Le livre, un outil de liberté ?

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samedi 18 février 2017

Trois saisons d'orage de Cécile Coulon




















Éditeur : Viviane Hamy
Parution : 05/01/2017
Nombre de pages : 263
Genre : littérature française 

L'auteure : 





















Cécile Coulon est née en 1990 à Clermont-Ferrand. Après des études en hypokhâgne et khâgne dans sa ville de naissance, l'écrivaine poursuit des études de lettres modernes. Elle est l'auteure de : "Le Roi n’a pas sommeil" (2012, couronné Prix Mauvais Genres France Culture / Le Nouvel Observateur la même année), "Le Rire du grand blessé" (2013) et "Le Cœur du Pélican" (2015).

Quatrième de couverture : 

Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d'un pays qui s'en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d'une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L'histoire d'André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu'il en reste.Trois générations confrontées à l'Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature. 
Saga portée par la fureur et la passion, Trois saisons d'orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, " forteresse de falaises réputée infranchissable ", où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s'étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n'y peuvent rien ; mais ils l'acceptent, car le reste du temps, elles sont l'antichambre du paradis.

Mon avis : 

Les Fontaines.
Je vous parle d'un endroit qui est mort mille fois avant mon arrivée, qui mourra mille fois encore après mon départ, d'un lieu humide et brumeux, couvert de terre, de pierre, d'eau et d'herbe. Je vous parle d'un endroit qui a vu des hommes suffoquer, des enfants naître, d'un lieu qui leur survivra, jusqu'à la fin, s'il y en a une.

Au cœur des "Trois-gueules" se niche le village "Les fontaines". Un bourg qui vit de la pierre, précieux granit exploité par les Frères Charrier, le gagne-pain des "fourmis blanches" qui vivent de l'extraction de ce trésor minéral. Ce hameau qui vit en autarcie va accueillir André en son sein, comme un fils. Médecin venu de Lyon, ce dernier totalement envoûté par le village et ses habitants décide d'y poser définitivement ses valises. Père de Benedict, un enfant de la ville issu d'une liaison de jeunesse et dont la mère lui a confié la garde, André est un des piliers de la bourgade avec le maire et le curé, celui sur qui les quelques âmes que compte le village peuvent se reposer en toute quiétude. Dans la digne lignée de son géniteur, Bénédict devient à son tour l'omnipraticien indispensable "des Fontaines", celui que l'on appelle dans la crainte et sur lequel on se repose après la tempête. Époux d’Agnès, maîtresse-femme et mère de sa fille Bérengère, ce dernier va savourer de nombreuses années de bonheur jusqu'au jour où les forces destructrices des "Trois-gueules" vont se déployer, brisant les volontés extérieures et cherchant à asseoir leur suprématie sur les mortels !

L'Homme est-il un greffon maudit aux yeux des dieux facétieux ? Un élément extérieur insultant, semblant les bafouer par sa présence imposante et asphyxiante d'individu chronophage ? Ce roman est un hymne à la nature qui se déroule sur trois générations, nous brossant le portrait de personnages ambitieux qui vont oublier leur capacité de discernement pour mieux se laisser engloutir par leurs passions, au risque de voir sombrer leurs vies dans la déraison... D'une écriture presque classique et à la narration envoûtante, Cécile Coulon nous immerge dans un monde de beauté et de cruauté, au cœur d'un village situé hors du temps ! 
Envie de d'affronter les dieux le temps d'une lecture ? "Trois saisons d'orage" devrait vous aider à relever le défi !

Maternité (Eugène Carrière, 1890)
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4 commentaires:

  1. Je ne suis pas sûre de trouver l'écriture si classique que ça mais je suis contente que tu l'aies toi aussi aimé.
    Je ne suis pas sûre non plus d'avoir envie d'affronter les dieux ;-).

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  2. Une belle découverte qui me donne envie de découvrir les autres romans de l'auteure !

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  3. Ton article me donne envie de m'y plonger ! Je note ! Merci...

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