Le livre, un outil de liberté ?

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dimanche 10 juillet 2011

La verticale du fou de Fabio M. Mitchelli






















Editeur : Ex Aequo
Parution : 11/02/2011
Nombre de pages : 77
Genre : Thriller fantastique

L'auteur :







 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Fabio M. Mitchelli est né le 30 septembre 1973, à Vienne en Isère. Après avoir suivi un cursus jazz à L’A.I.M.R.A. (Association pour l'information musicale Rhône-Alpes), à Lyon, il évoluera sur la scène musicale pendant près de dix ans en tant que saxophoniste. Il se consacre aujourd'hui  à l'écriture de thrillers fantastiques. En 2011 paraissent "La verticale du fou," son premier roman, suivi très rapidement de Tueurs au sommet, en mars 2011,  publiés tous deux aux éditions Ex Æquo.
 
Quatrième de couverture :

Clarisse est morte.
Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s'affaire sur la scène de crime de son propre meurtre. Dans cet état d'exo-conscience, elle fait alors un come-back sur sa vie passée et réalise l'être qu'elle à été : suffisante, égocentrique et dépravée. Dans une affliction particulière, dérangeante, elle revoit les instants de son enfance, de son adolescence et, au cœur de ce travelling spirituel, elle prend conscience des brutalités qu'elle a infligées à son être et du mépris qu'elle ressentait pour les autres. Peu à peu, Clarisse prend également conscience de la véritable beauté humaine. Elle va vivre ses derniers instants post-mortem dans une bien particulière situation : celle de refaire à l'envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de pouvoir expier ses péchés de luxure et confondre son propre meurtrier. Chris, le jeune lieutenant de police affecté sur cet homicide, va se retrouver lui aussi face à une situation qui le dépasse : la femme qu'il aimait, celle pour qui sa vie allait basculer, se trouve sous ses yeux, atrocement mutilée. Peu avant sa mort, Clarisse qui avait consommé une relation enflammée avec le jeune flic, avait remis toute sa vie en question, prête à sacrifier les fondations de son arrogante existence, prête à bousculer sa petite vie bien rangée.
Dans une atmosphère étrange, plusieurs destins vont alors se croiser. Une sordide affaire criminelle jamais élucidée va également ressurgir en parallèle, révélant toute la noirceur de la folie humaine et l'infini de ses troubles…

Mon avis :

Clarisse est morte depuis cinq jours, pourtant c'est elle qui va nous raconter sa tragédie, nous narrer l'enchaînement d'événements qui l'ont conduite à se retrouver morte dans un bois, son corps pourrissant, à la merci des bêtes sauvages.
Clarisse voulait donner un nouvel élan à sa vie, se donner une chance de sortir d'un monde de futilité, mais elle va se retrouver sur la table de la morgue sans chances de rédemption. Par flashbacks elle nous raconte ce qui la conduira vers une destinée des plus tragiques en remontant les heures, les pièces du puzzle se remettent en place petit à petit, au fil du récit !
Un thriller fantastique certes, mais aussi en arrière plan une réflexion sur "l'être et le paraître"qui gangrène nos sociétés modernes comme le souligne ce passage :
" C'est à cet instant là qu'il me fut possible de saisir l'importance de la vie, le respect de son être, de son corps, mais pas au sens exhibitionniste, seulement au sens humain. Je prenais conscience que les générations contemporaines s'abreuvaient d'images sur papier glacé, se complaisaient à calquer un fac-similé de poupées siliconées, couchées sur les photos retouchées de magazines en vogue. Toute une masse humaine interrogeait son miroir pour savoir si toujours il était question d'être au top niveau. A l'heure ou le paraître prédominait sur l'importance d'une spiritualité qui s'éteignait, l'être humain avait perdu ses repères et avançait dans un brouillard de strass, un inconscient collectif, une brume faussement dorée qui gargarisait des générations fantômes , conditionnées par le pouvoir et le désir du supra-esthétisme".
Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié cette lecture ! Un seul bémol peut-être, la brièveté du texte, j'aurais aimé passer quelques heures de lecture en plus dans l'univers de Fabio M. Mitchelli. Une écriture de qualité, limpide et sensible, un vrai bonheur de lecture !

Un extrait :

" J'étais froide.
J'étais froide car j'étais morte. J'étais morte depuis voilà cinq jours. Mon corps rigide abandonné aux fantaisies climatiques du coeur de cette épaisse forêt, donné en pâture à quelques bêtes sauvages qui n'avaient pas hésité à faire de moi un repas copieux et festif, se dégradait lentement en liquéfiant peu à peu mes chairs malodorantes. La petite famille de sangliers avait d'instinct compris quel était l'avantage d'avoir débusqué un corps sanglant deux jours plus tôt...
Je me trouvais dans l'enfer de Dante, en proie à une divine comédie dont j'étais la seule actrice, forcée à jouer un rôle que j'avais refusé depuis toujours. Je me situais à ce moment où Dante est égaré en forêt, cherchant une branche pour la fête des rameaux. Cet instant où approchent très silencieusement la louve, le lion et le léopard, qui comme beaucoup le savent, représentent une trinité malsaine de péchés capitaux : la luxure, l'orgueil et l'avarice."



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