Le livre, un outil de liberté ?

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mercredi 27 avril 2016

Un endroit discret de Seichô Matsumoto




















Éditeur : Babel noir
Parution : 08/09/2012
Traduction : Rose-Marie Makino et Yukari Kometani
Nombre de pages : 214
Genre : littérature japonaise

L'auteur :





















Seichō Matsumoto est un auteur japonais de romans policiers né en 1909 à Kitakyūshū et décédé en 1992. Un George Simenon à la japonaise, qui est l'auteur de plus de 450 livres ! Il a été le président du Mystery Writers of Japan de 1963 à 1971.

Quatrième de couverture :


Tsuneo Asai est en mission à Kôbe pour le compte du ministère de l'Agriculture lorsqu'il reçoit un coup de téléphone : son épouse est morte quelques heures plus tôt. Elle a succombé à une crise cardiaque tandis qu'elle se trouvait dans un magasin. Sous le choc, il décide de rentrer à Tôkyô par le premier train. Eiko avait le coeur fragile, il le savait, et la nouvelle de son décès ne l'a surpris qu'à demi. Les circonstances de sa mort, en revanche, ne laissent pas de l'étonner. Comment cette épouse docile, au caractère réservé, avec laquelle il menait une vie calme et sobre, qui ne s'absentait de la maison que deux ou trois après-midi par semaine pour aller à ses réunions de haïku, a-t-elle pu mourir dans une curieuse petite boutique de cosmétiques, dans un quartier où elle n'aurait jamais dû mettre les pieds ?
Quelques jours plus tard, il décide d'aller s'excuser auprès de la commerçante de la gêne occasionnée. Il découvre alors, non loin de là, la villa Tachibana, une maison de rendez-vous. Son trouble grandit. Peu à peu, d'infimes détails, de curieux haïkus publiés à la mémoire de son épouse dans la revue de son cercle littéraire, les confidences du personnel des "villas" sur les couples illégitimes qui les fréquentent, le convainquent que sa femme menait une double vie... 
Dans ce roman écrit au début des années 1970, Seichô Matsumoto traque de l'intérieur un fonctionnaire appliqué brusquement débordé par un événement inattendu. Ce faisant, il nous donne à voir une société japonaise profondément ambivalente, à la fois pétrie de conventions et complice de ceux qui les ignorent.

Mon avis : 

Tsuneo Asai est gêné, et même très gêné. Il doit quitter le repas qu'il partageait avec une geisha et son directeur, le chef de cabinet Shiraishi, car on vient de lui annoncer le décès de son épouse. Mais que faisait donc Eiko dans ce quartier reculé de Tokyo où elle vient de passer de vie à trépas, victime d'un incident cardiaque ? 
Asai veut comprendre. Pas par désespoir d'avoir perdu sa femme, mais plutôt parce qu'il est quelqu'un de méticuleux et qu'en bon fonctionnaire, il aime aller au bout des choses  et ne lésine pas sur les moyens d'atteindre ses objectifs. Alors, il embauche un détective pour enquêter sur la vie de cette épouse dont il n'a pas fait grand cas de son vivant, car il s'intéressait alors principalement à sa carrière. Et des découvertes, il va en faire ! Jusqu'à la confrontation avec l'amant de sa femme qui va tourner au drame...

Ecrit au début des années 1970, voilà un polar intemporel, cérébral et à l'écriture ciselée, qui vaut vraiment le détour. Orfèvre du détail, Seichō Matsumoto dissèque à la loupe la quête d'un homme froid, intelligent et déterminé. Un homme pour qui la vie n'est que rationalité, sacrifices et multiples courbettes à qui pourrait servir ses intérêts. Une ambition démesurée qui finira par le perdre !

Trois bonnes raisons de vous le procurer :

- Pour cette immersion dans la culture japonaise avec ses règles de politesse incontournables.
- Pour l'intrigue sombre et allant crescendo, ainsi que la psychologie aiguisée des personnages (ce n'est pas pour rien que cet auteur est surnommé le Simenon japonais).
- Pour son intrigante couverture, illustrant à merveille la dualité des personnages centraux de ce roman !

Un extrait :

"Mais il n'était pas pour autant tout à fait tranquille. Il lui arrivait soudain d'être frappé par la perspective d'être un meurtrier. Une pensée qui lui donnait des sueurs froides. Non par conscience morale de son crime, mais par peur de la catastrophe lorsqu'il serait découvert. Cela ressemblait à la peur du vide, et il avait parfois envie de hurler. C'était brutal, comme des crampes d'estomac. Et comme pour les crampes d'estomac, dès que la douleur disparaissait il oubliait tout et revenait à son quotidien."



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