyeux trublion des mots, l'auteur s'amuse à donner des coups de griffes bien sentis sur le monde qui l'entoure, ainsi que sur les us et coutumes de ses congénères, que ce soit les peoples ou Mr et Mme Toulemonde. Et l'on peut dire qu'il met du cœur à l'ouvrage, le bougre ! 
C'est drôle, c'est acide, parfois provocateur et ambiguë... mais non dénué d'un fond de vérité !
En bref, voilà des billets d'humeur qui seront parfait pour vous dérider à la pause déjeuner et que vous pourrez parcourir dans l'ordre ou le désordre, comme vous le feriez pour consulter le dico !



Merci à Christophe Tabard
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samedi 25 juillet 2020

Un enfant à tout prix de Pascale Rault-Delmas




















Éditeur : Charleston
Parution : 15/07/2020
Nombre de pages : 287
Genre : littérature française

L'auteure :














Née à Paris, Pascale Rault-Delmas qui a fait des études de langues vit à Nice depuis 1989 avec son mari et ses deux enfants. Son travail chez Air France, où s'est déroulée l'intégralité de sa carrière, lui a donné l'opportunité de beaucoup voyager. Elle est également l'auteure de "La compagnie des livres" paru aux éditions Mazarine en 2018.

Quatrième de couverture :


 Hôtesse sur le Concorde, Isabelle est libre comme l’air, volant de pays exotiques en amants de passage. Lorsqu’elle rencontre le bel Andrew sur un Paris-New York, elle pense avoir enfin trouvé l’homme de sa vie. Au point d’essayer de lui faire un enfant, puisqu’il en rêve.
Mais alors que le désir de maternité s’éveille peu à peu en elle, sa relation avec Andrew se dégrade. Si seulement elle arrivait à tomber enceinte, cela résoudrait tout, mais son corps s’y refuse. Il lui faudrait un enfant. Un enfant à tout prix… 

Dans ce roman au rythme entêtant, Pascale Rault-Delmas explore, loin des clichés, les espoirs et blessures du désir d’enfant… jusqu’à l’obsession.

Mon avis : 


« Au début, les clients s'étonnaient que ce couple inséparable n'ait pas d'enfants et Agnès, lorsqu'elle venait de photographier un bébé, entendait systématiquement la même question : « Alors, et vous ? Quand est-ce que vous vous y mettez ? » Ce qui avait le don de l'exaspérer, car pour s'y mettre, il s'y mettaient... Puis peu à peu, les langues se turent et, si certains continuaient à s'interroger, plus personne ne lui en parlait. La rumeur avait certainement fait son chemin et les habitants du quartier savaient à présent que « la dame des photos ne pouvait pas avoir d'enfants », ce qui créait parfois une gêne de leur part lorsqu'ils poussaient la porte du magasin en compagnie de leur progéniture. »

Hôtesse de l'air sur des vols long-courriers, Isabelle savoure sa liberté et sa vie trépidante en cette fin des années 1970. Son coup de foudre pour Andrew, un bel et fringant franco-américain rencontré lors d'un vol sur le prestigieux concorde, va mettre fin à son célibat. Après quelques années de vie commune, Andrew va manifester un violent désir de paternité. Il n'en est pas de même pour Isabelle, qui ne se sent pas vraiment prête à devenir mère. Après beaucoup d'hésitation, elle se plie au désir de son compagnon auquel elle est très attachée. Elle va malheureusement rencontrer de grandes difficultés pour concevoir. Ce qui va mettre en péril leur belle relation...

En parallèle de l'histoire d'Isabelle, nous croisons Agnès et Antoine qui vivent un parcours du combattant pour adopter, Carole une jeune lycéenne qui optera pour un accouchement sous X suite à une grossesse accidentelle, et Kim, une jeune coréenne qui devra abandonner son bébé à la naissance pour éviter le déshonneur d'une grossesse hors mariage... Si l'on entend souvent dire que "le plus beau cadeau c'est donner la vie" ce roman nous démontre également que parfois ce n'est pas aussi simple et merveilleux, surtout quand de fâcheux événements viennent gripper les rouages de la conception !

Portrait à la fois tendre et cruel, ce roman sur la parentalité nous raconte avec beaucoup de justesse et de délicatesse des vies transformées, chamboulées et parfois dévastées par la maternité. Il aborde également les thèmes délicats de l'instinct maternel et des secrets de familles bien scellés, qui peuvent peser fortement sur une existence et être lourds de conséquences. 
"Un enfant à tout prix" est un récit aussi lumineux que douloureux, qui fait passer son lecteur du rire aux larmes, de situations cocasses en situations tragiques tout en le faisant réfléchir sur la thématique complexe des différentes facettes de la maternité ! 





Merci aux Éditions Charleston.
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dimanche 28 juin 2020

Somb de Max Monnehay

Éditeur : Éditions du Seuil
Parution : 05/03/2020
Nombre de pages : 295
Genre : thriller psychologique

L'auteure : 


















Max Monnehay est née en 1980 à Beauvais. Elle est l'auteure de plusieurs romans et nouvelles, parmi lesquels Corpus Christine, Prix du premier roman 2006, et Géographie de la Bêtise, publié au Seuil.

Quatrième de couverture :


Victor Caranne est psychologue en milieu carcéral. Chaque jour il emprunte à moto le long pont qui relie le continent à l'île de Ré pour rejoindre la Citadelle, fortification reconvertie en prison. Chaque jour il écoute des détenus lui confier leurs fantasmes les plus abjects, leurs crimes les plus atroces. Ils n'ont rien à craindre: les menottes de Caranne se nomment secret professionnel. La découverte d'un corps, sur la grève d'une plage proche de sa villa, va soudain bouleverser sa vie. C'est, pour lui, une perte immense. Caranne va devoir replonger dans un passé qu'il faisait tout pour oublier. Et les certitudes qu'il avait sur sa vie vont, une à une, s'effondrer.

Mon avis : 


« Il planta ses yeux dans les miens. Ils n'étaient plus du tout vides. Une forme de vie s'était imprimée sur la cornée. Quelque chose qui rappelait une flaque d'essence juste avant qu'on y jette une allumette. »


Julia, une belle et intrépide journaliste est retrouvée morte au bord d'une plage de la Rochelle, le visage réduit en bouillie. Pourquoi un tel déchaînement de haine ? Certes, cette dernière qui aimait enquêter sur des sujets sensibles et qui ne craignait pas de faire des vagues ne comptait pas que des amis dans la région, notamment parmi les notables. Mais de là à s'acharner sur elle avec autant de violence ? Qui pouvait bien la haïr autant et pour quelle raison ? C'est ce que va tâcher de découvrir Victor Caranne, son amant, un psychologue carcéral à l'âme torturée par de lourds secrets. Une enquête à hauts risques qui va le replonger dans un passé qu'il aimerait oublier, déterrant de vieux drames, des traumatismes d'enfance et l'amenant même à s'interroger sur ses proches. Entre certitude et doute, amour et haine, loyauté et trahison, la vérité va se montrer beaucoup plus complexe que tout ce qu'il aurait pu imaginer...

Qui est Somb ? La réponse se trouve dans ce triller psychologique à l'ambiance sombre et vénéneuse, dont l'action se déroule sous la lumière océane de Charente Maritime assombrie par un crime particulièrement brutal. Jalousie, manipulation et perversion sont au menu de ce polar qui surfe sur le thème des relations toxiques. De fausses pistes en multiples rebondissements, Max Monnehay harponne son lecteur par une narration rythmée et un suspense omniprésent. 
Un polar alerte et efficace comme on les aime ! 



Merci aux Éditions du Seuil et à Babelio.

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dimanche 7 juin 2020

Nefertari dream de Xavier-Marie Bonnot




















Éditeur : BELFOND
Parution : 05/03/2020
Nombre de pages : 350
Genre : littérature française

L'auteur :


Xavier-Marie Bonnot est né à Marseille. Réalisateur de documentaires, il est aussi l’auteur de plusieurs romans et polars : "La Première empreinte" (2002), "La Bête du marais" (2008), "La Voix du loup" (2006), "Les Âmes sans nom" (2009), "Le Pays oublié du temps" (2011), "Premier homme" (2013), "La dame de pierre" (2O15) qui a reçu le Prix Cognac du Polar Francophone 2016, "La vallée des ombres" (2016), "Le dernier violon de Menuhin" (2017) et "Le tombeau d'Apollinaire (2018).

Quatrième de couverture : 

La grande reine Nerfetari, il y a 3 300 ans, aurait-elle pu imaginer les femmes de son pays voilées, excisées, citoyennes de deuxième classe ?
Rodolphe Cordier, archéologue, vit non loin de Nefertari Dream, un bazar à touristes sur la rive ouest du Nil qui vend de l'antique en toc et du faux rêve. L'Égypte de Rodolphe n'est pas celle des boutiquiers, mais de la civilisation millénaire à laquelle il a consacré ses recherches. Tout à sa passion, il évite de regarder en face le pays pauvre qui l'entoure, ce peuple qui marchande son patrimoine et plie sous une dictature féroce et la barbarie du terrorisme... jusqu'au jour où sa route croise celle de Noah, jeune archéologue égyptienne née à deux pas de la tombe de la grande reine Néfertari. Au même moment, le printemps égyptien enflamme la place Al-Tahrir, au Caire. Noah, la rebelle, y retrouve Amina, son amie d'enfance devenue médecin et militante islamiste. Tandis que le peuple se soulève et renverse un tyran, Rodolphe découvre ce qu'il n'attendait plus dans une falaise de la vallée des Reines. Mais la révolution menace de tout balayer, Amina est arrêtée et Noah, gravement blessée...

Récompensé par le prix du Roman historique des rendez-vous de Blois 2019 pour Le Tombeau d'Apollinaire, Xavier-Marie Bonnot, avec toute la poésie et la puissance de son écriture, signe un grand roman sur l'Égypte.

Mon avis : 


« Ce n'est pas une surprise, Le Caire. C'est un choc. À tous les coups. Un carambolage de rues. Des immeubles qui tamponnent un ciel brûlant. Et la misère et la fortune se télescopent. Une ville droite, stridente et malheureuse. Une mégapole à plat, sous des planches et des briques, rongée par les tas d'ordures.
Partout, l'air tremblote, à coup de klaxon et de mélodies qui chaloupent. Et aux balcons, et sur les toits, les antennes rondes et sales qui écoutent le monde, grandes oreilles tendues vers le ciel jaune. »


Nefertari Deam, c'est le nom d'un bazar situé au cœur de la "rive des morts", une échoppe qui vend du rêve aux touristes avec ses statuettes de pacotille et autres babioles clinquantes cédées pour quelques euros. C'est ici également que réside Rodolphe, un jeune archéologue passionné d'égyptologie. Son chemin va croiser celui de la belle Noah, une fille du pays qui prépare sa thèse en archéologie. Malgré les  obstacles religieux et culturels, les deux jeunes gens vont s'éprendre l'un de l'autre, au mépris des interdits et des menaces permanentes qui rôdent autour d'eux. Nous sommes en 2011, la révolution gronde et le gouvernement  autoritaire d'Hosni Moubarak vacille dangereusement. Entre pauvreté, dictature policière et montée de l'islamisme radical, le peuple saturé et asphyxié est au bord de l’explosion. Le destin des différents protagonistes de ce récit va se trouver bouleversé à jamais, au cœur de cette poudrière qui donna naissance au printemps Égyptien. Plus rien ne sera jamais comme avant...

Après nous avoir fait frissonner avec ses polars et remués avec des romans plus intimistes ou d'émouvants portraits romancés de grandes figures de la musique ou de la poésie, l'auteur quitte la France pour l'Egypte. Auteur protéiforme à la plume infatigable, Xavier-Marie Bonnot arrive encore à nous surprendre avec ce dépaysant roman qui fait voyager son lecteur sur les rives du Nil et l'entraîne dans les coulisses d'une révolution sanglante. 
Naviguant simultanément entre les morts et les vivants sur les rives de l'Egypte antique et contemporaine, ce roman foisonnant d'événements tragiques et d'humanité nous plonge au cœur de la révolte d'un peuple au bord de l'implosion. Avec pour toile de fond historique le printemps Égyptien qui provoqua la chute d'Hosni Moubarak, l'auteur nous relate avec beaucoup de justesse, de sensibilité et de poésie l'histoire d'un amour interdit et explosif en plein cœur de cette révolution.
Du rêve à la réalité, Nefertari Dream est un roman bouleversant qui fait voyager son lecteur sur des terres arides et qui ne peut que l'interpeller !




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dimanche 3 mai 2020

Cora dans la spirale de Vincent Message




















Éditeur : Seuil
Parution : 14/08/2019
Nombre de pages : 460 
Genre : littérature française

L'auteur : 














Né en 1983, Vincent Message est professeur et maître de conférences à l'université Paris VIII Vincennes - Saint-Denis
"Cora dans la spirale" est son troisième roman, après "Les Veilleurs" (Seuil, 2009), lauréat du prix Virgin-Lire, et "Défaite des maîtres et possesseurs" (Seuil, 2016), récompensé par le prix Orange du livre.

Quatrième de couverture :

Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves.

À travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.

Mon avis : 

Bien insérée socialement et professionnellement, Cora est une jeune maman épanouie dans son couple, qui aime goûter les plaisirs simples qui font le sel de la vie. Son congé maternité s'achevant, cette dernière doit reprendre son poste au sein de la société d'assurances qui l'emploie depuis trois ans. 
A son retour au début de l'automne 2010, Cora a la surprise de retrouver une entreprise en pleine restructuration. En effet, Borélia est en plein virage stratégique. Pour parvenir à l'équilibre, la nouvelle direction envisage un programme de réduction des coûts. Les rênes de cette réorganisation interne sont laissés à un cabinet d'audit. Un changement de cap radical pour la société auvergnate paternaliste née à la fin de la seconde guerre mondiale, qui va quitter l'immeuble Haussmannien qui abritait son personnel pour un open space à la Défense. S'appuyant sur les recommandations d'un cabinet de conseil, la  nouvelle direction entreprend de partir à la chasse aux poids morts. Des têtes doivent tomber et le rouleau compresseur est en marche ! 
Lever de rideau, le drame en trois actes peut commencer. Sous la plume clinique et détaillée de Mathias, le narrateur de ce récit qui s'inspire de la lecture des trente carnets de Cora et du témoignage des divers acteurs de cette histoire, le lecteur va assister impuissant au déroulement inéluctable d'une tragédie moderne, de ses prémices à sa terrible apogée...

Revisitant le mythe d'Orphée et Eurydice, Vincent Message dépeint la descente aux enfers d'un couple confronté à l'impitoyable jungle du monde du travail d'aujourd'hui. Avec beaucoup de justesse et sans jamais tomber dans le pathos, l'auteur brosse la chronique d'un monde cruel où l’intérêt des plus vulnérables est sacrifié sur l'autel du profit. 
Tableau social implacable d'une humanité en pleine mutation, ce roman percutant lève le voile sur les violences insidieuses mais bien réelles que peuvent infliger nos sociétés contemporaines !

Un extrait : 

Depuis quelques années, les enfants de l’après-guerre faisaient valoir leurs droits à la retraite. Longtemps, on s’était plu à répéter que ce départ massif ferait enfin baisser le chômage. Cora avait entendu ça toute son adolescence. Sur le papier, c’était logique et ça donnait de l’espoir. Dans la réalité ça ne s’était pas passé comme ça. Les industries semblaient s’être envolées sans retour vers des pays où les gens étaient prêts à se laisser réduire en quasi-esclavage pour ne pas mourir de faim comme l’avaient fait leurs parents par millions. Que s’était-il passé ? À quel moment est-ce qu’on s’était plantés ? Les Européens avaient-ils vécu au-dessus de leurs moyens, maintenus par des hommes politiques préférant creuser le déficit plutôt que risquer la défaite dans une indolence qui les empêchait de s’adapter au monde qui naissait autour d’eux ? Ou bien est-ce que c’étaient les multinationales et les élites qui accaparaient la richesse en planquant leur argent et en représentant l’impôt comme une menace à la croissance ? Dans les journaux que lisait Cora, les experts n’arrivaient jamais à se mettre d’accord là-dessus. Ce qui était certain, c’est que les changements du monde lançaient aux entreprises de véritables défis, de sorte qu’elles n’avaient d’autre choix, à leur tout, pour se montrer à la hauteur, que de mettre au défi leurs employés, lesquels mettaient au défi leurs enfants pour qu’ils puissent bientôt affirmer d’une voix nette, au timbre stabilisé, que cela tombait bien car ils se trouvaient eux aussi adorer les défis, et étaient impatients que leurs journées en soient pleines à ras bord.
Souvent, Cora se demandait pourquoi elle persistait à absorber chaque jour une dose de cette rumeur du monde. C’était sons sens du devoir – le plaisir de voir plus large – une volonté de se distraire – une forme de masochisme. Ces discours se présentaient comme autant de gélules d’apparence identique ; certaines allaient libérer, en fondant, les molécules d’une lucidité nécessaire, d’autres les toxines d’idéologies enrobées dans le sucre du bon sens, mais c’était dans des proportions qu’il était impossible de préciser, et on ne savait jamais s’il s’agissait d’effets secondaires inévitables ou d’un projet d’intoxication collective.



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vendredi 10 avril 2020

Une bête à tuer de Jean-François Regnier




















Éditeur : Librinova
Parution : 10/02/2020
Nombre de pages : 216
Genre : thriller

L'auteur : 















Le parcours professionnel de Jean-François Regnier le conduit de sa Dordogne natale jusqu'à Toulouse où il se fixe à la fin des années 80. 
Son goût pour l'écriture, qui tient une place importante dans son métier de travailleur social, s'est renforcé au fil du temps, l'incitant à publier, en 2009, son premier roman "L'Acte".
En neuf ans, il a publié quatre romans. "Ma bête" (2018) est son premier thriller.

Quatrième de couverture : 

Ça fait huit ans que Weston Forrester et Duncan Smith sont recherchés par toutes les polices du monde après l'affaire du « Hangar de Newton ». Que sont-ils devenus ?
Et si un désir de justice venait raviver un fait divers trop vite oublié ? 
« Duncan se sent piégé, à nouveau piégé. Il ne veut pas retourner vivre en autarcie, coupé du monde, déserteur, fugitif, froussard en quelque sorte. Il pourrait se livrer à la police et tout révéler au grand jour. Grande incertitude, car sa bonne foi ne ferait pas le poids face aux mensonges que les médias avaient pu vomir jusque-là. Non, Duncan doit agir seul et vite. Il sait que Forrester n'oublie rien, qu'il est rancunier.[...] Il se sent comme une souris avec laquelle Forrester, huit ans plus tard, continue de jouer.Duncan le pressent tout prêt à bondir. Comment retrouver Forrester, le faire sortir de son trou ? »

Mon avis :

« C'est curieux, réfléchit-il, l'être humain est un étrange concept. Un amas d'os, d'eau, de peau, de matières, équipé d'une conscience et pétri de sentiments dont la fin de l'existence le réduit en cendres. 
Tout ça pour ça, tout ça pour quoi ? »

Suite du thriller "La bête", "Une bête à tuer" nous permet de retrouver Weston Forrester et Duncan Smith, les deux protagonistes d'un terrifiant face à face entre une victime et son bourreau, un redoutable  tueur en série.
Huit ans ont passé depuis que Duncan Smith a fuit sa geôle. Recherché pour complicité de meurtre et kidnapping d'enfant, ce dernier a changé d'apparence et d'identité et a repris une activité de jardinier. Contraint de laisser la garde de son fils Gavin à un ami, afin de ne pas attirer l'attention sur lui, ce dernier supporte difficilement l'injustice de cette situation. De plus, il souffre d'un grave stress post-traumatique qui handicape ses relations avec autrui. 
La parution d'un livre mensonger sur son histoire va pousser Duncan à sortir de sa torpeur et de son isolement. L'heure de la vengeance a sonné ! Cette fois-ci le chasseur ce sera lui. La tâche s'annonce difficile car Weston Forrester est une proie difficile à dénicher, et surtout à terrasser...

Roman d'une machiavélique vengeance, "Une bête à tuer" est un thriller efficace dopé à la testostérone. Des States à l'Angleterre, l'auteur nous fait voyager au cœur d'une traque au rythme infernal, aussi dangereuse que palpitante pour son lecteur. Les personnages hauts en couleur, aussi pervers que féroces mettent nos nerfs à rude épreuve. 
Dans ce roman noir, l'auteur joue avec la frontière du bien et du mal, une frontière qui n'aura jamais été aussi ténue que dans cette histoire de revanche d'une victime sur son tortionnaire !


Merci à Jean-François Regnier.
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mercredi 25 mars 2020

La femme révélée de Gaëlle Nohant




















Éditeur : Grasset
Parution : 02/01/2020
Nombre de pages : 370
Genre : littérature française

L'auteure : 





















Née en 1973 à Paris, Gaëlle Nohant est l'auteure de "L'Ancre des rêves" sorti en 2007, de "La part des flammes" publié en 2015 (éditions Héloïse d’Ormesson) et d'un roman biographique sur Robert Desnos, "La légende d’un dormeur éveillé" (2017).

Quatrième de couverture :


Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre  ?
Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.
Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.
Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ?  Et comment, surtout, se pardonner d’être partie  ?
Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.
Au fil du chemin, elle aura gagné sa liberté, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. Et, peut-être, la possibilité d’apaiser les blessures du passé. Aucun lecteur ne pourra oublier Violet-Eliza, héroïne en route vers la modernité, vibrant à chaque page d’une troublante intensité, habitée par la grâce d’une écriture ample et sensible.

Mon avis :

« La vérité, c’est qu’il y a dans nos vies des impasses dont on ne peut s’échapper qu’en détachant des morceaux de soi. »


Quelle terrible menace a donc poussé Eliza, femme d'un riche homme d'affaires Chicagoan, à fuir sa patrie et à renoncer à son identité, laissant derrière elle, son fils de huit ans et le confort douillet d'une vie de bourgeoise nantie ? 
Nous sommes à Paris au début des années 1950. Une page se tourne pour Eliza qui devient Violet, une jeune veuve à la conquête d'une vie nouvelle. Vite à court de ressources, cette dernière va devoir trouver des solutions pour survivre et s'adapter à une vie de bohème. 
Lui reste ses souvenirs et son précieux rolleiflex. Sa passion pour la photo va lui permettre de supporter de nombreuses déconvenues et lui ouvrir les portes d'un monde totalement inédit, aussi dangereux que stimulant pour sa créativité. 
C'est une femme nouvelle que l'on voit émerger au fil des pages de ce lumineux roman, une femme laissant l'audace prendre le pas sur la crainte, s'ouvrant à la vie et aux autres, telle une plante trop longtemps privée d'oxygène qui renaît à la lumière du soleil.
Navigant entre le présent de l'aventureuse Violet et le passé de l'énigmatique Eliza, le lecteur va découvrir peu à peu le secret bien gardé de cette femme au destin d'exception...

Flirtant avec le roman d'apprentissage, cette fiction merveilleusement narrée nous dresse le portrait d'une femme en quête de liberté dans une société en pleine mutation. Des caves enfumées de Saint-Germain-des-Près qui swinguent au son du jazz aux ghettos de Chicago, des hôtels de passe parisiens aux mouvements contestataires pour les droits civiques dans l'Amérique de la fin des sixties, l'auteure nous livre un récit bouillonnant d'énergie qui foisonne de personnages aussi étonnants que passionnants. 
Alternant les lieux et les époques, l'auteure nous plonge dans le fabuleux destin d'une femme qui va refuser les compromis et se battre pour plus de justice et de liberté envers les minorités bafouées. 
Militant et palpitant, ce roman basé sur des faits historiques rend hommage à ces combattants de la liberté qui ont parfois perdus la vie pour que d'autres puissent entrevoir la lumière d'un monde plus juste ! 



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