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samedi 15 janvier 2022

Humoresques en Si de Didier Lafond

 













Éditeur : Mots en toile
Parution : 10/12/2020
Nombre de pages : 87
Genre : littérature québécoise

L'auteur :

Didier Lafond au salon du livre de Montréal 2021

















Germaniste de formation, Didier Lafond signe avec Humoresques en Si son premier roman. À l'âge de la retraite, l'auteur se consacre à ses passions : les langues, notamment le japonais et le piano jazz. 
Installé au Québec depuis près de 25 ans, il a vécu en France et en Allemagne où il a exercé les professions d'enseignant et de traducteur (français, allemand, anglais).

Quatrième de couverture :

Une à une, les notes Si disparaissent des partitions et des oeuvres musicales. La quête commence dans une ambiance onirique, aux confins du Grand Nord, se poursuit dans un Montréal aux pourtours diaphanes et se termine au Japon. Baignant dans la mythologie, la linguistique et la musicologie, ce conte fantastique est une invitation à la réflexion sur notre monde moderne.

Mon avis : 

« Il faudra une oeuvre régulière, précisa-t-il, apte à orienter le tout dans le bon axe. L'entrée dans le couloir temporel est toujours délicate. Mais mes calculs convergent : harmonie, rythme, mélodie, nous avons là la composition parfaite qui permettra une mise en orbite favorisant le passage des temps intermédiaires vers le couloir de l'entre-temps. »

Equarisseur de mots dans un laboratoire sémantique de Montréal, le narrateur de ce conte fantastique reçoit une invitation mystère pour se rendre dans le grand nord canadien. Ce dernier est reçu dans le plus grand secret par le Maître, qui n'est autre que le défunt pianiste Glenn Gould. Le brillant concertiste sollicite son aide pour une mission secrète de la plus haute importance. Il lui confie que les Si disparaissent progressivement des partitions, notamment dans les sonates pour piano comme la sonate en Si mineur de Liszt. Une disparition accompagnée d'un  étrange phénomène : plus les Si se volatilisent et plus le prix de l'or augmente en bourse. 
Pour mettre fin à cette hécatombe, notre relateur va parcourir l'espace-temps dans son vaisseau-piano du nom d'Apollon en compagnie de son amie Penta, aux incroyables mains de virtuose. Les deux voyageurs du temps vont vivre une aventure inoubliable, aussi magique que mouvementée, rencontrant les plus grands pianistes de l'histoire de la musique lors de leurs pérégrinations dans le temps. 
Des grandes villes d'Europe au Japon d'aujourd'hui, ce périple leur réservera bien des surprises. 
Arriveront-ils à mettre fin à l'épidémie qui ravage les Si ?

Roman atypique aux thèmes éclectiques, Humoresques en Si est une épopée fantastique aux tonalités musicales et philosophiques, flirtant avec la sémantique et la mythologie. Les mélomanes tout comme les néophytes qui s'intéressent à la musique classique, apprécieront les nombreuses anecdotes et références musicales qui viennent parsemer ce récit.
En toile de fond, ce roman nous interroge intelligemment sur la société de consommation, notre avidité toujours plus grande et il nous alerte sur les dangers de perdre notre patrimoine si nous n'en prenons pas plus grand soin. 
Un ovni littéraire aussi original que subtil !


Glenn Gould

Merci à Didier Lafond.
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dimanche 26 janvier 2020

Taqawan de Eric Plamondon




















Éditeur : Le livre de Poche
Parution : 27/02/2019
Nombre de pages : 224
Genre : littérature québécoise

L'auteur :















Né au Québec en 1969, Éric Plamondon a étudié le journalisme à l’université Laval et la littérature à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal). Il vit dans la région de Bordeaux depuis 1996 où il a longtemps travaillé en communication. Il a publié au Quartanier (Canada) la trilogie « 1984 » : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise, et Pomme S, publiée en France aux éditions Phébus. Il a fait paraître la novella Ristigouche (2013) et son dernier roman, Oyana, est paru aux éditions Quidam en 2019.

Quatrième de couverture : 


« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. » 11 juin 1981. Trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Émeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.

Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source… Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Mon avis : 


« Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir. Celui qu'on traite de bâtard toute sa vie pour lui signifier sa différence ne voit pas le monde du même œil que celui qui a connu son père. Quel monde pour un peuple qu'on traite de sauvages pendant quatre siècles ? »


Fortement intriguée par le titre de ce roman à la couverture déroutante, j'ai voulu rassasier ma curiosité et en savoir plus sur ce mystérieux "taqawan". 
L'intrigue du récit se déroule en Gaspésie, région où vit le peuple  mi'gmaq, une tribu amérindienne du Canada. Chez les mi'gmaq, le "taqawan" est un jeune saumon qui après un périple en mer rejoint pour la toute première fois les eaux douces qui furent son berceau. 
Un saumon qui sera source de discorde entre les autochtones et le gouvernement en juin 1981, quand trois cent policiers de la sûreté du Quebec envahiront la réserve de Restigouche pour saisir leurs filets afin de les contraindre à limiter leurs quotas de pêche. Cette "guerre du saumon" donnera lieu a de violents affrontements entre les amérindiens et les forces de l'ordre. 
C'est dans ce climat explosif que va se dérouler le drame tissé dans ce  sombre et passionnant récit. Suite au viol d'une jeune indienne, un garde-pêche démissionnaire, une institutrice française et un vieux mi'gmaq fuyant la société vont se retrouver piégés dans des eaux troubles en voulant porter secours à la jeune fille. Sortiront-ils tous indemnes d'un traquenard mortel qu'ils étaient à mille lieux d'imaginer ?

Roman patchwork à multiples tiroirs et facettes, "taqawan" est à la fois un récit politico-historique et une intrigue policière. La narration est entrecoupée de pauses revenant sur l'histoire de la colonisation des autochtones, les étapes de la vie d'un saumon mais également les dissensions politiques récurrentes entre la province et le gouvernement fédéral d'Ottawa. 
Mêlant fiction et faits authentiques, ce polar haletant et dérangeant  nous plonge avec autant d'effroi que de délices dans un récit qui rend hommage à la mémoire d'un peuple aux droits trop souvent bafoués. 
Mais qui sont réellement les sauvages ? A méditer...



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samedi 30 décembre 2017

Les infirmières de Notre-Dame, *Flavie de Marylène Pion




















Éditeur : De borée
Parution : 16/11/2017
Nombre de pages : 489
Genre : littérature québécoise 

L'auteure : 















Native de Granby au Quebec, Marylène Pion est titulaire d'un baccalauréat en enseignement de l'histoire. Sa passion pour la généalogie et l'histoire l'a poussée vers l'écriture de romans historiques. Elle est l'auteure de plusieurs sagas dont la série Flora, une femme parmi les patriotes (2 tomes) et Les Infirmières de Notre-Dame (en quatre volumes).

Quatrième de couverture : 


1936. Tandis que l'Europe assiste impuissante à la montée inéluctable du nazisme, Flavie Prévot, vingt-deux ans, intègre l'école d'infirmières de l'hôpital Notre-Dame de Montréal, un des plus importants établissements de santé du Canada. Mais ce rêve d'enfant sera bien vite tempéré par les religieuses, peu enthousiastes de voir leur influence diminuer au profit de l'émancipation des jeunes femmes, et par les médecins, plus désireux de multiplier les conquêtes que de tomber amoureux. Qu'importe. Flavie, idéaliste, n'a qu'un objectif : alléger la souffrance des patients. Elle se lie d'amitié avec Simone, une jeune orpheline réservée et sérieuse qui entend échapper au mariage et à la maternité. Tout le contraire d'Evelina, qui veut devenir infirmière pour épouser un médecin. Malgré leurs différences, les trois jeunes femmes vont nouer une indéfectible amitié.

Mon avis :


« - Toutes les qualités propres au genre féminin ne suffisent pas pour devenir infirmière. Votre patience, votre discipline et votre compassion seront mises à rude épreuve, mesdemoiselles. Car, devenir infirmière, aussi prestigieuse que la profession puisse paraître, demeure une affaire de vocation et d'amour du métier. »


Nous sommes dans le Québec de la fin des années 1930, Flavie Prévot se réjouit de quitter son village de campagne pour intégrer la prestigieuse école d'infirmières de Notre-Dame située à Montréal. Régenté par les Sœurs grises, l'établissement hospitalier est réputé pour l’excellence de son enseignement, mais également pour sa rigueur et sa sévérité. C'est donc avec une certaine appréhension que la jeune femme, bien que motivée et déterminée, rejoint les bancs de l'institution. Heureusement, une amitié va vite s'épanouir avec deux de ses camarades de chambrée. Aussi dissemblables que possible, de part leurs caractères et leurs origines, les trois jeunes femmes vont très vite devenir inséparables. Réussiront-elles toutes à surmonter les épreuves que leur réserve cette année décisive pour accéder au diplôme ? 

Premier tome d'une quadrilogie, Les infirmières de Notre-Dame nous raconte la première année riche en péripéties d'une élève-infirmière et de ses camarades de promotion. Difficultés, amitiés, amours, trahisons et coups bas seront le lot quotidien de cette poignée d'élues qui devront se battre pour conserver leur place jusqu'aux examens finaux. L'auteur nous décrit également une époque pas si lointaine où le monde hospitalier québécois était dominé par l'influence des religieuses, l'Église catholique occupant une place prépondérante dans la période qui précéda la Révolution tranquille (années 1960). Aspirant à l'émancipation, ces jeunes femmes devront lutter pour trouver leur place, écartelées entre tradition et modernité. 
Se déroulant dans un Montréal délicieusement rétro, cette réjouissante saga hospitalière devrait enchanter les amateurs du genre !  
  


Merci aux éditions De Borée

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samedi 14 mai 2016

Ceux qui restent de Marie Laberge




















Éditeur : Stock
Parution : 04/05/2016
Nombre de pages : 576
Genre : littérature québécoise

L'auteure :














Née en 1950 à Québec , Marie Laberge est est une dramaturge, une romancière, une comédienne et une metteur en scène québécoise. Elle est l'auteure de nombreux romans, dont la célèbre trilogie " Le Goût du bonheur".


Quatrième de couverture :

En avril 2000, Sylvain Côté s’enlève la vie, sans donner d’explications. Ce garçon disparaît et nul ne comprend. Sa femme Mélanie s’accroche férocement à leur ls Stéphane ; son père Vincent est parti se reconstruire près des arbres muets ; sa mère Muguette a laissé échapper le peu de vie qui lui restait. Seule la si remuante et désirable barmaid Charlène, sa maîtresse, continue de lui parler de sexe et d’amour depuis son comptoir. 

Ce n’est pas tant l’intrigue qui fait la puissance hypnotique du roman de Marie Laberge que ses personnages, qui parlent, se déchirent, s’esquivent et luttent dans une langue chahutée, turbulente, qui charrie les émotions et les larmes, atteignant le lecteur au cœur.

Mon avis: 


Sylvain s'est donné la mort avant d'atteindre ses trente ans. 
Nul mot d'explications pour ses proches. D'où un "Pourquoi" ?. Une question qui reste en suspens dans le cœur de ses proches... Quinze ans après le drame, ils se souviennent : Le père, l'épouse, la maîtresse... et Stéphane (le fils du défunt), qui avait cinq ans au moment du drame et qui est devenu un homme. Il a quitté le nid maternel et il a fait ses propres choix. Pourtant "Crénom de nom",  le passé va salement le rattraper, malgré les mensonges de sa mère et les silences de son entourage  ! 

Quand j'ai reçu ce livre et que je l'ai ouvert, je me suis dis : "- je ne vais pas arriver au bout. Presque 600 pages de confessions intimes, un menu  bien indigeste !..." Et voilà qu'une soixantaine de pages plus tard, je me suis finalement retrouvée mordue, scotchée par la curiosité d'en savoir plus. Maligne, l'auteure nous laisse retrouver notre souffle entre deux confessions, avec des passages relatés à la troisième personne, via un narrateur anonyme. Une construction narrative qui s'avère oxygénante pour le lecteur. Cette diablesse de Marie Laberge nous happe par ses mots, déroulant subtilement son fil d'ariane en mêlant les époques et les situations. Sans fards, ses personnages collent vraiment à la réalité. Un récit qui n'aborde pas que le thème du suicide. Cancer, maladie d'Alzheimer, amour toxique... Voilà un livre qui ouvre un questionnement sur beaucoup de fléaux de notre époque pour lesquels nous restons sans réponses et souvent démunis... 
Voilà longtemps que la lecture d'un livre ne m'avait pas émue au point de me tirer des larmes... Bravo Marie ! Je pense que vos personnages vont me hanter très longtemps ! 

Trois bonnes raisons de le lire :

- Pour les mots et les expressions québécoises, qui sont vraiment irrésistibles !
- Pour le message d'espoir pour ceux restent...
- Pour le plaisir de savourer la plume enchanteresse de Marie Laberge !



Merci à Pierre de Babelio et aux éditions Stock

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