Le livre, un outil de liberté ?

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samedi 21 avril 2012

La librairie des ombres de Mikkel Birkegaard






















Editeur : Fleuve Noir 
Traduction: Inès Jorgensen
Parution : 11/02/2010
Nombre de pages : 508
Genre : Littérature danoise


L'auteur :



Mikkel Birkegaard est né au Danemark en 1968, il est ingénieur informaticien de profession et vit à Copenhague. "La librairie des ombres" est son premier roman.


Quatrième de couverture :

A Copenhague, Luca, propriétaire d'une librairie, décède brusquement. Son fils, Jon, avec qui il a rompu tout contact depuis vingt ans, en hérite. Il découvre alors que son père était à la tête d'une société secrète de lettore, des personnes dotées de pouvoirs exceptionnels permettant d'influencer la lecture des autres mais aussi de les manipuler jusqu'au meurtre. Très vite, l'évidence s'impose : la mort de Luca n'a rien de naturel. Y a-t-il un traître parmi les membres de cette mystérieuse communauté ? Déterminé à venger son père, Jon se lance dans une quête à haut risque, dans un monde où les livres ont le pouvoir de vie et de mort.


Mon avis :

Voilà un roman qui avait tout pour me séduire : Un polar mâtiné de fantastique, le thème de l'intrigue  basé sur des livres aux pouvoirs mystérieux  avec en note de fond, la promesse de dépaysement dans le plus petit royaume des pays scandinaves. Malheureusement, le charme n'a pas agit et cette lecture ne m'a pas vraiment convaincue !

Le récit débute sur la mort subite de Luca, un vieux libraire amoureux de ses livres, terrassé par un arrêt cardiaque en pleine lecture. Son fils Jon, un brillant avocat, va hériter de la vieille librairie paternelle et du secret qu'elle renferme. Il va découvrir que son père était en fait le doyen des "lettore", une société secrète formée d'individus dotés de pouvoirs particuliers, activés par une simple lecture. Ses rangs sont formés des émetteurs qui détiennent la capacité de réussir à manipuler leur auditoire par une simple lecture  à voix haute, et des récepteurs qui peuvent pénétrer l'esprit et entendre un texte lu par n'importe quel lecteur situé dans leur périphérie. La confrérie agissait dans l'ombre pour le bien de la communauté et Luca soupçonnait fortement l'existence d'une société rivale aux noirs desseins : "l'organisation de l'ombre". Les membres des "lettore" ne croient pas à la mort accidentelle du vieux libraire. Jon qui a hérité des pouvoirs de son père, est chargé de reprendre le flambeau.
Son père est-il mort de causes naturelles ou a-t-il été assassiné ? Cette faction rivale qui pourrait se révéler redoutable pour l'humanité, existe-t-elle réellement ou est-elle seulement issue du fruit de l'imagination d'une poignée d'illuminés ?

 Je suis ressortie frustrée de cette lecture, comme spoliée par ce récit qui m'a paru trop prévisible et sans réelle consistance, même si je reconnais que l'auteur possède d'indéniables qualités dans son style d'écriture. Les personnages falots, froids comme la banquise  ne m'ont nullement convaincue et j'avoue, fait rarissime, avoir eu du mal à arriver à bout de ce pavé !
Si je suis aussi sévère dans mes propos,  c'est certainement parce que j'ai ces dernières années, découvert et savouré de véritables perles dans le domaine de la littérature scandinave. Avoir lu des auteurs comme Henning Mankell ou Arnaldur Indridason, pour ne citer qu'eux, a certainement renforcé mes critères d'exigence en matière de polars nordiques ! Cependant, si dans mon cas la magie n'était pas au rendez-vous, je ne souhaite nullement vous décourager de cette lecture, peut-être n'en sera-t'il pas de même pour vous !

Un extrait :

"Il avait à peine commencé à potasser les comptes rendus de procès et d'interrogatoires quand l'homme à la Porter se mit à s'agiter et à émettre des grognements d'insatisfaction. Jon leva les yeux et leurs regards se rencontrèrent. Visiblement, il n'en était pas à sa première Porter. Ses yeux étaient voilés et injectés de sang.
Jon détourna le visage, but une gorgée de bière et repris son travail.
- Dis doc, tu crois que c'est une salle de lecture, ici ?
Surpris, Jon regarda l'homme à la Porter qui, de l'index, faisait clairement savoir qu'il s'adressait à lui.
- Je t’ai demandé si tu croyais que c’était une salle de lecture ?
- Non, bien sûr que non, répondit Jon un peu désarçonné. Mais ça ne gêne personne, je pense, tant que je ne lis pas à voix haute, non ?
Jon sourit aimablement.
- Si, justement, s’exclama l’homme en posant son index sur la table. La lecture peut-être gênante, je dirais même dangereuse. (Il leva sa bouteille mais s’arrêta au milieu de son geste.) Et pas seulement pour ceux qui lisent, aussi pour ceux qui sont à proximité… la lecture passive, c’est pas une blague.
L’homme à la Porter monta le goulot à ses lèvres et, incapable de savoir quelle réponse le satisferait, Jon fit de même avec son verre.
- Imagine si tout le monde autour de toi lisait sans modération, poursuivit l’homme après avoir reposé brutalement sa bouteille sur la table. Les mots et les phrases voleraient comme des flocons de neige dans la tempête. (L’homme leva les mains et les agita en battant le vide.) Ils s’emmêleraient, se colleraient en phrases incompréhensibles, se sépareraient pour se réunir en mots et paragraphes à te rendre dingue, parce que t’essayerais de trouver un sens là où il n’y en a pas.
- Ça ne m’est jamais arrivé, hasarda Jon.




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2 commentaires:

  1. Je t'avoue que, comme mon Chéri a aussi été très déçu pas ce roman, j'ai de moins en moins envie de me plonger dedans... Quelle déception !
    Mais, je me connais, la curiosité finira probablement par l'emporter ;-) ...

    Un beau dimanche à toi !!!

    *

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  2. Dommage, l'idée de base était excellente et ça aurait pu donner naissance à un excellent roman ! Bonne semaine Anne-Laure :)

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