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samedi 1 février 2025

Le marcheur vertical de Pierre Yves Lador

 











Éditeur : Olivier Morattel Éditeur
Parution : 10/10/2024
Nombre de pages : 210
Genre : essai

L'auteur :



















Le marcheur vertical est le trente et unième ouvrage publié par Pierre Yves Lador en un demi-siècle et probablement son livre le plus philosophique.

Quatrième de couverture :

Si le développement personnel fut une bonne invention, ses applications contemporaines sont calamiteuses, car sous pressions multiples. Marchandisation, recettes édulcorées, picorage et butinage effervescents, tourisme généralisé chez les faux-maîtres, égocentrisme stérilisant, impatience forcenée, frustrations dues à l'absence de résultats, fébrilité générale dans l'absorption frénétique de tisanes, potions et confitures magiques. Ici, l'écrivain Pierre Yves Lador, le moins célèbre des plus grands écrivains suisses, au contraire, cherche la profondeur, la hauteur, la lenteur, dans l'ordinaire, le local, accepte la pesanteur, la gravitation, la fatigue et les modifications de ses états de conscience. Il marche, écrit, aime et advient ce qui advient. Il n'attend rien et croise l'escargot.

Son texte grimpe dans les forêts de la montagne et sinue dans son cerveau, qui se répondent, hantés réciproquement et constituent un univers parallèle baptisé nature et surnature, fait de plantes, de rocs, d'animaux, d'arbres et d'une sorte de tissu énergétique mystérieux, qu'on nomme parfois âme.

Mon avis :

“Il faut rester dans l'unique, le particulier, le singulier et s'y concentrer. L'universel devrait rester innommable. Tenter de l'incarner c'est le relativiser ou le dogmatiser.” 

Marcher et écrire, deux activités bien distinctes ? Pas si sûr selon l'écrivain-essayiste Pierre Yves Lador. Dans ce réquisitoire qui fustige le développement personnel avec ses pièges et dérives, l'auteur croque notre époque avec une bonne dose d'humour, d'impertinence et de nonchalance. 
Avec Pierre Yves Lador, oubliez vos baskets et chaussez vos sandales, laissez respirer vos pieds comme votre esprit. Adieu les termes de score et de performance, oubliez votre compteur de pas et remisez votre téléphone. 
Apprenez à savourer la lenteur lors de vos déambulations de promeneur penseur, de lecteur ou d'auteur. N'ayez pas peur de revenir sur vos pas ou vos idées si vous le désirez. Pas de règles, de chronomètres ou de limites imposées. Délectez-vous de votre liberté retrouvée !
Lire cet essai de Pierre Yves Lador c'est un peu comme partir en vacances hors des sentiers battus. Le lecteur chemine en compagnie de l'auteur, et au détour de flâneries non linéaires, ce dernier a tout loisir de butiner parmi les descriptions bucoliques, les pensées foisonnantes, les anecdotes amusantes ou les idées virevoltantes. 
Ouvrage inclassable et singulier, "Le marcheur vertical" peut se lire chapitre après chapitre ou dans le désordre ; au coin du feu, sous la vigne ou à l'ombre d'un pommier ; le temps d'une soirée ou le temps d'un été… comme il vous plaira !
 



Merci aux Éditions Oliver Morattel.

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dimanche 21 août 2022

Les enfants des riches de Wu Xiaole

 













Éditeur : Rivages
Date de parution : 04/05/2022 
Nombre de pages : 304
Traduction : Lucie Modde
Genre : Littérature taïwanaise 

L'auteure :

Wu Xiaole est née en 1989 Taïwan. Nourrie de son expérience comme professeure à domicile, son premier roman Les enfants des riches, a connu un succès retentissant

Quatrième de couverture :

Jeune Taïwanaise aux origines modestes, Chen Yunxian veut le meilleur pour son fils. Mais dans une société où la compétition s'engage dès le plus jeune âge au sein d'un système éducatif hyper hiérarchisé, le moindre choix remet en jeu sa mission de mère parfaite.
Au gré d'amitiés inattendues avec la famille du patron de son mari, elle entrevoit pourtant un monde où tout semble plus facile et se laisse bientôt séduire par une alliance douteuse, exigeant une abnégation totale et de cruelles contreparties.
Acide et efficace, Les Enfants des riches est une plongée dans la trouble psyché d'une femme sous haute (auto)surveillance, prise dans le fol engrenage de son obsession de réussite. Un vertigineux miroir du règne de la performance.

Mon avis :

« Comme Jack dans Titanic, elle avait pensé rallier un nouveau continent merveilleux, sans envisager la possibilité d'un naufrage. Malheureusement, les cabines du bas étaient toujours les premières sur la liste des sacrifiés. »

Issue d'un milieu modeste, Chen Yunxian rêve de gravir les échelons sociaux. Malheureusement, la promotion tant attendue par son époux peine à venir. Les postes convoités par son mari Dingguo, finissent toujours par être attribués à des collègues souvent moins méritants mais pistonnés. Alors quand le couple est invité à la fête d'anniversaire du fils de l'employeur de son mari, la jeune femme pense que la chance a enfin tourné en leur faveur. Pas d'avancement pour le jeune papa, mais une proposition aussi curieuse qu'alléchante qu'il ne peut refuser. 
Son patron propose de financer les études de leur jeune fils qui s'est lié d'amitié avec son enfant du même âge. Les deux garçons vont intégrer une prestigieuse école qui forme l'élite de la progéniture taïwanaise et recevoir une éducation bilingue d'excellence, précieux sésame qui devrait plus tard leur ouvrir les portes des meilleures universités américaines. 
La jeune femme qui pense avoir trouvé l'ascenseur social tant convoité va cependant vite déchanter. Elle va apprendre à ses dépens que dans la vie rien n'est jamais gratuit, et qu'il y a toujours un prix à payer

Aussi féroce que percutant, ce roman nous décrit une société taïwanaise gangrenée par le culte de la performance, de l'apparence et de l'argent-roi. 
Dans ce récit, pratiquement aucun des protagonistes n'est sympathique : opportunisme, avidité, veulerie, calcul, convoitise, jalousie chaque personnage va révéler de fâcheux travers au fil de la narration. 
On s'indigne, on rit, on compatit et l'on ressent presque une joie maligne à voir trébucher les plus antipathiques acteurs de cette histoire.
Même si le thème de l'arriviste qui se prend une gamelle a été mille fois traité, ce roman incisif aux accents moralistes se lit avec délice ! 



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