Le livre, un outil de liberté ?

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dimanche 21 mai 2017

Seules les bêtes de Colin Niel




















Éditeur : Editions du Rouergue
Parution : 04/01/2017
Nombre de pages : 212
Genre : Polar

L'auteur : 



















Colin Niel, né à Clamart en 1976, est l'auteur de trois romans policiers situés en Guyane, "Les Hamacs de carton" (2012), "Ce qui reste en forêt" (2013) et "Obia"(2015). Il a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes et le Prix du récit de l’ailleurs (Saint Pierre et Miquelonen 2016, ainsi que le prix Landerneau du polar cette année, pour son tout dernier roman "Seules les bêtes" que je chronique ici.

Quatrième de couverture :


Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d'un sentier de randonnée qui fait l'ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n'ont aucune piste et que l'hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d'oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c'est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l'on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d'ici battent la chamade. Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n'arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d'une misère dans le cœur des hommes.


Mon avis :

« Comme quand t'es gamin et que tu te dis que le Causse c'est le plus bel endroit du monde sans voir ce futur qui se prépare, sans savoir que plus tard ces steppes sans fin tu pourras plus les regarder sans avoir envie de chialer. Et en moi j'ai senti revenir les nœuds de la solitude. »

L'hiver est diablement rude chez les caussenards. Entre la "tourmente" dont on craint les violentes bourrasques et la solitude qui broie le cœur des hommes, il faut avoir la peau dure. Lorsque la bourge locale disparaît lors d'une randonnée sur les hauts plateaux, tout le village est en ébullition et chacun y va de ses suppositions. Qu'est-il arrivé à Evelyne Ducat ? Disparition volontaire, accident ou meurtre ? Vous ne le saurez qu'après bien des détours, car l'auteur se plait à nous égarer sur des chemins de traverse avec beaucoup d'habilité, nous réservant un final vraiment ébouriffant ! 
Ce roman polyphonique donne la voix à cinq personnes venant d'horizons différents : une assistante sociale moins sage qu'elle n'y paraît, un paysan taiseux à deux doigts de se mettre une balle dans le buffet, une bimbo siliconée implorant Cupidon, un menteur patenté et un cocu moins niais qu'il n'en a l'air. L'auteur fait passer tout ce petit monde au confessionnal à tour de rôle, nous éclairant petit à petit sur la personnalité de chacun des protagonistes et sur les liens qui les relient. J'ai été vraiment bluffée par l'aptitude de Colin Niel à se glisser dans la peau de personnages aussi hétéroclites, mettant à jour leurs singularités respectives avec beaucoup d'aisance stylistique.
Vous avez envie de vous évader ? Voilà un polar rural qui devrait vous faire voyager vers des contrées beaucoup plus ensoleillées que les rudes terres du Causse, grâce à un habile tour de passe-passe littéraire ! 


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