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dimanche 6 décembre 2020

Le rêve d'un fou de Nadine Monfils

 












Éditeur : Fleuve éditions
Parution : 26/09/2019
Nombre de pages :128
Genre : littérature française

L'auteure :




















Née à Etterbeek, Nadine Monfils est une écrivaine et réalisatrice belge. Elle est l'auteure de nombreux romans, dont la série "Les enquêtes du commissaire Léon"  Elle a été récompensée par le prix de " La Griffe Noire " pour l'ensemble de son oeuvre.

Quatrième de couverture :

Le hasard sème parfois un peu de poudre d'étoiles pour aller au bout de nos rêves.

Quand le destin s'est acharné sur lui, le Facteur Cheval aurait pu sombrer dans la douleur et le désespoir. Il a plutôt choisi de se lancer dans un pari insensé : construire de ses propres mains son Palais Idéal. Mais une étrange rencontre lors de ses tournées va donner un tout autre sens à son rêve.
Parce que la passion est la seule chose qui peut nous sauver.

En s'inspirant librement de la vie du Facteur Cheval, Nadine Monfils nous offre un roman émouvant comme un hymne à la liberté, la poésie, l'art, et la foi en ce qui nous dépasse.

Mon avis : 

« Ne plus croire aux contes de fées, c’est piétiner les rêves, tomber dans le néant, devenir adulte. Et Dieu sait combien je les ai fuis, ces gens « raisonnables » et ennuyeux. Pas mon monde. Méfie-toi de ceux qui savent, ce sont des fossoyeurs de bonheur. »

De style "Art naïf", Le Palais idéal est un chef-d'œuvre unique en son genre, construit des mains de Joseph Ferdinand Cheval, entre 1879 et 1912. Né dans une famille de modestes agriculteurs de la Drôme, il exercera quelques années la profession de boulanger avant d'être reçu au concours de postier en 1867. Le facteur Cheval sera affecté à Hauterives, en charge d'une longue tournée pédestre d'une trentaine de kilomètres qu'il effectuera jusqu'à sa retraite en 1896. Sa vision du Palais idéal va prendre forme dans son imagination lors des rêveries solitaires qui meublent ses longues marches journalières. Faisant fi des railleries et se moquant bien de passer pour un louftingue, il posera la première pierre de son palais en 1879, l'achevant trente-trois ans après. Qui était vraiment cet homme atypique ? L'auteure va revêtir la peau du personnage dans cette biographie romancée et bâtir une fiction de papier telle qu'aurait pu l'imaginer cet homme à la fantaisie débridée dans ses rêves les plus insensés…   

S'inspirant librement de la vie de ce postier monomaniaque qui voulait oublier la perte tragique de ses enfants et donner un sens à vie, Nadine Monfils a tricoté une poétique et émouvante fiction en se glissant dans la tête de cet individu singulier. Rédigé à la première personne, ce roman nous entraîne dans l'univers féérique du Facteur Cheval qui donna corps à ses rêves les plus fantasmagoriques, pour oublier sa condition d'humble mortel et entrer dans la postérité. 
"Le rêve d'un fou" m'a procuré un très beau moment d'évasion en ce temps de confinement hivernal. C'était un peu comme si le Facteur Cheval me susurrait à l'oreille : garde ton âme d'enfant et ne laisse personne ternir tes idéaux. Si tu demain tu veux un monde meilleur, libre à toi de le bâtir à ta guise ! 


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lundi 2 avril 2018

Ring est d'Isabelle Corlier




















Éditeur : Ker éditions
Parution : 21/02/2018
Nombre de pages : 277
Genre : policier

L'auteure :




















Isabelle Corlier est née à Namur en 1977 et vit depuis plus de vingt ans à Bruxelles. Elle nourrit une tendresse particulière pour le ciel plombé, les pavés mouillés, le peuple bigarré et la langue bizarre de son pays natal. L'auteure a remporté le Prix Fintro-Écritures Noires en 2017 avec ce premier roman.

Quatrième de couverture : 

Et s'il était possible d'être à 
la fois juge et partie ?


                       Le corps d'un homme battu à mort 
                              est découvert sur une aire de parking, 
                              non loin du Ring de Bruxelles. 

                              Aubry Dabancourt, juge d'instruction, 
                              est chargé de l'enquête.

                             Une aubaine pour le magistrat 
                             qui compte bien tout faire pour que le mort 
                             emporte son secret dans la tombe.

Mon avis : 

« Pauvre con. L'insulte roulait dans sa tête et ricochait d'une image à l'autre, l'entraînant au plus profond de ses cauchemars : le reflet de la lune sur l'acier, le sang, la pluie indifférente qui nettoyait tout et sa rage qui le poussait à frapper, frapper, frapper, jusqu'à ce que ses muscles hurlent de douleur. »

Juge intègre, Aubry Dabancourt va commettre l'irréparable un soir de pluie et passer dans le camp de ces assassins qu'il s'acharne à confondre dans un souci de justice. Veuf et père d'un bébé, le magistrat jongle entre son travail et la garde de sa fille Lily. Après une journée éprouvante, le magistrat épuisé qui rentre chez lui (après un détour par la crèche pour récupérer son enfant) va croiser la route d'un automobiliste en BMW qui roule excessivement vite et manque de les percuter. Évitant de justesse la sortie de route, le juge débordant de rage rattrape le chauffard qui s'est arrêté sur une aire de stationnement, bien décidé à s'expliquer. Malheureusement, la confrontation tourne au drame et Aubry Dabancourt dopé par l'adrénaline le tue. 
Chargé de l'enquête, le magistrat doit faire la lumière sur ce dossier sanglant avec l'aide de Zakaria, jeune recrue fraîchement émoulue de l'école de police qui fait ses premières armes au Service Local d'Enquêtes et Recherches.
Qui du juge salué pour son exemplarité ou du policier inexpérimenté mais opiniâtre gagnera la partie ? Le crime parfait existe-t'il ?

Dans ce polar bruxellois dont l'assassin est identifié dès les premières pages, l’intérêt de l'intrigue réside principalement dans la partie d'échecs qui va se jouer entre les deux protagonistes principaux. Deux hommes déterminés qui vont se livrer un combat acharné, l'un pour cacher son crime et l'autre pour le résoudre. Avec maîtrise et habileté, l'auteure nous livre un récit réaliste et une réflexion intéressante sur le passage à l'acte criminel et la psychologie d'un meurtrier. Ce polar urbain aborde également en arrière plan les difficultés d'assimilation culturelle et les conflits identitaires que peuvent rencontrer des individus tiraillés entre deux cultures. Enfin, cerise sur le gâteau, les amoureux de la "Washington d’Europe" pourront se régaler de la balade dans la capitale belge et savourer les termes en patois bruxellois qui émaillent le roman. 
"Ring est" est un polar percutant où personne n'est à l'abri d'un mauvais coup à l'issue fatale !


Merci à Babelio et à Ker éditions
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samedi 15 avril 2017

Crime impuni de Georges Simenon




















Éditeur : Le livre de poche
Parution : 28/10/2009
Nombre de pages : 128
Genre : Policier

L'auteur :


Georges Simenon est un écrivain  belge francophone, né à Liège le 12 février 1903. Après des études primaires et secondaires, il exerce divers petits métiers avant de se retrouver journaliste à la gazette de Liège. Il crée en 1931 le personnage de Maigret, qui le rendra célèbre dans le monde entier. Il a écrit 193 romans, 158 nouvelles ainsi que plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages. Une cinquantaine de ses romans ont été portés à l'écran. Georges Simenon est décédé à Lausanne le 4 septembre 1989.

Quatrième de couverture :


Des cris d'enfants éclatèrent dans la cour de l'école d'en face et Elie sut qu'il était dix heures moins le quart. Certaines fois, il lui arrivait d'attendre avec une impatience qui frisait le malaise ce déchirement brutal de l'air par les voix de deux cents gamins jaillissant des classes pour la récréation. On aurait juré que, chaque matin, quelques instants avant ce feu d'artifice sonore, le silence régnait plus profondément sur le quartier comme si celui-ci tout entier était dans l'attente.

Mon avis : 


- Il faut le punir.
Punir était un mot précis. Il n'était pas admissible que Michel jouisse indéfiniment de l'impunité. Il y avait quelque chose de scandaleux, d'insolent dans le bonheur qu'il affichait et qui était réellement en lui, baignant toutes les fibres de son être.


Pauvre comme Job et aussi laid de l'intérieur que de l'extérieur, la face de crapaud d'Elie et ses odeurs corporelles de jeune homme négligé n'inspirent que dégoût et pitié à son entourage. Oubliant ses réticences premières, sa logeuse finit par s'habituer à sa présence d'étudiant famélique, lui accordant même certains privilèges, lors d'épisodiques excès de bonté. Aussi, quand Michel s'installe dans la pension de famille où il séjourne depuis trois ans, Elie voit rouge, ne supportant pas la beauté et l'aisance naturelle de ce garçon né sous de biens meilleurs auspices que lui. Dernier arrivé, son rival récupère la plus belle chambre et devient bientôt l'objet de toutes les attentions de la logeuse, béate d'admiration devant cet étudiant fortuné. Refusant l'amitié que Michel lui propose, Elie en vient à le haïr, surtout quand il découvre que son adversaire a séduit la fille de la maison. Ce dernier, amusé par la situation, se divertit en le narguant de sa bonne fortune. Pris d'une folie meurtrière, Elie tire un coup de revolver dans la tête de son ennemi et prend la fuite, sans se douter que ce dernier a survécu à ses blessures. Vingt-cinq ans plus tard, les deux hommes vont se retrouver face à face par le plus grand des hasards...

D'une rare noirceur, ce roman décrit les tourments intérieurs d'un être veule et jaloux qui ne supporte pas la vision du bonheur d'autrui et qui fera tout pour y mettre fin. Avec la minutie d'un orfèvre, Georges Simenon nous dépeint les pensées confuses et torturées d'Elie, qui se pose en victime incomprise de celui qu'il n'aura de cesse de détruire, considérant la chance insolente dans laquelle baigne ce dernier comme une provocation à son égard. 
Ecrit en 1954, ce roman n'a pas pris une ride. J'ai pu à nouveau savourer la plume intemporelle de Georges Simenon, un auteur qui savait habilement nous décrire les vilenies et autres faiblesses dont l'être humain peut se rendre coupable, maîtrisant l'art de donner vie à des personnages de fiction qui semblaient plus vrais que nature !

Un bourreau.
Une victime.
Mais qui est le plus perfide des deux ?



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dimanche 26 février 2017

Le petit Docteur de Georges Simenon




















Éditeur : Folio
Parution : 08/07/2016
Nombre de pages : 612
Genre : policier

L'auteur :


Georges Simenon est un écrivain  belge francophone, né à Liège le 12 février 1903. Après des études primaires et secondaires, il exerce divers petits métiers avant de se retrouver journaliste à la gazette de Liège. Il crée en 1931 le personnage de Maigret, qui le rendra célèbre dans le monde entier. Il a écrit 193 romans, 158 nouvelles ainsi que plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages. Une cinquantaine de ses romans ont été portés à l'écran. Georges Simenon est décédé à Lausanne le 4 septembre 1989.
Quatrième de couverture :


«On avait photographié le cadavre sur toutes ses faces. On avait publié ses photos dans les journaux, ainsi que son signalement minutieux. Personne ne l’avait vu. Personne ne le connaissait. C’était à croire qu’il était tombé du ciel pour mourir, d’un coup de couteau en plein cœur, dans ce paisible potager.»


Mon avis :


Comme d'autres font de la graphologie ou de la radiesthésie,  je me suis passionné pour les problèmes humains, pour les énigmes, si vous préférez, que sont presque toujours à leur début les affaires criminelles...


Qui est le petit docteur ? Assurément l'antithèse du célèbre commissaire Maigret. Médecin de campagne aux allures de gringalet, il est âgé de trente ans et pourtant nombreux sont ceux qui le confondent avec un étudiant. 
Quels sont ses signes distinctifs ? Un cœur d’artichaut craquant devant toute les jolies jeunes femmes qu'il croise au gré de ses pérégrinations et un individu complexe à la double personnalité. Sobre médecin dans sa campagne reculée, ce dernier se transforme en véritable soiffard quand il se retrouve face à une énigme policière à résoudre, arguant que tous les breuvages sont bons pour doper ses facultés de raisonnement ! Fin limier, notre little Docteur est surtout un redoutable enquêteur qui malgré son air de ne pas y toucher ridiculise policiers et magistrats par sa formidable efficacité à résoudre d'épineuses enquêtes à vitesse grand V. A l'aide de sa fidèle et adorée Ferblantine, une vieille guimbarde qu'il soigne comme un cheval au pedigree royal, le petit Docteur parcourt inlassablement les routes de France, du nord au sud, afin d'alimenter sa marotte des énigmes policières... 

Découvert par hasard chez ma libraire, j'ai savouré ce recueil méconnu de treize nouvelles mettant en scène les prouesses de logique du petit Docteur face à des criminels à l'esprit retors, la plupart poussés au crime par amour ou cupidité. Dans cette anthologie, je me suis délectée de l'humour débonnaire d'un Georges Simenon inédit, bien loin de la gravité d'un récit sombre comme "En cas de malheur" qui a fait l'objet d'un de mes précédents billets. 
Décidément l'homme aux 400 livres ne finira jamais de m'étonner. Bluffée je suis. Une fois de plus !



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jeudi 23 juin 2011

En cas de malheur de Georges Simenon























Éditeur d'origine: Presses de la Cité
Date  : 1956
Éditeur : Livre de poche
Parution : 01/02/1999
Nombre de pages : 188
Genre : Policier


L'auteur :






















Georges Simenon est un écrivain  belge francophone, né à Liège le 12 février 1903. Après des études primaires et secondaires, il exerce divers petits métiers avant de se retrouver journaliste à la gazette de Liège. Il crée en 1931 le personnage de Maigret, qui le rendra célèbre dans le monde entier.
Il a écrit 193 romans, 158 nouvelles ainsi que plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages.
Une cinquantaine de ses romans ont été portés à l'écran, parmi lesquels : «En cas de malheur» de Claude Autant-Lara en 1958 avec pour acteurs principaux Brigitte Bardot et Jean Gabin.
Georges Simenon est décédé à Lausanne le 4 septembre 1989.

Quatrième de couverture :

Les femmes, Lucien Gobillot les connaît : à quarante-cinq ans , et bien que marié, cet avocat à la carrière brillante, due à un mariage ambitieux et à quelques complaisances, multiplie les aventures sans lendemain.
Tout change lorsque Yvette accusée d'agression contre un vieil horloger, fait irruption dans son cabinet, prête à le payer de ses charmes. L'avocat parvient à la faire acquitter. Commence alors une histoire amoureuse qui va l'entraîner plus loin qu'il n'eût voulu aller, dans une aventure où surgiront la menace, puis le crime...
D'un côté, le confort moral et l'hypocrisie d'un homme "arrivé" ; de l'autre, un monde louche, sordide mais fascinant. C'est un tableau d'un réalisme assez sombre que nous brosse Georges Simenon, en même temps que la description, saisissante de vérité, d'une passion destructrice.


Mon avis :

Georges Simenon est un auteur dont la plume ne vieillit pas, la lecture de ce roman rédigé il y a plus d'une cinquantaine d'années le confirme. L'histoire narrée par l'auteur est intemporelle et elle pourrait d'ailleurs tout à fait se dérouler de nos jours.

Le roman s'ouvre sur le récit de Maître Lucien Gobillot, avocat de renom, épris d'Yvette, jeune voleuse qu'il a sauvé d'une condamnation certaine, suite à un hold-up raté. Pressentant un drame à venir, il ressent soudain le besoin pressant de rédiger ses mémoires : "j'essaie de me moquer de moi, de ne pas me prendre au tragique. Pourtant, n'est-ce pas déjà un symptôme d'avoir besoin de m'expliquer par écrit ? Pour qui ? Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée. En cas de malheur en somme, comme disent les braves gens qui mettent de l'argent de côté. Pour l'éventualité où les choses tourneraient mal". 

Georges Simenon n'épargne aucun des personnages de cette tragédie et il en brosse des portraits bien peu flatteurs, de sa plume élégante et par de subtiles touches, il dissèque et épingle les travers de la société.
Lucien apparaît comme un arriviste, volage et dominé par ses sens, sa femme Viviane, égoïste et indifférente, se montre complice de la situation, prête à fermer les yeux pourvu que les apparences et la morale restent sauvegardées.
Quand à Yvette, le personnage clé de ce roman, il nous la dépeint comme une manipulatrice, sournoise, autodestructrice et que ne retient aucune barrière morale. Elle va petit à petit, entraîner Lucien Gobillot dans sa déchéance, jusqu'au drame final que l'on pressent d'ailleurs dès le début du roman, la tension très palpable augmentant crescendo.

Une fois de plus je suis bluffée par la prose de Simenon, qui n'est pas seulement le "défunt père de Maigret" mais un immense écrivain. A découvrir ou à relire pour ceux qui connaissent déjà, vous ne serez pas déçus !

 Un extrait :

Le fait essentiel est que je ne peux me passer d'elle, que je souffre physiquement quand je suis éloigné. Le fait est que j'ai besoin de la sentir près de moi, de la regarder vivre, de respirer son odeur, de jouer avec son ventre et de la sentir satisfaite. Il reste une explication , mais personne n'y croira : la volonté de rendre quelqu'un heureux, de prendre quelqu'un en charge complètement, quelqu'un qui vous doive tout, qu'on sorte du néant, en sachant qu'il y retournera si on vient à lui faire défaut.
N'est-ce pas pour la même raison que tant de gens ont un chien ou un chat, des canaris ou des poissons rouges, et que les parents ne se résignent pas à voir leurs enfants vivre par eux-mêmes ?

Un extrait du film:



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