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dimanche 26 février 2023

Ceux d'ici ne savent pas de Heather Young













Éditeur : Pocket
Parution : 10/11/2022
Nombre de pages : 460
Traduction : Carla Lavaste
Genre : Littérature américaine

L'auteure :












Américaine, Heather Young a débuté une carrière dans le droit avant de se lancer à la poursuite de son rêve : l'écriture. Titulaire d'un MFA du Bennington College Writing Seminars, elle a suivi de nombreux ateliers d'écriture avant de publier son premier roman, Un été près du lac (Belfond, 2017 ; Pocket, 2019), sélectionné pour le prestigieux Edgar Award for Best First Novel. Ceux d'ici ne savent pas est son deuxième roman.

Quatrième de couverture :

Dans le décor aride des plaines de l'Idaho, Heather Young tisse un roman poignant, un suspense psychologique d'une grande finesse où s'animent des personnages vibrants, qui restent longtemps dans les mémoires.
Adam Merkel, professeur de mathématiques du collège de Lovelock, Idaho, est mort ce matin. C'est Sal Prentiss, l'un de ses élèves, qui vient de découvrir le cadavre de ce quadra sur un bûcher dressé dans le canyon.
Une annonce terrible qui secoue cette petite ville et remue profondément la jeune professeure Nora Wheaton. Elle qui se sentait liée à Adam par une solitude et une souffrance communes veut comprendre : qui pour assassiner aussi brutalement cet homme sans histoires.
Alors qu'elle plonge dans le passé de son défunt collègue, Nora réalise peu à peu que Sal, ce jeune orphelin timide et farouche, semble en savoir bien plus qu'il ne veut le dire… Avec lui, la jeune femme se lance dans une enquête délicate. Une plongée aux confins de l'âme des habitants de cette région oubliée du monde, qui portent en eux un héritage fait de violence et de survie dont ils n'ont plus conscience.

Mon avis : 

« Pi est défini par le cercle, et le cercle est la forme la plus parfaite de la création. Il est aussi au cœur des cycles, qui sont au temps ce que le cercle est à l’espace. Sans pi, impossible de définir un processus cyclique. On le retrouve partout où il y a des ondes, des orbites ou des motifs. Dans le rythme des océans et celui de la musique, dans le battement cardiaque et la rotation des planètes autour du soleil. D’une certaine manière, c’est bien plus qu’un nombre. C’est l’un des fils du tissu de l’univers. »

Qui était vraiment Adam Merkel dont le corps a été retrouvé calciné à proximité du canyon de Limerick ? 
Pourquoi ce brillant universitaire était-il venu s'enterrer dans un bled comme Lovelock quelques mois avant sa disparition pour enseigner les mathématiques à des collégiens ? Cachait-il quelques secrets inavouables ? 
C'est ce que cherche à découvrir Nora, une collègue enseignante qui s'était prise d'affection pour ce quadragénaire d'un abord sympathique mais plutôt réservé, plus passionné par les nombres et les jeux d'échecs que par ses congénères. Intriguée par le passé nébuleux d'Adam, cette dernière va chercher à en savoir plus sur ce pair trop discret, son enquête l'amenant à s'interroger sur des pans de son propre passé qu'elle avait relégué dans les limbes de sa mémoire.
Dans cette petite ville du Nevada, loin de Las Vegas et de ses casinos, tout le monde se côtoie et personne ne se connait vraiment. La rumeur va bon train, bruissant de moult suppositions et affabulations qui n'aident pas la police dans ses investigations pour résoudre une enquête qui piétine. 
Nora, Jake le pompier qui a découvert le corps carbonisé d'Adam et Sal, l'élève préféré du professeur défunt, s'expriment à tour de rôle dans ce roman choral. Des confessions qui vont petit à petit lever le voile sur une vérité infiniment plus complexe qu'il n'y paraît et sur les sombres secrets des différents protagonistes en lien avec ce drame inexpliqué. C'est toute la petite ville qui va s'embraser quand les certitudes des uns et les œillères des autres s'effondreront comme un château de cartes… 

Avec ce roman particulièrement sombre, l'auteure brosse le portrait d'une petite bourgade américaine d'apparence tranquille dont les fondations vont être terriblement secouées suite à un crime féroce. Pauvreté, isolement et addictions multiples gangrènent ce microcosme, dépeint à l'antithèse du « Small town life » d'un Norman Rockwell.
Dans ce récit immersif au suspense savamment dosé, Heather Young s'attaque notamment à la crise des opioïdes et ses ravages aux Etats-Unis (à lire également sur le sujet "L'empire de la douleur" une enquête passionnante et particulièrement détaillée du journaliste d'investigation Patrick Radden Keefe sur la famille Sackler à l'origine de la mise sur le marché de l'OxyContin).
Une plongée hallucinante dans une Amérique à rebours des images d'Epinal couramment véhiculées !



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lundi 19 septembre 2022

Un profond sommeil de Tiffany Quay Tyson

 













Éditeur : Sonatine
Parution : 25/08/2022
Nombre de/ pages : 400
Traduction : Héloïse Esquié
Genre : littérature américaine

L'auteure :

Tiffany Quay Tyson est née et a grandi à Jackson, dans le Mississipi. Elle a été reporter pour le Mississipi Delta et a reçu, à cette occasion, le prix Frank Allen.
Son premier livre, Three Rivers, a été publié en 2015 et rapidement repéré par différents magazines littéraires.
Son deuxième roman, Un profond sommeil (2018), a été récompensé de nombreux prix, dont le Willie Morris Award for Southern Fiction, le prix Janet Heidinger Kafka, le Mississippi Institute of Arts and Letters Award for Fiction, et le Mississippi Author Award. Il a également valu à son auteure d'être comparée à William Faulkner par le Deep South Magazine pour son style gothique, sombre et atmosphérique.
Tiffany Quay Tyson vit aujourd'hui à Denver, dans le Colorado, et travaille comme enseignante à la Lighthouse Writers Workshop, un centre artistique de découverte et d'apprentissage de la littérature. Elle continue d'écrire, et cite Margaret Atwood parmi ses influences littéraires.

Quatrième de couverture :

White Forest, Mississippi. Cachée au milieu de la forêt, la carrière fascine autant qu'elle inquiète. On murmure que des esprits malveillants se dissimulent dans ses eaux profondes. Par une chaude journée d'été, Roberta et Willet bravent toutes les superstitions pour aller s'y baigner avec leur petite soeur, Pansy. En quête de baies, ils s'éloignent de la carrière. Quand ils reviennent, Pansy a disparu.
Quelques années plus tard, Roberta et Willet, qui n'ont jamais renoncé à retrouver leur soeur, suivent un indice qui les mène dans le sud de la Floride. C'est là, dans les troubles profondeurs des Everglades, qu'ils espèrent trouver la réponse à toutes leurs questions.

Tiffany Quay Tyson nous entraîne dans un voyage hanté au cœur des terres américaines. Du delta du Mississippi aux mangroves des Everglades, l'histoire tourmentée d'une famille fait écho à celle de toute une région, le sud des États-Unis, peuplé d'esclaves, de prêcheurs, d'assassins, de laissés-pour-compte, de monstres et de saints.

Mon avis :

« Contrairement à Willet, je refusais de rejeter une hypothèse sous prétexte qu’elle semblait abracadabrante. J’avais une étagère pleine de livres racontant des histoires d’hommes changés en crapauds et d’enfants s’avérant plus malins que des sorcières. Le monde réel n’était en rien plus logique que ces histoires. »

C'est bien connu, les enfants aiment braver les interdits. Alors, par une moite et trop chaude journée d'été Bert et Willet, deux adolescents, décident d'aller se rafraîchir dans les eaux de la carrière, amenant avec eux leur petite sœur Pansy âgée de six ans. 
Une carrière réputée maudite. Un lieu frappé par l'interdiction parentale. Une décision qu'ils regretteront pour le restant de leurs jours. Délaissant momentanément la petite Pansy pour aller manger des mûres, cette dernière aura disparu à leur retour et ne sera pas retrouvée. 
Ce récit narré par Roberta, alias Bert, est celui de la perte, des remords, de la quête sans fin de cette dernière pour retrouver sa cadette. 
C'est également l'histoire tragique de deux adolescents livrés à leur sort en raison d'une famille défaillante et sur lesquels pèsera toute la culpabilité de la perte d'un être cher. 
Quand on a un père déserteur et une mère qui sombre dans la folie, comment se construire et avancer ?
Bert et Willet n'auront de cesse de découvrir la vérité. Une vérité cachant de biens sombres secrets qui les marquera dans leur chair à tout jamais

Tragédie familiale hautement addictive, ce thriller nous invite à parcourir le Sud profond dans ce qu'il a de plus beau et de plus terrible. 
Coutumes et croyances ancestrales, condition féminine, préjugés liés à la couleur de peau et secrets de famille sont abordés dans ce roman qui traverse plusieurs siècles, de l'époque des grandes plantations esclavagistes jusqu'à nos jours. 
Un récit dense et poignant sur la douleur liée à la disparition d'un être cher et l'impossible oubli.
Dans la lignée des excellents "Le Prince des marées" ou plus récemment "Là où chantent les écrevisses" ce roman est l'un de ceux qui vous hanteront longtemps après l'avoir refermé !


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samedi 13 février 2021

Le vallon des lucioles d'Isla Morlay

 













Éditeur : Seuil
Parution : 04/03/2021
Nombre de pages : 476
Traduction : Emmanuelle Aronson
Genre : littérature américaine

L'auteure : 

















Isla Morley a grandi en Afrique du Sud pendant l'apartheid puis s'est installée aux Etats-Unis. Son premier roman, "Come Sunday", inédit en France, a obtenu le Janet Heidinger Prize, prestigieux prix littéraire féminin. "Le Vallon des lucioles" est son troisième roman et le premier à paraître en France.

Quatrième de couverture : 

1937, Kentucky. Clay Havens et Ulys Massey, deux jeunes photographe et journaliste, sont envoyés dans le cadre du New Deal réaliser un reportage sur un coin reculé des Appalaches.
Dès leur arrivée, les habitants du village les mettent en garde sur une étrange famille qui vit au cœur de la forêt. Il n'en faut pas plus pour qu'ils partent à leur rencontre, dans l'espoir de trouver un sujet passionnant. Ce qu'ils découvrent va transformer à jamais la vie de Clay et stupéfier le pays entier. À travers l'objectif de son appareil, se dévoile une jeune femme splendide, Jubilee Buford, dont la peau teintée d'un bleu prononcé le fascine et le bouleverse.
Leur histoire sera émaillée de passion, de violence, de discorde dans une société américaine en proie au racisme et aux préjugés.

Inspiré par un fait réel, ce roman est une bouleversante histoire d'amour et un hymne à la différence.

Mon avis :

« Parce que vous croyez qu’il existe un endroit dans le monde où les gens s’aiment tous ? Si ce n’est pas à cause de la couleur de leur peau, on leur cherchera des crosses à cause du dieu qu’ils prient ou de la rive sur laquelle ils ont construit leur maison. »

Journaliste et photographe, Massey et son partenaire Havens sont envoyés dans une petite bourgade au fin fond des Appalaches pour réaliser un reportage dans le cadre du New Deal. Méfiants et renfermés, les villageois ne sont pas des plus coopératifs et semblent cacher un secret. Attisés par la curiosité, les deux amis vont finir par percer le mystère des habitants : l'existence d'une énigmatique famille, exilée au fond du vallon en raison d'une caractéristique physique héréditaire qui effraie la population du bourg. En effet, la lignée des Buford souffre de méthémoglobinémie, une anomalie génétique qui se caractérise par une teinte bleutée de la peau. Une disparité qualifiée de démoniaque par des villageois ignorants des avancées de la science, en cette fin des années 1930. 
Immobilisé par une morsure de serpent, Havens est soigné par la famille Buford. Sa convalescence va lui permettre de découvrir cette insolite parentèle et surtout de se rapprocher de Jubilee, une fascinante jeune femme à la troublante beauté bleue. Un rapprochement qui va devenir source de conflit tant avec les villageois en guerre contre cette famille qu'avec Massey qui souhaiterait exploiter la particularité physique des Buford à des fins commerciales. Le feu qui couvait sous la cendre est bientôt ravivé par l'ignorance, la haine et la cupidité… des combustibles propices à une violente explosion !

Librement inspiré de l'histoire vraie de membres d'une famille nés avec la peau bleue, ce roman aussi tendre que cruel prône la tolérance et traite le droit à la différence de manière frontale. 
Combinant la tragédie vécue par cette fratrie à une poignante histoire d'amour, "Le vallon des lucioles" démontre l'aspect insidieux de la xénophobie ordinaire et ses dérives, tout en délivrant un encourageant et lumineux message d'espoir, de tendresse et d'humanité. 
Venant tempérer le registre dramatique qui aurait pu finir par être indigeste, le récit se déroule au cœur d'une nature préservée foisonnante de grands espaces, qui permet au lecteur de s'oxygéner entre deux événements tragiques.
Un délicat roman qui ouvre un apaisant carré de ciel bleu face à toutes les formes d'intolérance ! 



Merci à Babelio et aux éditions du Seuil.
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dimanche 23 février 2020

Là où chantent les écrevisses de Delia Owens




















Éditeur : Seuil
Parution : 02/01/2020
Nombre de pages : 480
Traduction : Marc Amfreville
Genre : littérature américaine

L'auteure :





















Delia Owens est née en 1949 en Géorgie, aux Etats-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle part s'installer avec son mari, chercheur et biologiste comme elle, au Botswana en 1974. Ensemble, ils étudient les différentes espèces de mammifères de la région. Grâce à cette incroyable expérience au Kalahari puis en Zambie, ils publient trois livres de non fiction, tous bestsellers aux USA : Cry of Kalahary (John Burroughs Award for Nature Writing), The Eye of the Elephant et Secrets of the Savanna. Delia Owens publie également de nombreux articles scientifiques dans Nature, Natural History, Animal Behavior, Journal of Mammalogy, en menant ses recherches sur les espèces animales en danger et elle monte des projets de sauvegarde de grande ampleur.
Après 23 années passées en Afrique, ils vivent désormais en Caroline du Nord, toujours au plus proche de la nature.
Là où chantent les écrevisses est son premier roman. Son prochain est en cours d'écriture.

Quatrième de couverture :

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur " la Fille des marais " de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour.

La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.
Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

Mon avis :

« Si quelqu'un devait jamais comprendre sa solitude, c'était bien la lune.
Retournant vers le cycle immuable de la vie des têtards et le ballet des lucioles, Kya s'enfonça plus profondément encore dans un monde sauvage où les mots n'avaient pas cours. La nature semblait le seul galet qui ne se dérobait plus sous ses pas quand elle traversait un ruisseau. »

Livrée à elle-même alors qu'elle n'est encore qu'une enfant, la petite Kia va faire de la nature sa mère nourricière. Débrouillarde et intelligente, elle va survivre grâce la cueillette, à la pêche aux moules et à la bienveillance de quelques déshérités de la vie qui comme elle, vivotent dans les marais de Caroline du Nord. 
L'intrigue qui navigue entre 1952 et 1969, tourne autour de la mort d'un fils de notable, sportif vedette et serial lover de la petite ville de Barkley Cove qui jouxte les marais. Crime ou accident ? Le shérif et son adjoint n'auront de cesse de résoudre cette épineuse énigme, pressés par la mère du jeune homme qui est persuadée que derrière la mort de son fils se cache un crime. En parallèle de l'enquête, nous suivons  l'évolution de la jeune Kia au fil des années, son apprentissage de la vie  avec ses difficultés, ses joies, ses peines, ses trahisons, ses amitiés puis ses amours... jusqu'en 1969, l'année ou meurt Chase Andrews. Une année tragique qui restera inoubliable pour tous les protagonistes de cette histoire !

Les romans dits de "Nature writing" sont un type de littérature dans lequel les auteurs américains excellent. Celui-ci est un digne représentant du genre. Derrière l'intrigue policière se cache un hymne à la beauté de la nature. Avec des mots empreints de poésie, Delia Owens nous fait voyager au cœur des secrets de la faune et de la flore des marais de Caroline du Nord. On sent la passionnée derrière la plume et on ne peut que succomber à la magie des merveilleux paysages qu'elle nous décrit à la perfection. Et que dire de son héroïne ? Attachante, émouvante, passionnée et intelligente, on aimerait la serrer dans nos bras et lui offrir cette amitié qui l'aiderait à vaincre cette solitude qui lui pèse tant !   
Si vous n'aviez qu'un livre à lire cette année, je vous conseillerais celui-ci qui m'a captivée de bout en bout. Une bonne claque littéraire !



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mercredi 1 mai 2019

Vox de Christina Dalcher




















Éditeur : Nil
Parution : 07/03/2019
Nombre de pages : 430
Traduction : Michael Belano
Genre : littérature américaine

L'auteure : 














Christina Dalcher est docteure en linguistique, doctorat qu'elle a obtenu à l'Université de Georgetown. Elle a enseigné aux Etats-Unis, en Angleterre et aux Emirs arabes. Ses nouvelles ont été publiées dans une centaine de journaux à travers le monde. Son œuvre a été plusieurs fois sélectionnée par des prix littéraires, parmi lesquels le Bath Flash Award, le Best of the Net et le Pushcart. Elle enseigne la " micro-fiction " à l'université The Muse Writers Center à Norfolk, en Virginie. Après avoir vécu de nombreuses années à l'étranger, plus récemment au Sri Lanka, Christina Dalcher et son mari partagent désormais leur temps entre le sud des États-Unis et l'Italie, à Naples. Vox est son premier roman.

Quatrième de couverture :


Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s'exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d'un groupe fondamentaliste, a décidé d'abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s'affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu'elle va découvrir alors qu'elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix...

Mon avis : 


« [...Le chapitre vingt-sept commençait par cette pépite tirée de l’Épître à Tite : « Donnez-leur de bonnes instructions afin d'apprendre aux jeunes femmes à ne pas être asservies aux excès de vin, à aimer leurs maris et leurs enfants, à être sensées, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises chacune à son propre mari. » L'idée générale du texte ressemblait à une espèce de cri de raliement, une main tendue vers les femmes plus âgées.
Il y avait des chapitres consacrés au féminisme et à sa déconstruction insidieuse des valeurs judéo-chrétiennes (ainsi que de la virilité), des recommandations destinées aux hommes à propos de leur rôle de mari et de père, des conseils pour les jeunes concernant le respect de leurs aînés. Chaque page exsudait le fondamentalisme d’extrême droite. »

Nous sommes aux Etats-Unis, dans un futur très proche. Le pays est désormais sous la coupe du Révérend Carl Corbin, un fondamentaliste chrétien bien décidé à remettre les brebis galeuses dans le droit chemin des saintes écritures. Les opposants au régime, les fornicateurs et les homosexuels sont détenus dans des camps de travaux forcés et muselés d'un compte-mots réglé sur zéro. Les militaires et la police de la fornication sont là pour étouffer dans l’œuf toute velléité de résistance ou de comportement jugé immoral.
Hier neuroscientifique reconnue par ses pairs, Jean McClellan est aujourd'hui interdite d'exercer son métier, cantonnée aux travaux ménagers et à son rôle d'épouse et de mère. Comme toutes ses congénères, cette dernière est équipée d'un "bracelet silenceur" (muni d'un compteur limité à cent mots pour vingt-quatre heures). En cas de dépassement du quota, la punition est une puissante décharge électrique qui lui ôtera toute envie de bavardage ! 
Résignée à son triste sort, Jean va entrevoir l'espoir d'échapper à sa condition de prisonnière quand le Révérend Carl Corbin lui propose un marché : si cette dernière trouve un remède pour guérir le frère du Président d'une aphasie de Wernicke, elle et sa fille Sonia seront momentanément libérées de leurs bracelets compte-mots. 
Mais qu'adviendra-t-il de Jean et de Sonia dès qu'elle aura trouvé le remède miracle ? Que cache cette alléchante proposition La scientifique va devoir faire travailler ses neurones à plein régime et faire le bon choix...

Dans la lignée de "La servante écarlate", Vox est une dystopie effrayante, décrivant une société dominée par le rigorisme moral et un patriarcat moyenâgeux. Narré à la première personne, ce récit dont le personnage principal est l'une des victimes de ce régime totalitaire antiféministe, est émaillé de flashbacks qui nous éclairent sur les événements qui ont permis la mise en place de cet état despotique, ainsi que sur les dangers que recèlent la passivité et l'erreur de penser que cela n'arrive qu'aux autres ! Cette inquiétante fiction aussi intelligente que dérangeante se lit d'une traite, combinant intrigue inventive et suspense parfaitement dosé. 
Attention à cette lecture, Vox risque fort de vous laisser muet de saisissement !



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dimanche 19 août 2018

Les heures rouges de Leni Zumas


















Éditeur : Les Presses de la cité
Parution : 16/08/2018
Traduction : Anne Rabinovitch
Nombre de pages : 398
Genre : littérature française

L'auteure :















Diplômée de Brown, Leni Zumas enseigne l'écriture créative à l'université de Portland et publie régulièrement dans la presse nationale. Les Heures rouges est son premier roman traduit à l'étranger.

Quatrième de couverture : 


États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l'être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l'aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d'écrire la biographie d'Eivør, exploratrice islandaise du xixe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d'avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n'a pas peur de l'avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l'arrière d'une voiture... Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu'elle a voulu aider les femmes.

" Drôle, mordant, poétique, politique, alarmant, inspirant, Les Heures rouges révolutionne la fiction de notre époque. " Maggie Nelson ( Une partie rouge, Les Argonautes)

Mon avis :

« Deux ans plus tôt, le Congrès américain a ratifié l'amendement sur l'identité de la personne, qui accorde le droit constitutionnel à la vie, à la liberté et à la propriété à un œuf dès l'instant de sa conception. L'avortement est aujourd'hui illégal dans les cinquante Etats. Les avorteurs peuvent être accusés de meurtre au second degré et les femmes désireuses d'avorter, de complicité de meurtre. La fécondation in vitro est également interdite au niveau fédéral, parce que l'amendement condamne le transfert d'embryons du laboratoire dans l'utérus (les embryons ne sont pas en mesure d'y consentir). »

Le récit se déroule  dans un futur très proche. Les Etats-Unis sont gouvernés par un président misogyne et tyrannique qui depuis son élection n'a de cesse de rogner sur les droits des femmes et de revenir sur des acquis qu'elles croyaient immuables, tel l'arrêt "Roe v. Wade", rendu en 1973 par la Cour Suprême américaine et légalisant le droit à l'avortement en le reconnaissant comme un droit constitutionnel. 
A travers les destins de quatre femmes qui vont se croiser et s'entremêler, l'auteure nous dresse le portrait d'une société en pleine régression, prônant le modèle familial traditionnel (un papa, une maman, des enfants) comme le seul valable pour l'épanouissement de sa progéniture. 
Roberta, une enseignante et biographe célibataire âgée de 42 ans, essaie en vain de concevoir un bébé et s'affole car une loi va bientôt interdire le droit à l'adoption pour les femmes seules. 
Mattie, une brillante lycéenne qui s'est retrouvée enceinte accidentellement est confrontée à un tout autre dilemme : Doit-elle garder l'enfant et ruiner ses chances de faire une carrière scientifique ou bien avorter en cachette au risque de devenir une criminelle aux yeux de la loi ? 
Susan quand à elle, est une mère de famille frustrée d'avoir renoncé à une carrière d'avocate pour élever ses enfants. Elle échafaude des plans hasardeux et irréalisables pour se défaire des liens sacrés d'un mariage étouffant qui la mine tellement qu'elle envisage parfois le suicide. 
La quatrième voix de ce roman polyphonique est celle de Gin la  "guérisseuse" qui vit seule dans les bois et subit l’opprobre de ses congénères qui n'hésiteraient pas un instant à la faire griller sur un bûcher s'ils en avaient la possibilité !
Comment ces quatre femmes vont-elles réagir face à l'adversité ? Pourront-elles seulement tirer leur épingle du jeu dans un monde en pleine mutation qui leur reconnaît de moins en moins de droits et essaie de briser toute velléité de résistance à l'autorité suprême d'un gouvernement liberticide ? 

Inquiétante, furieusement crédible et loin d'être innocente, cette dystopie à la couverture écarlate raisonne comme une mise en garde à l'attention de toutes les femmes, susurrant à l'oreille de ces dernières : Attention mes belles, ne vous endormez pas sur vos lauriers. Secouez-vous et réagissez avant que le loup n'entre dans la bergerie et vous dévore toute crue. Pensez à vos mères et grand-mères qui se sont battues pour vos droits et faites en sorte de les défendre et de les faire perdurer ! A la fois tragique, poétique et incendiaire, ce troublant roman de Leni Zumas ranime la flamme de nos peurs les plus profondes, telles la perte de nos droits fondamentaux ou le retour à un monde archaïque où l'on pratiquait en toute impunité la chasse aux sorcières ! 



Merci à Babelio et aux éditions Les Presses de la Cité

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dimanche 17 juin 2018

Wild de Cheryl Strayed




















Éditeur : 10/18
Parution : 18/09/2014
Traduction : Anne Guitton
Nombre de pages : 498
Genre : document

L'auteure :















Née en 1968, Cheryl Strayed a déjà publié un roman, Torch (2006). Écrivain reconnu depuis le succès de Wild, elle vit dans l'Oregon avec son mari et ses deux enfants. Wild a été adapté au cinéma par Jean-Marc Vallée en 2014, avec Reese Witherspoon dans le rôle de Cheryl.

Quatrième de couverture : 

Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune Cheryl n'a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le " Chemin des crêtes du Pacifique ". Lancée au cœur d'une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d'épuisement et d'effort, et réussir à atteindre le bout d'elle-même. Une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.

Mon avis :

« Mon rythme n'avait rien à voir avec celui des moyens de locomotion que l'on utilise normalement pour parcourir le monde. Les kilomètres ne défilaient pas. Ils formaient de longs méandres d'herbes folles, de mottes de terre, de brins d'herbe, de fleurs courbées par le vent, d'arbres tordus et grinçants. Ils étaient faits du son de ma respiration et de celui de mes pas sur le chemin, l'un après l'autre, accompagnés du cliquetis de mon bâton. Chacun d'eux devait être affronté avec humilité. » 

Nous sommes en 1995, Cheryl Strayed vient d'avoir 26 ans. Au bout du rouleau après de nombreuses épreuves (une enfance difficile, la mort de sa mère d'un cancer du poumon foudroyant et son récent divorce), cette dernière qui a sombré dans la drogue décide de se lancer dans un pari insensé, tout quitter pour s'aventurer dans une randonnée sur le PCT (Chemin des crêtes du Pacifique). De la Sierra Nevada à l'Oregon, la jeune femme va parcourir seule 1700 kilomètres avec un sac à dos beaucoup trop lourd qu'elle surnommera "Monster", des chaussures trop petites et un maigre pécule qu'elle a économisé sur ses pourboires de serveuse. Percluse de douleurs et les pieds en sang (elle perdra six ongles de pieds dans l'aventure), Cheryl chante et se récite des poèmes dans sa tête pour tenir le coup. Souvent aidée par la solidarité des marcheurs qui croiseront sa route, la randonneuse va vivre une aventure inouïe et se faire quelques frayeurs quand son chemin solitaire croisera celui d'un ours, de serpents venimeux, de pumas et de coyotes. Malgré la douleur, les intempéries et parfois les privations de nourriture et d'eau, elle n'abandonnera jamais et ira jusqu'au bout de l'incroyable défi qu'elle s'est imposé !

Récit de résilience et de dépassement de soi, l'aventure hors du commun de Cheryl Strayed démontre qu'il existe en chacun de nous un potentiel infini et que rien n'est impossible à qui le veut vraiment. Émouvant, lucide et pétri d'humanité, Wild nous livre le témoignage sans fard d'une femme exceptionnelle qui s'est reconstruite dans l'effort physique et l'échappée en solitaire en communion avec la nature. Ce récit authentique, dépaysant et parfois drôle, rend également hommage à la littérature (au cours de son périple, l'auteure lira de nombreux livres (nous faisant partager sa fougue et son ressenti de lectrice) dont elle brûlera les pages au fur et à mesure de sa lecture afin d'alléger la charge de son sac à dos). 
Ce livre passionnant va rejoindre en bonne place les rayons de ma bibliothèque, comme tous ceux que je prends plaisir à relire de temps à autre. Si vous aimez l'évasion dans la nature et les grands espaces, je ne peux que vous conseiller la lecture du témoignage de cette courageuse et intrépide héroïne des temps modernes qui nous livre là une épatante leçon de vie !



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samedi 9 juin 2018

Une femme entre nous de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen




















Éditeur : Sonatine
Parution : 24/05/2018
Nombre de pages : 456
Traduction : Corinne Daniellot & Pierre Szczeciner 
Genre : thriller psychologique

Les auteures :


















Titulaire d'un master en journalisme de l'Université Columbia, Greer Hendricks a exercé pendant 20 ans en tant qu'éditrice chez Simon & Schuster
Née à New-York, Sarah Pekkanen qui est journaliste politique est l'auteure de sept romans publiés aux Etats-Unis.
"Une femme entre nous" est le premier roman écrit à quatre mains par les deux auteures.

Quatrième de couverture :

Le jour où vous découvrirez leur histoire veillez à n'être dérangé sous aucun prétexte.
En lisant ce livre, vous allez faire beaucoup de suppositions. 
Vous allez croire que c'est l'histoire d'une femme jalouse, délaissée par son mari. 
Vous allez penser qu'elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu'elle. 
Vous allez vous dire que vous connaissez déjà toutes les facettes d'un tel triangle amoureux. 
Un conseil : laissez tomber toutes vos hypothèses. 
Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre. 
À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l'espoir et le désespoir des femmes, l'usure du couple, l'amitié féminine, tout cela sous couvert d'une intrigue captivante et de personnages bouleversants. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, en cours d'adaptation cinématographique par la maison de production de Steven Spielberg, plus qu'un roman : un événement !

Mon avis :

« Nous avons tous au plus profond de notre cerveau reptilien une alarme qui nous prévient en cas de danger. Je suis sûre que vous l’avez entendue retentir, ces derniers temps, et que vous n’en avez pas tenu compte. J’ai fait pareil. Vous avez trouvé des excuses. Moi aussi. Alors je vous en prie, quand vous serez seule, écoutez cette alarme. »

Nellie nage dans le bonheur car dans quelques jours elle va dire "Oui" à l'homme de sa vie, un homme richissime et attentionné qui comble le moindre de ses désirs. Fini le cumul des emplois de barmaid et d'institutrice ainsi que l'appartement new-yorkais miteux infesté de cafards et vive la Dolce Vita. L'heureuse élue est impatiente d’emménager dans le nid d'amour que lui a déniché son futur époux, une propriété luxueuse digne de figurer dans le magazine "Belles demeures".
Fraîchement divorcée de Richard, un beau et riche financier, Vanessa a tout perdu : amour, amis, aisance financière et statut social. Cette dernière qui n'a qu'une obsession en tête, celle d'empêcher le prochain mariage de sa remplaçante, va tout mettre en oeuvre pour arriver à ses fins.
Alors me direz-vous, serait-ce encore une énième histoire de rivalité féminine qui tourne au cauchemar ? Que nenni ! Beaucoup plus tordu et machiavélique, ce thriller psychologique vous réserve des surprises de taille XXL que je préfère vous laisser découvrir par vous-même ! 

Pari gagné pour le tandem d'écrivains Greer Hendricks et Sarah Pekkanen. Avec ce thriller diabolique, les deux auteures font une entrée fracassante dans le sérail des grandes prêtresses de la "grip lit", rejoignant les redoutables Paula Hawkins, Gillian Flynn ou encore Wendy Walker. Ce roman polyphonique distille son venin à doses croissantes et piège son lecteur dans une redoutable toile d'araignée. Cocktail de mensonges, d'adultère, de jalousie, de manipulation, de folie et de vengeance, ce récit à l'intrigue imprévisible et sinueuse est difficile à lâcher une fois que vous êtes hameçonné !
Mon conseil ? Glissez-le cet été dans votre sac de plage et laissez-vous happer par cette lecture addictive en toute quiétude !



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samedi 10 mars 2018

La femme à la fenêtre d'A. J. Finn




















Éditeur : Presses de la cité
Traduction : Isabelle Maillet
Parution : 08/02/2018
Nombre de pages : 528
Genre : thriller

L'auteur :















Né à New York, A. J. Finn est journaliste et auteur. Il a vécu dix ans en Angleterre avant de retourner aux Etats-Unis. L'auteur a collaboré à plusieurs journaux et magazines parmi lesquels le Los Angeles Times, le Washington Post et le supplément littéraire du Times (UK). 
Avec son premier roman "La femme à la fenêtre", il a fait une entrée fracassante dans le monde du thriller. Vendu à plus de trente-huit pays en un temps record, ce thriller s'annonce comme le phénomène éditorial de 2018. La Fox est déjà en train de l'adapter pour le grand écran.

Quatrième de couverture : 

Elle a tout vu, mais faut-il la croire ?
Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bêtabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russell – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d'emménager en face. Un soir, Anna est témoin d'un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ? 

" La Femme à la fenêtre appartient à ce type de livres singulier qu'il est impossible de lâcher. " Stephen King 

" Stupéfiant. Palpitant. Finn nous offre un thriller digne de ce nouveau millénaire. " Gillian Flynn 

" 10/10 sur l'échelle du twist ! " Val McDermid 

" Une oeuvre sombre au dénouement époustouflant. " Ruth Ware

Mon avis : 

« Retour au 212, où Rita et l'artisan sont en train de se dévêtir en toute hâte. Je pourrais appeler les Renseignements, téléphoner chez elle et la prévenir... Je ne le ferai pas. Observer les autres, c'est comme tourner un documentaire animalier : on ne se mêle pas de la vie des bêtes. »


Pédopsychiatre de renom, Anna a cessé d'exercer depuis un an suite à un événement dramatique qui a ravagé son existence. Depuis, cette dernière vit comme un zombie. Retranchée derrière ses fenêtres, elle passe la plupart de son temps dans l'obscurité, épiant ses voisins à l'aide de ses jumelles. Devenue agoraphobe, il lui est impossible de quitter sa demeure et n'a d'échanges avec l'extérieur que par le biais des réseaux sociaux et d'un forum d'aide aux personnes souffrant des mêmes troubles qu'elle auxquels elle dispense des conseils de survie. Malgré les visites hebdomadaires de son psychiatre et de sa kinésithérapeute, cette dernière se trouve dans une situation d'isolement extrême. Alors, pour pimenter un peu sa vie, elle joue les espionnes. Un jeu dangereux qui va finir par se retourner contre elle. Certaine d'avoir assisté à l'assassinat d'une de ses nouvelles voisines, Anna affolée appelle le 911. Mais qui croirait cette femme à l'esprit perturbé et embrumé par l'abus de Merlot et de médicaments ? Certainement pas la police, d'autant plus que ses voisins nient farouchement leur participation à un meurtre  dont il ne reste nulle trace suspecte à leur domicile.
Anna a-t-elle réellement assisté à cet assassinat ou bien a-t-elle tout imaginé ?

Si vous avez aimé "La fille du train" et "La fille d'avant", vous allez certainement apprécier la lecture de "La femme à la fenêtre".
Prenez  une recette qui a déjà fait ses preuves : une femme isolée et fragilisée psychologiquement qui abuse de l'alcool ou des neuroleptiques et qui se retrouve la proie d'un dangereux manipulateur pervers contre lequel elle doit lutter, vous aurez alors une idée du type d'intrigue dont il est question dans cet inquiétant thriller. 
Petit bonus, les cinéphiles apprécieront les nombreux clins d’œil au 7ème art, notamment aux classiques du suspense en noir et blanc.
Si ce thriller psychologique n'a rien de vraiment novateur, il m'a cependant tenue en haleine jusqu'à la dernière ligne et fait passer un savoureux moment de lecture. Alors, si vous aussi vous aimez ce genre d'intrigue à la sauce hitchcockienne, ne boudez pas votre plaisir !



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