Le livre, un outil de liberté ?

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samedi 5 janvier 2019

L'idiot du village de Patrick Rambaud



















Éditeur : Grasset
Parution : 12/01/2005
Nombre de pages : 126
Genre : littérature française

L'auteur :















Né à Paris en 1964, journaliste fondateur d'Actuel, Patrick Rambaud est élu membre de L'Académie Goncourt en 2008, suite à la démission de Daniel Boulanger. L'auteur a publié une trentaine de livres, dont des
parodies politiques qui ont rencontré un grand succès. Il a obtenu le Grand Prix du roman de l'Académie française et le prix Goncourt en 1997 pour "La Bataille". Son dernier ouvrage satirique "Emmanuel le magnifique" sortira en librairie en ce mois de janvier 2019.


Quatrième de couverture :


Un jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, notre héros tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le replonger définitivement dans les années 1950. Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger, puis il se résout à accepter ce sort improbable. Il devient plongeur dans un restaurant des Halles, et il va vite savourer sa supériorité : il connaît l'avenir...

Mon avis :


« Celui ou celle qui croit venir d'un autre temps n'a presque jamais été esclave ou scolopendre, mais marquise, chevalier ou grand prêtre d'Osiris. Le passé, proche ou lointain, n'est qu'une succession d'images fantasques et fardées, un tissu de légendes, des reconstitutions qui omettent l'essentiel : une certaine permanence de la dureté, la force accablante du présent, la laideur, la futilité, toutes sortes de misères. »

Victime d'hallucinations visuelles de plus en plus prégnantes, le personnage principal de ce récit dont l'histoire débute en 1995 se retrouve exilé dans le Paris de l'année 1953. Voulant  rentrer chez lui après une visite chez son psy, ce dernier est chassé de son immeuble comme un malpropre par la gardienne de l'époque qui le prend pour un vagabond. Heureusement, il croise la route d'un mutilé de la guerre d’Indochine qui prend pitié de son indigence et le fait engager dans le restaurant de quartier ou il exerce ses talents de commis de cuisine. Vite intégré au sein de ce bistrot familial, notre homme va bientôt épater la galerie par son intuition et ses capacités divinatoires pour tout ce qui a trait à l'actualité sociale, sportive et politique de l'époque. Engagé comme conseiller personnel d'un journaliste vedette du Figaro, ce dernier va très vite s'ennuyer dans son rôle et partir à la recherche des souvenirs intimes de l'enfant de sept ans qu'il fut à l'époque. Mais est-ce vraiment une si bonne idée ? Notre héros va apprendre à ses dépens qu'il n'est pas toujours plaisant de remuer les vestiges d'un passé révolu...

Bien que le thème du voyageur temporel piégé malgré lui dans le passé ait été largement exploré, l'auteur nous livre un récit non dénué de saveur qui nous plonge dans une époque surannée où les termes de crise et de nouvelles technologies n'existaient pas encore et où l'homme se prenait à rêver d'un avenir plein de promesses après deux guerres dévastatrices pour l'humanité. 
Alors, vivait-on  mieux dans les années 1950 qu'à l'aube de l'an 2000 ? L'homme était-il vraiment plus indulgent envers ses semblables et moins destructeur ?
Peut-on réellement se fier à nos souvenirs intimes et n'avons-nous pas une vision déformée par l'écho lointain du passé ? 
Loin d'apporter des réponses à ces questions, ce récit teinté de fantastique nous questionne sur la nature de l'homme, le sens de l'existence et sur ce que l'on retient vraiment des leçons de l'histoire... Pas si mal pour un court roman d'une centaine de pages !




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mardi 1 janvier 2019

Chronique de la mort au bout de Léonel Houssam




















Éditeur : Léonel Houssam
Format : ebook
Parution : 01/06/2015
Nombre de pages : 150
Genre : littérature française

L'auteur :















Né en 1973 à Charleville-Mézières, Léonel Houssam vit en banlieue parisienne depuis 1984. Punk puis raver, ce dernier qui écrit depuis l'adolescence est l'auteur de fanzines et de plusieurs romans. Sous le pseudonyme d'Andy Vérol, il est l'auteur de biographies :  "Un noir désir : Bertrand Cantat" (Scali, 2008) ; "Noir désir : Le vent les portera" (Pylône Editions, 2009) ; "Manu Chao le Clandestino (Pimientos, 2009) et d'un roman "Les Derniers Cow-Boys français" (Pylône Editions, 2008).


Quatrième de couverture : 

Auteur de plusieurs romans et des biographies de Bertrand Cantat et de Manu Chao, ce nouvel opus noir de Léonel Houssam est une chute vertigineuse dans la psyché d'un tueur... 
L'histoire : le narrateur, un tueur, raconte sans filet, de façon sonique, son épopée meurtrière, sa vengeance flamboyante. Roman noir, très noir, à déconseiller à toutes les âmes sensibles...


Mon avis :


« N'y voyez rien de méchant. Ma franchise n'est pas faite pour choquer. Je suis désormais dans vous, dans quelques lieux de votre cerveau, installé dans vos souvenirs. C'est vous, et vous seuls qui me permettez la vie éternelle... Vous, votre viande et ce plaisir pervers à vous reproduire... Vous me lisez parce que je suis cette âme errante qui coure à la vitesse du diable dans le réseau, boosté à l’énergie, c'est votre existence au-delà de mon au-delà qui me préserve et m'offre éternité. »


C'est l'histoire d'un homme en déroute qui devient un meurtrier. Parce que la cruauté parentale, les sévices, le manque d'amour et de reconnaissance vont faire de cet individu un être sans âme et sans pitié. Celui que ses proches décrivent comme inoffensif et très propre sur lui
est en fait un individu gorgé d'une haine qui le dévore corps et âme depuis sa plus tendre enfance. Larbin de la municipalité et travailleur de l'ombre à la petite semaine, ce paroissien renfermé dans sa coquille et sans antécédents judiciaires connus, va déchaîner son acrimonie retenue depuis des lustres et marquer par sa violence extrême le village de "Val d'idiots". Véritable bombe à retardement, celui qui passe pour l’inoffensif raté du village va sortir l'artillerie lourde. Le crétin de service va montrer son vrai visage, celui d'un homme déterminé à aller jusqu'au au bout de sa mission vengeresse ! Poser des explosifs en vue de dégommer la vermine que sont un ministre en visite, le maire, ses élus ainsi que sa déplorable épouse ne font-ils pas partie d'un challenge à gagner pour ce désabusé de la vie ? Nourri dès le berceau au lait de la perversité, cet amateur de pornographie et de violence, ce monstre assoiffé de sang sorti des entrailles de l'enfer n'aura de cesse de mettre en action son projet explosif et mortel...

"Chronique de la mort au bout" est l'un des livres les plus violents que j'ai pu lire avec le terrifiant et sanguinolent "American psycho" de Bret Easton Ellis, qui regorge de scènes de tortures et de crimes à vous glacer le sang. La comparaison s'arrête là, car le dévoyé personnage de ce carnage littéraire n'a rien à voir avec un Golden Boy des années 80 en manque de sensations extrêmes !
Narré à la première personne, ce récit nous immerge à  l'intérieur d'un cerveau malade ou se mêle passé et présent, fantasme et réalité. 
"Chronique de la mort au bout" est un OLNI sombre, ultra-violent et terrifiant à ne pas mettre entre toutes les mains... Vous voilà prévenus !




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dimanche 30 décembre 2018

Le tombeau d'Apollinaire de Xavier-Marie Bonnot




















Éditeur : Belfond
Parution : 04/10/2018
Nombre de pages : 397
Genre : littérature française

L'auteur : 















Xavier-Marie Bonnot est né à Marseille. Réalisateur de documentaires, il est aussi l’auteur de plusieurs romans et polars : "La Première empreinte" (2002), "La Bête du marais" (2008), "La Voix du loup" (2006), "Les Âmes sans nom" (2009), "Le Pays oublié du temps" (2011), "Premier homme" (2013), "La dame de pierre" (2O15) qui a reçu le Prix Cognac du Polar Francophone 2016, "La vallée des ombres" (2016) et "Le dernier violon de Menuhin" (2017). 

Quatrième de couverture : 


" Que la guerre est belle ! Mensonges, tout ça. " 
Dans les tranchées de la Grande Guerre, le sergent Philippe Moreau dessine les horreurs qu'il ne peut dire. Son chef, le sous-lieutenant Guillaume de Kostrowitzky, écrit des articles, des lettres et des poèmes qu'il signe du nom de Guillaume Apollinaire. La guerre, comme une muse tragique, fascine l'auteur d'Alcools. Pour Philippe Moreau, jeune paysan de Champagne, elle est une abomination qui a détruit à jamais son village.
Blessés le même jour de mars 1916, les deux soldats sont évacués à l'arrière et se perdent de vue. Philippe Moreau va tout faire pour retrouver son lieutenant. Une quête qui l'entraîne jusqu'à Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse, où il croise Cendrars, Picasso, Cocteau, Modigliani, Braque...
Guillaume Apollinaire est mort il y a tout juste cent ans. À travers le regard attendri et critique d'un sacrifié de la Grande Guerre, Xavier-Marie Bonnot raconte avec puissance les dernières années de la vie de l'auteur du Pont Mirabeau.

Mon avis :

« Je pose le crayon, les yeux dans le brouillard.
Écrire en pareille situation est encore plus terrible que se taire.
J'ai envie de leur dire, à mon papa et à ma maman, la violence de notre vie, la peur et la mort. Les blessures et les copains passés au tranchoir.
J'ai envie de leur dire qu'ici on ne rit jamais sauf quand on se ment tout à fait.
J'ai envie de sortir cet être de colère qui est entré en moi.
J'ai envie de dire que je ne suis encore qu'un enfant.
J'ai envie de parler simplement de parler sans être un homme décoré, et de poser ma joue sur l'épaule de ma mère. De pleurer longtemps. Moi qui ne pleure plus, même pas devant le carnage. 
J'ai envie de leur dire qu'on meurt parfois avec le sourire quand la baïonnette pénètre les tripes. Qu'elle écorche et qu'elle saigne. Qu'on se terre  dans des trous qui sont nos seules ombres.
Parce qu'on a oublié que le ciel est d'azur et que ce monde tuberculeux sur lequel nous vivons nous rouille tous de l'intérieur. »

Le sergent Philippe Moreau vit l'enfer sur terre, enrôlé non par choix mais par obligation dans cette Grande Guerre qui sera l'une des plus meurtrières. Lui qui n'a pas encore connu l'amour est un familier de la mort. Il a déjà tué malgré son jeune âge, ce qui lui a valu quelques honneurs et médailles dont il se serait bien passé.  Positionné dans une unité d'attaque en Champagne, il est aux premières loges pour se faire dégommer par l'ennemi. Les tranchées, la boue, le froid, la vermine et la grande faucheuse qui passe toujours plus près, représentent son quotidien de poilu. Pour oublier la peur et se réchauffer l'âme, il y a l'amitié, le vin et les colis alimentaires envoyés par les proches que l'on partage très volontiers avec les copains de misère. Et pour le sergent Moreau, il y également le dessin. Ce fils de paysans qui a décroché brillamment son bac grâce à l'aide financière d'un oncle ecclésiastique, croque sur papier avec beaucoup d'habileté les scènes de l'horreur quotidienne. Un talent inné que va rapidement déceler son sous-lieutenant, Guillaume de Kostrowitzky, qui n'est autre que le poète Guillaume Apollinaire. Un engagé volontaire d'origine polonaise qui cherche à obtenir la nationalité française. Si le jeune Philippe Moreau, de dix ans son cadet, ne partage pas le même idéalisme patriotique que son lieutenant, il goûte en revanche son amour pour la poésie. Une complicité va naître entre ces deux militaires que leurs dons artistiques rapprochent. Grièvement  blessés à la tête et démobilisés, les deux hommes vont se retrouver dans le Paris bohème des artistes d'avant-garde et fréquenter les cercles dans lesquels évoluent Picasso, Cocteau, Cendrars, Braque... Malgré leurs divergences d'opinion, le discret Philippe Moreau et le mondain et fougueux Guillaume Apollinaire conserveront une amitié discrète mêlée de respect et d'admiration, qui perdurera jusqu'à la disparition prématurée du grand poète !

Roman historique librement inspiré de la vie du célèbre poète, "Le tombeau d'Apollinaire" nous brosse l'histoire d'une improbable amitié entre deux artistes venus d'horizons différents qui seront réunis par les événements tragiques de 14-18. Mêlant habilement la petite et la grande Histoire et parsemé des sublimes poèmes de l'auteur, ce roman sorti pour le centenaire de l’armistice nous invite à ne pas oublier les sacrifiés de la Grande Guerre qui donnèrent leur vie pour défendre la patrieCe récit est également un plaidoyer contre l'injustice d'une guerre particulièrement meurtrière, qui mena au combat des millions de civils habillés en soldat, obligés de combattre l'ennemi pendant que de hauts gradés planqués à l'arrière donnaient les ordres qui les enverraient inexorablement à l'abattoir. 
Avec la sensibilité qui caractérise ses écrits, Xavier-Marie Bonnot nous livre un récit tragique et profondément empathique. Un roman qui une fois de plus ne peut manquer de nous faire réfléchir sur la nature humaine et sur les forces et faiblesses de l'Homme, ce mortel désarmé face à l'adversité qui doit faire front aux intempéries de la vie !




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dimanche 16 décembre 2018

Helena de Jérémy Fel




















Éditeur : Rivages
Parution : 22/08/2018
Nombre de pages : 733
Genre : littérature française

L'auteur :
















Natif du Havre, Jérémy Fel a fait des études de lettres et de philosophie. Il a été scénariste de courts-métrages puis libraire. Qualifié de « fils spirituel français de Stephen King », il travaille actuellement à l’adaptation cinématographique de son premier roman, "Les Loups à leur porte" qui a rencontré un vif succès en 2015 (prix du Polar en Série 2016). "Helena" est son second roman.

Quatrième de couverture :


Kansas, un été plus chaud qu'à l'ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l'Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l'ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s'échappent d'une cave. Des rêves de gloire naissent, d'autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l'équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu'en l'infligeant à d'autres... Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d'où ils tenteront par tous les moyens de s'extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena... Jusqu'où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu'ils commettent l'irréparable ? Après Les Loups à leur porte, Jeremy Fel aborde cette vertigineuse question dans une grande fresque virtuose aux allures de thriller psychologique.

Mon avis :


« Parfois, je me dis que cette violence-là est tapie en nous et qu’il ne faut pas grand chose pour qu’elle surgisse pour tout briser. »

Haley, 17 ans, se rend à un entraînement de golf quand elle tombe en panne sur une route de campagne du Kansas. La chaleur est asphyxiante et c'est avec soulagement qu'elle accepte l'hospitalité de Norma, le temps que le garagiste du coin répare son véhicule. Comment cette ravissante adolescente issue des beaux quartiers pourrait-elle s'imaginer qu'elle vient de commettre la plus belle erreur de sa vie en acceptant l'aide de cette avenante veuve ? D'ailleurs, pourquoi cette  jeune mère de famille qui n'a pas encore abordé le cap de la quarantaine vit-elle dans cette lugubre demeure paumée au milieu des champs de maïs avec ses trois enfants ? Il y a Graham âgé de 19 ans qui est plutôt beau gosse, Cindy, 8 ans, la petite dernière au physique de poupée délicate que maman prépare à un concours de mini-miss et enfin Tommy, un adolescent du même âge qu'Haley, qui provoque une sensation de malaise chez cette dernière chaque fois qu'elle croise son inquiétant regard d'oiseau de proie... Une rencontre explosive qui va sceller à jamais le destin de l'adolescente et des différents protagonistes de cette terrifiante histoire !

Balançant entre thriller horrifique, drame familial et satire sociale d'une Amérique gangrenée par la course à la réussite et malade de ses contradictions, "Helena" est un roman polyphonique absolument inclassable et réellement perturbant. Ce pavé de 700 pages dont le thème principal traite de l'amour maternel et de ses dérives aborde également des sujets épineux et dérangeants comme le viol, la prostitution, la pédophilie où les paradis artificiels, à travers une galerie de personnages bluffants de réalité. Ces derniers, constamment au bord du précipice, se révèlent aussi attachants que détestables. Violemment malmenés par le destin, ils oscillent en permanence entre ombre et lumière. D'une plume gorgée de vitriol et tranchante comme un couteau bien affûté, l'auteur nous livre une fable diabolique où le croquemitaine peut revêtir les allures d'un séraphin et les anges se transformer en créatures d'apocalypse. 
Effroyable plongée dans les tréfonds de l'âme, ce roman m'a fait l'effet d'un véritable uppercut et m'a valu quelques tremblements et sueurs froides !




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samedi 1 décembre 2018

L'or des Carpates de Simone Chanet-Munsch




















Éditeur : Charoumu
Parution : 01/04/2017
Nombre de pages : 446
Genre : littérature française

L'auteure :


Simone Chanet-Munsch est née en juin 1946 à Chamalières. Elle a fait la plus grande partie de ses études à Clermont-Ferrand au lycée Jeanne d’Arc avant de devenir professeur de mathématiques. Elle a enseigné pendant huit ans au lycée Simone Weil du Puy en Velay puis durant vingt-trois ans à Marseille. Après trente et un ans passés en Provence, essentiellement à Aubagne, Simone Chanet-Munsch revient en Auvergne. Elle est installée à Chamalières depuis septembre 2009. Elle est aussi l'auteur de "Le défi à d'Osiris" (2010), "La forteresse de désert" (2010), "Deux âmes en détresse (2011), L'orphelin du lac" (2012), " Huit clos au manoir des soupirs" (2015) et de la trilogie la "Fédération de Planètes Solidaires", tous parus aux éditions Charoumu.

Quatrième de couverture : 


À la mort de Paul Deveau en Auvergne, une succession de mésaventures accable sa petite-fille Émilie. Aussi le besoin de changer d’air la pousse-t-il à accepter, non sans réticence, une proposition de travail surprenante en Slovaquie : une vieille dame francophone l'invite à venir écrire ses Mémoires dans un château isolé des Carpates. Un inconnu tente de subtiliser la valise d'Émilie à l’aéroport de Bratislava où elle retrouve le séduisant Yan Maciar qui l’a secourue en Auvergne. Un dernier message crypté de son grand-père lui parvient enfin : il lui confie la mission délicate de remonter à la lumière un trésor scythe dissimulé dans une grotte des Tatras… Or si Émilie seule connaît désormais l'emplacement précis de ce trésor, il suscite bien des convoitises !... Elle soupçonne bientôt tout son entourage slovaque de complicité avec des trafiquants prêts à tout : Yan l’ange gardien fidèle toujours près d’elle dans les épreuves, Marlène son hôtesse si chaleureuse dont le château abrite de sombres secrets… Sont-ils vraiment ce qu’ils prétendent ?... Et quel rôle joue le mystérieux Gustav, l’occupant épisodique de l’aile ouest qui s’ingénie à la mystifier ? L’amour sera pourtant au rendez-vous lorsque les masques tomberont à l’issue d’une chasse au trésor mouvementée.


Mon avis :

« Il suffisait aux deux hommes de fermer les yeux pour remplacer en esprit les placards et les caisses éventrées par les merveilles qu'ils avaient découvertes. Outre les bijoux en or de facture mycénienne représentant toutes sortes d'animaux réels ou mythiques, un mobilier luxueux composé de vaisselle, d'armes, de médailles en or, en argent, en électrum, accompagnait les défunts. Les chevaux étaient entièrement harnachés, ce qui donnait de précieuses informations sur la façon dont les scythes les montaient ou les attelaient. Des vases gravés en or révélaient des scènes intimes de la vie quotidienne de ce peuple d'éleveurs nomades et conquérants. »

1835, Ukraine : un fabuleux trésor scythe découvert par des archéologues à l'intérieur d'un Kourgane est dérobé par des contrebandiers.
2005, Slovaquie : Emilie Devaux accepte de séjourner dans un château isolé situé au cœur des Carpates, afin de rédiger les mémoires d'une fascinante vieille dame. Une région bien connue de son défunt grand-père, emprisonné dans un camp de travail nazi pendant la seconde guerre mondiale...

Jeune célibataire sans histoires travaillant pour une maison d'édition auvergnate, Emilie est simultanément victime d'une violente agression et d'un cambriolage, peu de temps après l'enterrement de son grand-père adoré. Très secouée par les événements, cette dernière décide  de changer d'air en acceptant une proposition de travail en Slovaquie. Faisant fi de ses appréhensions, la jeune femme décide de profiter de son séjour dans les Carpates pour tenter de retrouver un trésor caché dans une grotte des Tatras dont son aïeul lui a situé la localisation dans son testament. Emilie devra faire face à de nombreuses embûches et se méfier de tous, ce fameux trésor aiguisant bien des appétits... 

Roman d'aventures riche en péripéties et rebondissements, "L'or des Carpates" nous fait voyager au cœur de la féerique Slovaquie. Cette odyssée empreinte de mystère débute son épopée narrative à la fin du 19ème pour s’achever de nos jours. Mêlant histoire, légendes, secrets, intrigues et romance, ce roman aux multiples facettes m'a procuré un excellent moment d'évasion, tout comme les précédents ouvrages de cette auteure dont j'apprécie la plume inventive et parfois espiègle. (voir "Deux étés inoubliables" et "Rendez-vous à Orcival")
"L'or des Carpates" est le récit d'une palpitante chasse au trésor stimulante pour l'imagination, avec en bonus le conte "Fleur de Lune et Prince de cœur"* qui ravira les grands au cœur tendre comme les petits !

* Egalement paru aux Editions Charoumu et illustré par les élèves du CM2 de l'école d'Ebreuil (Allier).




Merci à  Simone Chanet-Munsch pour ce dépaysant moment de lecture.

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dimanche 25 novembre 2018

Taxi de Carlos Zanón

















Éditeur : Asphalte
Parution : 06/09/2018
Nombre de pages : 415
Traduction : Olivier Hamilton
Genre : littérature espagnole

L'auteur :


Carlos Zanón est né à Barcelone en 1966. Il est poète, romancier, scénariste et critique littéraire. Soudain trop tard, paru chez Asphalte en 2012, a remporté le prix Brigada 21 du meilleur premier roman noir. Il est également l'auteur de N'appelle pas à la maison (2014)  et J'ai été Johnny Thunders (2016). Ses livres ont été traduits et publiés aux Etats-Unis, en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Quatrième de couverture :

"Il faut qu'on parle", annonce un matin Lola à son mari Sandino, chauffeur de taxi. " Ce soir, à mon retour ", répond celui-ci, avant de se laisser absorber par la ville. Et il ne rentre pas, entamant une odyssée de sept jours et six nuits, travaillant sans relâche pour éviter cette discussion fatidique, car il le sait : sa femme, lasse de ses infidélités, veut le quitter. 
Sandino l'insomniaque parcourt Barcelone et les clients défilent, tous pénitents dans son taxi-confessionnal. Dans cette fuite vers l'avant, il tâche de venir en aide à sa collègue Sofía et à son ami Ahmed, mais ce faisant, c'est lui-même qu'il va mettre en danger. 
Avec ce roman total, Carlos Zanón montre de nouveau son pouvoir narratif en mettant en scène des personnages justes, complexes, humains.

Mon avis : 

« Qu'importe le miroir, seul compte le reflet.
L'impunité de mentir à un étranger. Ce n'est rien d'autre que l'art du mensonge pour le mensonge. Le chauffeur de taxi ne te crois pas, et toi, tu ne le crois pas non plus. La ville défile tout autour de toi, qui es enfermé dans ce bathyscaphe, derrière des vitres sur lesquelles défilent des fonds d'écran que tu connais par cœur, qui ne font plus partie de ta réalité et qui montrent toujours des endroits paumés.
Sandino veut croire que la plupart des choses qu'on lui raconte ou qu'il entend sont des mensonges. Il veut le croire. Parce ce que si c'est la vérité, alors c'est effrayant. »

Comment continuer à avancer quand on est désabusé par le morne quotidien d'une vie que l'on n'a pas choisi ? Sandino déteste conduire. Pourtant, il s'est retrouvé chauffeur de taxi tout comme son père et son frère avant lui, en dépit de ses rêves de grandeur. A cause de la crise. Pour gagner honnêtement sa vie à défaut de la vivre pleinement. Alors, pour s'offrir un peu de piment et d'évasion, Sandino multiplie les conquêtes féminines, quitte à se brûler les ailes au feu de passions éphémères qui ne sont pas du goût de sa légitime épouse. Arrive le jour où cette dernière lui dit : "Sandino, il faut qu'on parle". Inutile d'être fine mouche pour deviner ce que sa femme veut lui annoncer. Alors il prend la fuite. Ce récit nous raconte les sept jours d'errance pendant lesquelles il va multiplier les bourdes et s'enfoncer dans le pétrin, en voulant fuir la réalité et jouer les bons samaritains pour aider une collègue qui se trouve en fâcheuse posture après avoir essayé de berner des malfrats. Sandino va apprendre à ses dépens qu'il est dangereux de confondre la vie réelle avec un film de Tarantino...

Tout comme dans le féroce "N'appelle pas à la maison", Carlos Zanón nous entraîne dans l'univers trash et désespéré de losers invétérés qui cherchent en vain la lumière et la rédemption dans les bas-fonds de Barcelone. Fidèle à son style narratif percutant, sans fard ni fioritures, l'auteur nous livre une épopée urbaine plutôt bien rythmée qui oscille habilement entre action et réflexion. 
En bref, un très bon moment de lecture qui confirme ma première impression sur les écrits du señor Zanón : une savoureuse plume noire à suivre de très près...


 

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samedi 17 novembre 2018

Barré de François Clapeau




















Éditeur : Moissons noires
Parution : 13/11/2018
Nombre de pages : 240
Genre : thriller médical

L'auteur :















François Clapeau est journaliste, spécialisé dans le domaine de la santé, titulaire d’un Executive Master Gestion et Politiques de Santé à Sciences Po. Il a participé à l’écriture d’un guide de communication entre soignants. Après Damage Control et Playoffs, Barré est son troisième roman.

Quatrième de couverture : 


Un mouvement de paupière, un frottement de doigts, une simple ligne douloureusement tracée au feutre sur une ardoise… Des gestes rudimentaires devenus précieux. Foudroyé en pleine filature par le syndrome de Guillain-Barré, le lieutenant Donat Vigier est prisonnier d’un lit de réanimation. Il doit pourtant stopper l’errance meurtrière d’un inquiétant braqueur, alors qu’un autre danger le menace insidieusement jusqu’à la porte de sa chambre d‘hôpital. De la tension des urgences aux frasques des étudiants en médecine, il découvre un univers déroutant où il ne peut avoir confiance en personne, pas même en ses propres sens.

Mon avis :


« A-t-il rêvé cette visite ? A-t-il rêvé ce danger ? Pour la première fois depuis son arrivée à l’hôpital, il s'est senti menacé par autre chose que sa maladie. Il vient de prendre conscience de sa faiblesse. Il ne peut plus se défendre. Un sentiment de médiocrité, un vide immense. Ses lugubres réflexions reviennent, toujours accentuées par la nuit, dans un calme seulement troublé par la rumeur glaçante des machines. »


Alors qu'il est en planque avec une de ses collègues, le jeune lieutenant de police Donat Vigier se retrouve soudain privé de tout mouvement. Hospitalisé en urgence au service de réanimation du CHU de Limoges, ce dernier apprend qu'il a contracté le syndrome de Guillain-Barré, une maladie très invalidante qui paralyse les muscles et supprime les reflexes. Cloué à son lit d’hôpital et privé de l'usage de la parole, ce dernier ne peut communiquer qu'en écrivant péniblement quelques mots tracés au feutre sur une ardoise. Conservant toute son acuité intellectuelle malgré les drogues qu'on lui fait ingurgiter, le policier fait fonctionner ses neurones à plein régime, essayant d'aider ses collègues à résoudre une ténébreuse affaire de braquages dont la dernière attaque s'est soldée par un meurtre. En parallèle, un crime sanglant est commis dans le service où il est alité. Donat pressent qu'un danger imminent plane autour de lui et qu'il va devoir se méfier de tous s'il veut survivre...


Intrigue policière médicale sous haute tension, "Barré" nous plonge dans l'univers trépidant d'un service de réanimation en pleine ébullition. Cadences effrénées, surmenage, gestion émotionnelle du deuil, soirées étudiantes débridées... règlent le rythme de soignants  constamment sous pression qui vont devoir faire face à une menace encore plus sournoise que celles qu'ils affrontent déjà au quotidien. Ce polar au récit habilement noué tient ses promesses par la cohérence de son intrigue et ses personnages plutôt bien troussés. 
Les amateurs de Robin Cook devrait apprécier ce thriller médical à la sauce hexagonale qui ne manque pas d'adrénaline !




Merci à Babelio et aux éditions Moissons noires

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