Le livre, un outil de liberté ?

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samedi 20 janvier 2018

Violette Leduc de Carlo Jansiti

Éditeur : Grasset
Parution : 23/10/2013
Nombre de pages : 496
Genre : biographie

L'auteur : 

Natif d'Italie, Carlo Jansiti est écrivain et journaliste. L'auteur qui s'est installé à Paris depuis 1986 est le responsable du Fonds Violette Leduc à l'Institut Mémoires de l'Edition Contemporaine.

Quatrième de couverture : 

Maurice Sachs lui "ordonna" d'écrire, Simone de Beauvoir la découvrit en 1945, Albert Camus la publia l'année suivante. Admirée par Cocteau, Genet, Jouhandeau et Sartre, Violette Leduc (1907-1972) est une figure des plus singulières de la littérature française du XXe siècle.
Si ses premiers livres conquirent un cercle d'admirateurs fervents, ils ne touchèrent pas le grand public. Pendant vingt ans, Violette Leduc fut "un désert qui monologue". Ce n'est qu'en 1964, à la parution de La Bâtarde, récit autobiographique lancé par une élogieuse préface de Simone de Beauvoir, qu'elle sortit brutalement de l'ombre. Violette Leduc racontait sa vie sans fausse pudeur : bâtarde, laide, pauvre, amoureuse de femmes, d'homosexuels, voleuse à l'étalage et trafiquante au marché noir... Le succès de scandale de La Bâtarde, la personnalité pittoresque et attachante de l'auteur finirent pas masquer l'immense écrivain.
Son esprit était trop libre pour ne pas choquer. Violette Leduc a traversé le siècle en défiant conventions et tabous avec une originalité, une hardiesse de ton encore aujourd'hui surprenantes.
Grâce à de nombreux témoignages, et à une documentation inédite exceptionnelle, cette biographie retrace la vie parallèle de l'auteur de La Bâtarde, révèle les omissions et le travestissement, éclaire d'une lumière nouvelle et inattendue cette "sincérité intrépide" saluée par Simone de Beauvoir. Elle rend justice à un écrivain à redécouvrir.  

Mon avis : 

« Je m'en irai comme je suis arrivée. Intacte, chargée de mes défauts qui m'ont torturée.
J'aurais voulu naître statue, je suis une limace sous mon fumier. »

Femme de lettres atypique admise dans le sérail des plus grands auteurs du 20ème siècle, Violette Leduc fut découverte par Simone De Beauvoir. Cette dernière, littéralement subjuguée par la plume de celle qu'elle surnommait "la femme laide", décida de la prendre sous son aile et lui apporta son soutien jusqu'à sa mort. Percevant le potentiel de Violette, elle l'encouragea à se consacrer à l'écriture et lui versa même une allocation mensuelle (équivalente à 600 euros de notre monnaie actuelle) quinze ans durant, jusqu'à ce que cette dernière rencontre enfin le succès en 1964 avec son roman à scandale La bâtarde. Fille d'une domestique engrossée par le fils du maître de maison, Violette Leduc souffrit toute sa vie de son enfance miséreuse, de son physique ingrat et du rejet paternel. Puisant dans ses carences pour alimenter son oeuvre, la majorité des romans de l'auteure furent d'inspiration autobiographique. Indomptable, affamée d'amour, ambiguë et cultivant le goût de la provocation, cette dernière n'hésita pas à coucher sur papier ses amours saphiques et à parler de ses vols à l'étalage ou de ses activités de trafiquante au marché noir. Si elle choqua parfois ses contemporains par ses actes délictueux et son absence de tabous, elle fût cependant saluée par ses pairs pour la singularité et la beauté de son oeuvre.    

Passionné par les écrits de Violette Leduc dont il dit qu'ils ont modifié le cours de sa vie en lui permettant de balayer les préjugés qui le brisaient, Carlo Jansiti est également le responsable du Fonds Violette Leduc. 
Fruit d'une considérable recherche bibliographique et émaillé d'interviews de proches et de personnalités du monde des lettres qui pour la plupart n'ont pas hésité à mettre leurs archives à la disposition du biographe ainsi que d'extraits d'échanges épistolaires et de passages marquants de ses romans, Carlo Jansiti nous livre un témoignage dense et exceptionnel sur cette écrivaine d'avant-garde à la plume nourrie par la douleur et la soif d'amour. 
Laissons le mot de la fin à Jean Cocteau qui disait d'elle : « Violette Leduc ne fait pas ce qui se fait mais ce qui se fera. C'est le secret et le martyrologue des vrais artistes. » 



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samedi 13 janvier 2018

1974 d'Arnaud Codeville




















Éditeur : Arnaud Codeville
Parution : 01/05/2017
Nombre de pages : 546
Genre : littérature d'épouvante

L'auteur :






















Né en 1980 dans le nord de la France, Arnaud Codeville est infographiste et développeur web. Passionné de jeux de rôles et amateur de films d'horreur, ce dernier apprécie tout particulièrement les écrits de Stephen King et de H.P Lovecraft. Il est également l'auteur de La tour de Sélénite (2015). En octobre 2016, il remporte avec 1974 le concours des plumes francophones organisé par Amazon.

Quatrième de couverture :

À Sebourg, petit village du Nord de la France, c’est l’effervescence. Les pompiers mettent le feu au 16 de la rue Jean Jaurès. 
La plupart des habitants se massent pour admirer le spectacle. Tous redoutent la vieille demeure et tous se réjouissent de la voir disparaître à jamais du paysage et pour cause : elle serait hantée…
Parmi la foule de curieux, un homme assiste à l’incendie. Il est sans doute le seul à être aussi fasciné par l’agonie de la bâtisse…
Pour rien au monde, il n’aurait raté ce moment.

Mon avis : 


« La plupart des habitants de la rue Jean Jaurès à Sebourg ignoraient totalement les véritables raisons qui avaient poussé les pompiers ainsi que les autorités de la ville à mettre le feu au numéro seize. On raconte encore aujourd’hui que l’incendie aurait permis de contenir une invasion de cafards ou, selon les dires de certains, de vermines prêts à infester toute la rue voire le village entier.
La maison fut, bien avant son exécution, sujette à de nombreuses rumeurs plus ou moins étranges. Les enfants des environs s’interdisaient de marcher sur le trottoir qui la jouxtait comme si, inconsciemment, une force bienveillante leur dictait de ne pas s’en approcher. »


Qu'est-ce qui a bien pu pousser Jules Lallemand à faire brûler la maison que son frère lui a léguée ? Une lubie de vieillard à l'esprit dérangé ou au contraire une sage décision motivée par des raisons qui dépassent l'entendement ? Le lieutenant Joël Masson s'interroge. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que cette sinistre bâtisse va complètement changer le cours de son existence et lui faire vivre des événements hallucinants. Cet homme anéanti par le décès accidentel de sa fille n'est plus que l'ombre de lui-même. Le jeune policier prometteur qu'il était est devenu une épave qui brûle la chandelle par les deux bouts. Son supérieur, excédé par ses frasques et sa démotivation, lui confie l'affaire de la dernière chance : soit il se ressaisit, soit il est congédié des forces de l'ordre ! Masson doit enquêter sur une plainte pour violation de domicile, une affaire banale de prime abord qui va se montrer beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Le policier se jette à corps perdu sur ce dossier dont les ramifications remontent à 1974 et qui va bouleverser toutes ses certitudes et le conduire aux portes des ténèbres. Des meurtres barbares, un inquiétant pensionnat, une mystérieuse dame au châle noir et des jumelles maléfiques vont croiser la route du lieutenant Masson qui devra livrer un combat décisif contre l’innommable. Pourra-t-il résister aux forces démoniaques qui cherchent à prendre possession de lui et à l'anéantir ?

Mêlant polar et épouvante, 1974 qui se situe dans le même registre que L'exorciste est un roman plutôt réussi dans son genre. Pas vraiment fan de romans horrifiques, je me suis pourtant laissée embarquer dès les premières pages. L'écriture est fluide et surtout très visuelle, les personnages sont bien croqués et l'auteur arrive à nous faire frémir sans multiplier les scènes gores ou grand-guignolesques. 
Page-turner efficace où l'intrigue surnaturelle est habilement distillée, 1974 devrait trouver son lectorat chez les amateurs de suspense et de frissons !



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dimanche 7 janvier 2018

Nos disparus de Tim Gautreaux




















Éditeur : Points
Parution : 27/08/2015
Nombre de pages : 573
Traduction : Marc Amfreville
Genre : littérature américaine

L'auteur : 





















Né en 1947 en Louisiane, Tim Gautreaux est professeur émérite à la Southeastern Louisiana University. Il est devenu romancier après avoir suivi les ateliers d'écriture dispensés par l'écrivain Walker PercyTim Gautreaux qui s'est vu décerner Le prix John Dos Passos en 2005 est également l'auteur de deux autres romans : Le dernier Arbre (2013) et Fais-moi danser, Beau Gosse (2016). 

Quatrième de couverture : 


De retour à La Nouvelle-Orléans après la Grande Guerre, Sam Simoneaux assiste impuissant à l'enlèvement d'une petite fille. À la recherche de l'enfant, il embarque à bord de l'Ambassador, bateau à aubes qui sillonne le Mississippi au rythme endiablé des concerts de jazz. Au gré des escales et des bagarres, Sam ne tarde pas à mettre au jour un fructueux commerce d'enfants animé par la pègre des bayous.

Mon avis :


« Le jazz était encore une denrée rare au long du Mississippi, et les amateurs, les jeunes gens, les mordus de danse - huppés ou péquenauds, ouvriers de scieries et beautés de plantations - descendaient jusqu'à la rive le soir venu pour prendre d'assaut le vapeur éclatant de lumière et se glisser à la nuit tombée sur le pont afin de respirer la brise, et exécuter les pas, ou plutôt se laisser guider par cette étrange et puissante musique qui remontait le fleuve à leur rencontre depuis La Nouvelle-Orléans. »


Nous sommes dans les années 1920, à l'époque où la prohibition a été mise en place aux États-Unis. L'Ambassador, modeste bateau d'excursion parcourant les eaux fluviales du Mississippi, représente un lieu de distraction très couru par les populations qui vivent sur les rives avoisinantes. En ces temps d'austérité où les hommes s'épuisent souvent à la tâche, ce nouveau courant musical qu'est le jazz fait de plus en plus d'adeptes. S'enivrant de danse et d'alcools de contrebande, les hommes trouvent en ces lieux un moyen d'échapper à la morosité ambiante, transportés par le rythme effréné des morceaux hardiment interprétés par les jazzmen. Sam Simoneaux, un homme hanté par son passé douloureux, est chargé de faire régner l'ordre sur ce bateau où les bagarres sont fréquentes car favorisées par l'abus des alcools frelatés. Culpabilisé par le kidnapping d'une petite fille dans le grand magasin où il était chargé de la sécurité, ce dernier s'est fait embaucher sur l'Ambassador afin d'assister les malheureux parents dans leurs recherches, la police ne faisant pas grand cas de la disparition d'une enfant pauvre. Pourquoi la petite Lili a-t-elle était enlevée ? Qui sont ses ravisseurs ? Sam réussira-t-il à la retrouver ?


Dans la même veine que les écrits des sudistes Pat Conroy ou Tom Franklin, Tim Gautreaux nous dresse un portrait captivant du sud des États-Unis. Son roman qui se situe à l'époque des années folles nous dépeint une décennie marquée par le puritanisme et l'accroissement du banditisme. D'une plume vivante et colorée, l'auteur met en relief un contraste saisissant entre la misère la plus noire et l'opulence des possédants, au lendemain d'une première guerre mondiale qui marqua profondément les soldats américains qui participèrent aux combats. 
Sur fond de musique jazz, l'auteur nous brosse le portrait d'un personnage rongé par des événements sanglants et en quête de filiation, un homme partagé entre son intégrité et son désir de vengeance. 
Entre marécages et coupe-jarrets, le Mississippi de Tim Gautreaux est loin d'être un long fleuve tranquille !



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dimanche 31 décembre 2017

N'appelle pas à la maison de Carlos Zanón




















Éditeur : Asphalte
Parution : 03/04/2014
Nombre de pages : 376
Traduction : Adrien Bagarry
Genre : littérature espagnole

L'auteur : 


Carlos Zanón est né à Barcelone en 1966. Il est poète, romancier, scénariste et critique littéraire. Soudain trop tard, paru chez Asphalte en 2012, a remporté le prix Brigada 21 du meilleur premier roman noir. Il est également l'auteur de J'ai été Johnny Thunders (2016). Ses livres ont été traduits et publiés aux Etats-Unis, en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Quatrième de couverture : 

Barcelone, de nos jours. Raquel, Cristian et Bruno vivent d'une arnaque dans laquelle ils excellent : ils font chanter les couples illégitimes. De l'argent facile, une organisation bien rodée, menée de main de maître par Bruno, malgré quelques passages à tabac lorsque les choses dérapent. Merche et Max sont amants. Elle est mariée, il est divorcé ; tous deux font partie de la classe moyenne catalane. Un jour, Cristian va repérer le couple et noter le numéro de plaque d'immatriculation de Max. L'engrenage diabolique est enclenché... mais rien ne va se passer comme prévu. Deux mondes se côtoient dans ce roman où l'on croise une galerie de personnages marquants, durement touchés par la crise et par la vie.

Mon avis :


«  Peut-être s'est-il trompé depuis toujours. La vie n'est ni un drame ni une sitcom. Pas plus qu'une tragédie. La vie, sa vie, c'est un western, sans scénario la plupart du temps. »

Ils sont trois petites frappes sans foi ni loi, Raquel, Bruno et Cristian. A la limite de la clochardisation, ils squattent où ils peuvent et passent la plus grande partie de leur temps dans des bars sordides à jouer aux cartes, boire et se droguer. Fâchés avec le travail, ils vivent au jour le jour grâce à des combines tordues et bien souvent hasardeuses. Leur dernière trouvaille est d'arnaquer les couples adultères qu'ils repèrent à la sortie des hôtels. Parmi eux, Merche et Max. Lui est fraîchement divorcé et espère que sa maîtresse va enfin se décider à faire de même. Malheureusement, cette dernière rechigne à mettre fin à une vie de couple qui si elle ne l'enchante pas, lui permet de vivre très confortablement. Quand les arnaqueurs entre en jeux, les choses se précipitent mais ne tournent pas vraiment comme chacun des protagonistes l'avait escompté...

Roman trash, féroce et désespéré se déroulant dans les quartiers les plus glauques de Barcelone, N'appelle pas à la maison est assurément un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Véritable plongée dans l'univers terrifiant de losers suprêmes, maudits et sans espoirs de rédemption, ce livre dérange par sa crudité et sa cruauté. Ce roman noir remarquablement rédigé est également une réflexion fouillée sur l'amour, la vie de couple, la maladie et le temps qui passe. 
Si une immersion dans un monde désenchanté ne vous effraie pas, jetez-vous sur ce petit chez-d'oeuvre de noirceur dont la lecture vaut vraiment le détour ! 



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samedi 30 décembre 2017

Les infirmières de Notre-Dame, *Flavie de Marylène Pion




















Éditeur : De borée
Parution : 16/11/2017
Nombre de pages : 489
Genre : littérature québécoise 

L'auteure : 















Native de Granby au Quebec, Marylène Pion est titulaire d'un baccalauréat en enseignement de l'histoire. Sa passion pour la généalogie et l'histoire l'a poussée vers l'écriture de romans historiques. Elle est l'auteure de plusieurs sagas dont la série Flora, une femme parmi les patriotes (2 tomes) et Les Infirmières de Notre-Dame (en quatre volumes).

Quatrième de couverture : 


1936. Tandis que l'Europe assiste impuissante à la montée inéluctable du nazisme, Flavie Prévot, vingt-deux ans, intègre l'école d'infirmières de l'hôpital Notre-Dame de Montréal, un des plus importants établissements de santé du Canada. Mais ce rêve d'enfant sera bien vite tempéré par les religieuses, peu enthousiastes de voir leur influence diminuer au profit de l'émancipation des jeunes femmes, et par les médecins, plus désireux de multiplier les conquêtes que de tomber amoureux. Qu'importe. Flavie, idéaliste, n'a qu'un objectif : alléger la souffrance des patients. Elle se lie d'amitié avec Simone, une jeune orpheline réservée et sérieuse qui entend échapper au mariage et à la maternité. Tout le contraire d'Evelina, qui veut devenir infirmière pour épouser un médecin. Malgré leurs différences, les trois jeunes femmes vont nouer une indéfectible amitié.

Mon avis :


« - Toutes les qualités propres au genre féminin ne suffisent pas pour devenir infirmière. Votre patience, votre discipline et votre compassion seront mises à rude épreuve, mesdemoiselles. Car, devenir infirmière, aussi prestigieuse que la profession puisse paraître, demeure une affaire de vocation et d'amour du métier. »


Nous sommes dans le Québec de la fin des années 1930, Flavie Prévot se réjouit de quitter son village de campagne pour intégrer la prestigieuse école d'infirmières de Notre-Dame située à Montréal. Régenté par les Sœurs grises, l'établissement hospitalier est réputé pour l’excellence de son enseignement, mais également pour sa rigueur et sa sévérité. C'est donc avec une certaine appréhension que la jeune femme, bien que motivée et déterminée, rejoint les bancs de l'institution. Heureusement, une amitié va vite s'épanouir avec deux de ses camarades de chambrée. Aussi dissemblables que possible, de part leurs caractères et leurs origines, les trois jeunes femmes vont très vite devenir inséparables. Réussiront-elles toutes à surmonter les épreuves que leur réserve cette année décisive pour accéder au diplôme ? 

Premier tome d'une quadrilogie, Les infirmières de Notre-Dame nous raconte la première année riche en péripéties d'une élève-infirmière et de ses camarades de promotion. Difficultés, amitiés, amours, trahisons et coups bas seront le lot quotidien de cette poignée d'élues qui devront se battre pour conserver leur place jusqu'aux examens finaux. L'auteur nous décrit également une époque pas si lointaine où le monde hospitalier québécois était dominé par l'influence des religieuses, l'Église catholique occupant une place prépondérante dans la période qui précéda la Révolution tranquille (années 1960). Aspirant à l'émancipation, ces jeunes femmes devront lutter pour trouver leur place, écartelées entre tradition et modernité. 
Se déroulant dans un Montréal délicieusement rétro, cette réjouissante saga hospitalière devrait enchanter les amateurs du genre !  
  


Merci aux éditions De Borée

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vendredi 29 décembre 2017

La fille d'avant de J.P Delaney




















Éditeur : Mazarine
Parution : 08/03/2017
Nombre de pages : 432
Genre : thriller psychologique

L'auteur : 

J.P Delaney est le nom d'emprunt d’un écrivain américain qui est l'auteur de plusieurs best-sellers publiés sous d’autres pseudonymes. La Fille d’avant est le premier thriller de cet auteur mystère. Ce roman qui a été traduit dans 37 pays sera bientôt adapté au cinéma, avec pour réalisateur Ron Howard à qui l'on doit les films à succès Da Vinci Code ainsi qu'Un homme d'exception

Quatrième de couverture : 


Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Lorsqu'elle découvre le One Folgate Street, elle est conquise par cette maison ultra moderne, chef d'oeuvre de l'architecture minimaliste, parfaite. Mais pour y vivre, il faut se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs. Peu à peu, Jane acquiert une inquiétante certitude : la maison est pensée pour transformer celui qui y vit. Or elle apprend bientôt qu'Emma, la locataire qui l'a précédée et qui lui ressemble étrangement, y a trouvé une fin tragique.
Alors qu'elle tente de démêler le vrai du faux, Jane s'engage sur la même pente, fait les mêmes choix, croise les mêmes personnes... et vit dans la même terreur que la fille d'avant.

Mon avis :

«  Je survole le formulaire de candidature. Certaines questions sont franchement bizarres. Je comprends que l’on vous demande quels objets personnels vous souhaitez apporter et quels équipements vous aimeriez changer. Mais pourquoi : 


23. Seriez-vous prêt(e) à vous sacrifier pour sauver dix inconnus innocents ?
24. Dix mille inconnus ?
25. Face à des personnes obèses, vous éprouvez :
a) de la tristesse
b) de l’agacement »  (page 35)

Un questionnaire plutôt déroutant est proposé aux locataires potentiels d'une époustouflante maison proposée à la location. Pour décrocher la timbale, il faut passer sous le feu des questions d'un propriétaire extrêmement exigeant et répondre à des questions toutes aussi intimes que farfelues et dérangeantes. Les candidats à la location remportant l'épreuve peuvent investir les lieux, à condition de se plier à des règles drastiques, imposées par l'énigmatique bailleur qui n'est autre que l'architecte qui a réalisé les plans de la maison. Bâtiment design au style épuré et doté d'une technologie d'avant-garde en terme de domotique, cette demeure intelligente et hors du commun se révèle rapidement phagocytante pour ses locataires. Emma puis Jane quelques années plus tard, vont emménager dans cette maison pour fuir des épisodes traumatiques survenus dans leur existence. Les deux locataires qui pensaient y trouver un havre de paix vont devoir faire face à des événements terrifiants. Qui de la maison ou de ses occupantes en ressortira indemne ? 

Roman choral articulé autour des voix des deux protagonistes principales, La fille d'avant est un thriller à la trame originale qui m'a accroché dès les premières pages. J'ai trouvé le mode de narration intéressant, l'auteur donnant la parole à chacune des occupantes à tour de rôle. Plus on avance dans le récit et plus on découvre des similitudes entre ces deux jeunes femmes et de troublantes concordances dans les événements qui vont venir perturber leur quiétude. Le suspense monte crescendo et l'on se demande vraiment qui tire les ficelles, car chaque personnage secondaire est un suspect en puissance ! 
Attention lecteur, cette maison vampirisante, presque aussi horrifique dans son genre que celle du film Amityville, pourrait bien venir troubler la qualité de ton sommeil pendant quelques nuits !



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samedi 23 décembre 2017

Mme veuve Emilie de Joseph Farnel




















Éditeur : De Borée
Parution : 16/11/2017
Nombre de pages : 220
Genre : littérature française

L'auteur :


Joseph Farnel, né le 17 mai 1932 à Nancy, est écrivain, peintre et styliste de mode. Ce dernier a dirigé une maison de couture parisienne de renom pendant de nombreuses années. Il est l'auteur d'une vingtaine de romans dont certains furent récompensés par des prix littéraires comme Le butin du Vatican qui a obtenu le prix Lions Club en 2012 ou Madame Veuve Emilie, ouvrage primé au Salon du Livre des Pieux en 2013.

Quatrième de couverture :

En 1936, Emilie Dumarais quitte son Auvergne natale pour Paris et ses bougnats. En débarquant, elle trouve à se placer comme serveuse dans un café. Au fil des rencontres, Emilie se marie, puis a des enfants. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et lui vole son mari. Elle lui apporte également un jeune enfant juif qu'il faut cacher... A la Libération, nouveau mariage et nouvelle vie pour Emilie : elle regagne l'Auvergne et passe le flambeau à l'une de ses filles : l'histoire recommence... Les destins se croisent et rencontrent l'Histoire.

Mon avis : 

« Elle se sentait prisonnière de cette calligraphie d'hier, qui était son passé et sa mémoire, et finissait, histoire d'une époque si proche de la vraie nature. Pleins, déliés, ponctuation, cette écriture qu'utilisaient les fonctionnaires pour couvrir les pages des grands registres à l'épaisse couverture noire de carton et de toile, cette écriture était magique. »

Témoignage d'une époque révolue et émouvante fresque s’étendant sur plusieurs générations, Mme veuve Emilie nous relate l'histoire d'Emilie Dumarais, jeune paysanne auvergnate montée à Paris dans les années 1930 pour fuir la misère, et celle de sa descendance. Cette dernière trouve un emploi dans un café-tabac situé dans le quartier du Marais et épouse très vite le fils de la maison dont elle attend un enfant. Après quelques années conflictuelles avec sa belle-mère qui réprouve ce mariage, la belle Emilie finit par triompher et régner en maîtresse femme sur un commerce qui ne cesse de prospérer grâce à sa vaillance et à ses aptitudes relationnelles. Malheureusement, la guerre va mettre fin à cette embellie et lui ravir son mari ainsi qu'une bonne partie de ses illusions... Malgré son audace et ses sacrifices, la jeune veuve devra affronter les erreurs du passé et livrer une âpre bataille pour faire face aux féroces et turbulents caprices du destin !

Ce roman qui nous éclaire sur la vie des bougnats de Paris, aussi habiles à faire fructifier un commerce qu'à travailler la terre, est aussi un hommage au courage de ceux qui ont lutté contre la domination nazie afin de rendre la liberté à leur pays, qu'ils soient des maquisards ou des citadins ordinaires cachant des individus menacés par les rafles de l'occupant. Alerte, élégante et pleine de tendresse pour ses personnages, la plume de l'auteur m'a touchée par sa sensibilité. J'ai apprécié la lecture de cette belle histoire de lutte, d'abnégation et de fraternité, racontée à travers l'épopée de cette intrépide fille du Cantal venue tenter sa chance dans la capitale du luxe. 
Si vous êtes à la recherche d'un récit émouvant, fleurant bon le terroir et empreint de nostalgie et d'authenticité, ce roman devrait combler vos attentes ! 




Merci aux éditions De Borée.
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