Affichage des articles dont le libellé est humour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est humour. Afficher tous les articles

dimanche 26 juillet 2020

Dico d'un râleur à la machine à café de Christophe Tabard




















Éditeur : Christophe Tabard
Parution : 09/05/2020
Nombre de pages : 80
Genre : humour

L'auteur :












Né à Paris au siècle dernier, Christophe Tabard a d'abord commencé l'écriture dans le monde merveilleux de la bande-dessinée comme scénariste avant de s'orienter vers l'écriture pure en publiant son premier roman "La valse des nantis (sur un guéridon en bois)". Il prétend modestement faire réfléchir ses lecteurs et les inciter à penser par eux-mêmes. Il a également publié un recueil de nouvelles "La polka des mandibules" ainsi qu'une série de chroniques caustico-rigolotes "Dico d'un râleur à la machine à café".

Quatrième de couverture :


26 chroniques drôles et cyniques de la vie quotidienne saisies en roue libre à la machine à café. De la lettre A comme Attention mesdames et messieurs, dans un instant ça va commencer, à la lettre Z comme Zumba en passant par H de Hipsters ou M de Morpions, des réflexions instructives et amusantes sur le monde qui nous entoure.

Mon avis :


« Avant tout, qui sont ces gens qui s'habillent comme mon arrière grand-père quand il se faisait beau pour aller à la fête des moissons ou au marché aux bestiaux le dimanche ? Ce sont des petits malins qui étaient très laids et n'avaient aucune chance avec la gente féminine mais qui, grâce à un astucieux tour de passe-passe, sont parvenus à camoufler cette laideur derrière une tonne d'accessoires, le tout sous couvert de mode et de branchitude. Tout en nous faisant croire que, politiquement, ils étaient engagés et conscients. Chapeau ! »

Quel point commun peut-il y avoir entre les hipsters, Blanche Gardin, les extraterrestres, les coachs de vie et les japonais ? A priori aucun, si ce n'est qu'ils sont réunis dans ce recueil humoristique de Christophe Tabard. 
S'inspirant de propos supposément glanés autour de la machine à café, l'auteur nous livre un condensé de badinages et d'emportements éphémères et drolatiques de joyeux drilles qui ont besoin de relâcher la pression avant de retourner vaquer à leur labeur.
En joyeux trublion des mots, l'auteur s'amuse à donner des coups de griffes bien sentis sur le monde qui l'entoure, ainsi que sur les us et coutumes de ses congénères, que ce soit les peoples ou Mr et Mme Toulemonde. Et l'on peut dire qu'il met du cœur à l'ouvrage, le bougre ! 
C'est drôle, c'est acide, parfois provocateur et ambiguë... mais non dénué d'un fond de vérité !
En bref, voilà des billets d'humeur qui seront parfait pour vous dérider à la pause déjeuner et que vous pourrez parcourir dans l'ordre ou le désordre, comme vous le feriez pour consulter le dico !



Merci à Christophe Tabard
Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 26 septembre 2015

Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry
























Éditeur : Éditions noir sur blanc/Notabilia
Parution : 20/08/2015
Nombre de pages : 310
Genre : roman

L'auteure : 












Sophie Divry est née en 1979 à Montpellier et vit actuellement à Lyon. Après "La côte 400" (2010), "Journal d'un recommencement" (2013) et "La condition pavillonnaire  (2014), "Quand le diable sortit de la salle de bain" est son quatrième roman. 

Quatrième de couverture : 

Dans un petit studio mal chauffé de Lyon, Sophie, une jeune chômeuse, est empêtrée dans l’écriture de son roman. Elle survit entre petites combines et grosses faims. Certaines personnes vont avec bonté l’aider, tandis que son ami Hector, obsédé sexuel, et Lorchus, son démon personnel, vont lui rendre la vie plus compliquée encore. Difficile de ne pas céder à la folie quand s’enchaînent les péripéties les plus folles.
Après la mélancolie de La Condition pavillonnaire, Sophie Divry revient avec un roman improvisé, interruptif, rigolo, digressif, foutraque, intelligent, émouvant, qui, sur fond de gravité, en dit long sur notre époque.

Mon avis : 

"Salauds de radiateurs. 300 - 260 = 40. Affolé par cette simplissime et répétée soustraction, mon esprit essayait de nier l'évidence du résultat. Il recalculait sans cesse, espérant qu'apparaisse un autre nombre, afin d'éviter la question d'après : comment faire pour tenir dix jours avec quarante euros ?" Sophie la narratrice, journaliste et écrivaine, se trouve au bord de l'indigence quand débute la narration de ses mésaventures. Raide comme un passe-lacet, ce n'est pas quelques piges de temps à autre qui vont rehausser ses finances et la réconcilier avec son banquier. Chômeuse de longue durée, elle vivote avec la poignée d'euros que lui verse le Pôle Emploi au titre de l'ASS, une allocation dérisoire qui ne lui permet pas de boucler ses fins de mois une fois ses charges payées. Taraudée par le démon de la faim, elle rivalise d'astuces culinaires pour tromper son ventre. Alors, le risotto au bouillon-cube et les pâtes améliorées n'ont pas de secret pour elle. Hantée par ses idées noires et ses ruminations mentales, elle cherche en vain la solution qui va la sortir du bourbier dans lequel elle s'est enlisée. S'ensuit un long monologue intérieur, dans lequel Lorchus (son démon intérieur qui tente de la pousser à commettre de vilains méfaits) et sa mère (qui la sermonne et tente de la raisonner) se livrent une bataille acharnée. Que faire pour récolter quelques euros qui la feront tenir jusqu'au versement de sa prochaine allocation ? Revendre ses livres chez Gibert ? Voler le sac d'une petite vieille ? Demander un prêt social d'urgence à l'assistante sociale du CCAS ? Vendre du cannabis ? Céder à moindre prix ses maigres possessions ménagères sur leboncoin.fr ? 

Encore un des ces énièmes romans tristes comme un long jour sans pain et qui traitent de la misère et des aléas de l'existence ? Que nenni ! Sophie Divry, avec un humour et une verve irrésistible (pratiquement un éclat de rire à chaque page tournée), nous plonge dans l'univers affamé et déglingué d'une brodeuse de mots qui se nourrit de prose, faute de caler son estomac de nourritures terrestres ! Irrésistible de drôlerie, l'auteure nous régale en jonglant et en jouant avec les mots, dans un style narratif novateur et corrosif : "Ça parle, parle et reparle. Ça parle bis et parle ter. Ça parle forte, ça parle piano. Ça parle beau, ça parle bas. Ça parle, déparle et pseudo parle. Ça parle à bâtons rompus et ça parle à bon escient. Ça parle à mi-voix, ça parle à demi-mots. Ça parle d'abondance, ça parle dans le désert. Ça parle pointu, ça parle haut. Ah ! Qu'est-ce qu'ils parlent !"
Voilà voilà, que dire de plus ? Inutile de se perdre en bavardages stériles. Voici un petit livre rouge qui devrait peut-être nous inciter à plus de clémence envers les marmiteux qui tirent le diable par la queue !


Rendez-vous sur Hellocoton !