Le livre, un outil de liberté ?

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mercredi 19 décembre 2012

Une place à prendre de J.K. Rowling


Editeur : Grasset
Parution : 28/09/2012
Traduction : Pierre Demarty
Nombre de pages : 680
Genre : littérature anglo-américaine

L'auteure :


















J.K. Rowling est née à Yate en 1965. Elle est l'auteure de la série "Harry Potter" qui a été traduite dans le monde entier.

Quatrième de couverture :

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre...
Comédie de moeurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

Mon avis :

« Je suis de Pagford, déclarait-il aux touristes estivaliers. Un Pagfordien pur sucre ! Déguisé en lieu commun, c'était le plus beau compliment qu'il puisse se faire à lui-même. » 
Quelle charmante bourgade que Pagford avec ses rues luisantes de propreté et ses façades fleuries toute l'année. Un vrai village de carte postale, tout du moins en apparence, car la révolte gronde au sein du conseil paroissial. Certains Pagfordiens aimeraient bien se débarrasser d'une tutelle encombrante, celle de la cité des Champs et de sa vermine d'assistés sociaux qui à leur grand désespoir, fait tâche au milieu du paysage !
Une place à prendre nous relate les querelles de clochers qui font rage entre les habitants de la commune suite au décès du conseiller Barry Fairbrother, un élu dont le siège suscite la convoitise de ses plus farouches adversaires. Ces derniers voient là une occasion inespérée de renvoyer les Champs dans le giron de Yarvil, la commune voisine !

Le roman s'ouvre sur le trépas de Barry Fairbrother. Détesté par les uns et adulé par les autres, la mort de cet élu ne laisse personne indifférent dans la bourgade car il représente le symbole de la réussite, celui qui a traversé les Champs pour gagner la rive dorée de Pagford. La première partie du roman nous relate les sept jours qui suivent la disparition de Barry jusqu'à son enterrement et permet de nous faire découvrir les lieux et les personnages qui peuplent ce roman, car il y en à pléthore et il n'est pas toujours aisé de se retrouver au milieu de cette foultitude. Véritable catalyseur, ce décès va permettre de mettre en lumière les jalousies, les bassesses et les haines viscérales que se portent certains Pagfordiens. L'auteure nous dresse un portrait au vitriol de ce microcosme de la société et nous brosse le portrait de personnages hauts en couleurs, des plus attachants aux plus répugnants qui soit. Du commerçant prospère à l'adolescente désespérée qui pratique l'auto-mutilation, de l'employé véreux à la junkie dévastée par la drogue et la misère sociale, de la doctoresse pakistanaise victime du racisme au proviseur adjoint du lycée dévoré par les T.O.C, les différents protagonistes de ce récit sont décrits sans complaisance et avec beaucoup de minutie. Un mystérieux corbeau va venir semer la zizanie, mettant à jours les vices, turpitudes et autres vilenies des différents postulants au trône. On découvre alors des secrets bien gardés et la véritable nature de certains va se révéler au grand jour quand ils seront confrontés à des événements parfois dramatiques. Tous tremblent et en prennent pour leur grade. Qui remportera la bataille, des Champs sur Pagford ? Je vous laisse le soin de le découvrir en vous plongeant dans Une place à prendre.

J'avoue que j'étais très intriguée de découvrir le nouveau virage pris par la génitrice d'Harry Potter, raison pour laquelle j'ai choisi ce roman sans hésiter, parmi la sélection proposée par Priceminister dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire. Une curiosité qui n'a pas été déçue. Déclinée en sept parties, l'intrigue est un peu longue à se mettre en place et j'avoue qu'au départ, j'ai parfois eu du mal à me situer au milieu de tous ces protagonistes. Cependant, une fois familiarisée avec le contexte et les personnages, je me suis plongée avec délectation dans ce pavé dont la trame se révélait de plus en plus prenante au fil des pages. Loin du roman pour jeunes adolescents, J.K. Rowling ne donne pas dans la guimauve avec ce nouvel opus. À certains moments, elle n'hésite d'ailleurs pas à utiliser un langage fleuri pour venir appuyer et donner du relief à ses personnages. Les dialogues croustillants, les situations épiques et la richesses des détails nous permettent de visualiser les scènes avec beaucoup de facilité et de faire travailler à fond notre imaginaire. De plus, cerise sur le gâteau, ce roman nous révèle une fin des plus inattendues, une issue que j'étais à mille lieux d'imaginer ! Si tout comme moi, vous êtes poussés par la curiosité de découvrir J.K. Rowling dans un autre registre littéraire, n'hésitez pas à faire une halte à Pagford, le voyage en vaut le détour !

Ma note : 16/20

Un extrait :

Pagford laissa éclater sa fureur. Les champs de Sweetlove avaient de tout temps contribué en grande part à protéger le village de la prolifération urbaine ; à présent les frontières immémoriales de la paroisse étaient mises en péril par le débarquement imminent d'une horde affamée de Yarvillois. Réunions publiques houleuses, lettres incendiaires au journal et au conseil de Yarvil, doléances en tout genre déposées par les citoyens auprès des autorités - rien n'y fit ; rien ne pouvait endiguer la lame de fond qui allait s'abattre sur Pagford.
Les logements sociaux se remirent à pulluler, mais avec un petit changement. Au cours de la brève accalmie immobilière qui avait suivi la construction de la première cité, la commune avait réalisé qu'on pouvait bâtir moins cher. Ce ne fut plus de la brique rouge qui surgit du sol, cette fois, mais du béton moulé dans des structures en acier. Cette nouvelle cité fut baptisée « les Champs », du nom du vieux domaine sur lequel elle avait été construite, et se distinguait de sa grande soeur, la cité Cantermill, par l'infériorité de ses matériaux et de sa conception.
C'est dans l'une de ses résidences des Champs dont, à la fin des années 1960, le béton commençait déjà à se fissurer et l'acier à se voiler, qu'était né Barry Fairbrother.




Je remercie Priceminister et les Éditions Grasset pour ce livre reçu dans le cadre de l'opération des matchs de la rentrée littéraire 2012.


 

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2 commentaires:

  1. Tu attises ma curiosité en m'annonçant une fin inattendue car j'avoue que ces querelles de clocher commencent à me lasser. Je vais donc poursuivre ma lecture

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  2. Bien curieuse de connaître ton avis !

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