Le livre, un outil de liberté ?

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jeudi 18 août 2011

Horreur boréale d'Åsa Larsson

Éditeur : Folio Policier
Parution : 02/02/2011
Traduction : Philippe Bouquet
Nombre de pages : 390
Genre : Thriller

 L'auteure :


Åsa Larsson née en 1966 à Uppsala a grandi à Kiruna en Laponie, au nord du cercle polaire. Juriste de formation, elle a travaillé à l'office national des impôts. Elle vit actuellement à Mariefred avec sa famille et se consacre exclusivement à l'écriture. Horreur boréale, la première enquête de Rebecka Martinsson a été récompensée par le prix du Premier Roman policier suédois en 2003.

Quatrième de couverture :

Une ferveur religieuse sans précédent s'est emparée de la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, depuis que le charismatique Viktor Strandgârd, le Pèlerin du Paradis, a survécu à un terrible accident et est revenu d'entre les morts. Pourtant, un matin, il est retrouvé sauvagement assassiné et mutilé dans l'église de la Force originelle où il officiait. Sanna, la fragile soeur de Viktor, demande à son amie d'enfance, Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste à Stockholm, de venir la soutenir et l'aider à échapper aux soupçons de la police. Rebecka, aux prises avec son passé et menacée par les disciples de cette communauté religieuse qu'elle a fuie, doit prouver l'innocence de Sanna au nom d'une amitié depuis longtemps brisée...

Mon avis :

Un premier roman original du fait que l'intrigue se déroule au sein d'une communauté religieuse dans une petite ville minière de Laponie. L'auteure lève le voile sur ces Églises dites « libres » qui sont caractérisées par leur puritanisme et encore très présentes au sein d'un des pays les plus sécularisés au monde.
En plein "colloque sur le miracle", le pasteur Viktor Strandgârd, leader charismatique et pilier de la communauté de l'église de la Force Originelle est retrouvé assassiné. Son cadavre gît au au milieu de l'allée centrale, poignardé, les yeux crevés et les bras coupés, un assassinat qui ressemble fort à un meurtre rituel.
Les soupçons pèsent bien vite sur la soeur du pasteur qui a été la première à découvrir le corps.  Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste exerçant à Stocklolm et ancienne ouaille de la communauté est bien décidée à faire la lumière sur cet assassinat et aider son amie d'enfance. Elle va très vite se heurter à la haine et au rejet des fidèles de l'église, son retour dérange plus d'un membre de la communauté, ceux-ci ressentent son acharnement à découvrir la vérité et son retour inopiné comme une provocation...
L'un des intérêts de ce roman réside dans la richesse des descriptions de cette communauté rigide et hermétique vis-à-vis du monde extérieur, n'obéissant qu'à l'autorité suprême de la Parole de Dieu et vivant dans l'observance stricte des Écritures :

" Au cours des premières séances d'étude biblique, les avis du pasteur et des participants divergent. Les jeunes ne parviennent pas à comprendre. Pourquoi l'homosexualité est-elle un péché, la foi chrétienne la seule véridique ? Qu'arrivera-t-il aux musulmans, par exemple ? Iront-ils en enfer ? Pourquoi les relations sexuelles sont-elles proscrites avant le mariage ?
Thomas écoute et explique. Il faut choisir, déclare-t-il. Soit accepter l'intégralité de la bible, soit en sélectionner certains passages. Mais quel genre de foi est-ce là ? Elle perd ce qui faisait sa force et sa substance."

Ce thriller ne se caractérise pas par son action mais plutôt par son suspens psychologique. Comme ses aînés Henning Mankell ou Åke Edwardson, Åsa Larsson nous livre ici une réflexion sur la société suédoise actuelle avec ce qu'elle peut comporter d'aspects dérangeants et de contradictions.
En dépit d'une intrique un peu lente à démarrer, "Horreur boréale" reste un polar de très bonne facture, servi par une plume réaliste, quelques traits d'humour et des personnages qui faute d'être attachants sont très crédibles. Même si l'auteure a encore du chemin à faire avant d'égaler ses talentueux aînés, ce thriller reste tout de même une belle découverte.

Un extrait :

"- Si tu veux qu'on prie pour ton trousseau, on peut le faire, insista Sanna sans écarter le faisceau du visage de Rebecka. Mais ne te conduis pas comme si dieu était plus réceptif à mes prières et à celle de Curt qu'aux tiennes. Ne piétine pas le sang de Jésus.
- Je t'ai dit d'arrêter ça, siffla Rebecka en braquant à son tour sa lampe dans les yeux de Sanna.
Curt se tut et les examina.
- Curt ? demanda Sanna qui fixait sans broncher le faisceau aveuglant de Rebecka, tu crois que Dieu écoute tous les êtres humains avec la même attention ?
- Oh oui ! Il a l'ouïe fine. Mais sa volonté peut rencontrer des obstacles et Ses desseins ne pas être exaucés.
- Par exemple, si on ne vit pas selon Ses principes. Alors, Dieu ne peut pas intervenir de la  même manière ?
- En effet.
- Mais c'est une façon de mettre les actes au-dessus de la foi, s'exclama Sanna, désespérée. Dans un tel schéma, quelle place pour la grâce ? Et d'après toi, comment juge-t-Il l'idée de « la prière-et-la-lecture-de-la-bible-une-heure-par-jour-pour-une-foi-triomphante » ? Moi, je prie et je consulte la bible quand j'ai besoin de la présence de Dieu. Je voudrais qu'on m'aime ainsi. Pourquoi Dieu serait-Il différent ? Et puis l'idée de vivre selon Ses principes, c'est un des buts de l'existence, et non pas un moyen de toucher le jackpot au loto oecuménique."



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