Affichage des articles dont le libellé est Littérature Afrique du Sud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Littérature Afrique du Sud. Afficher tous les articles

vendredi 27 janvier 2017

En vrille de Deon Meyer




















Éditeur : Éditions du Seuil
Parution : 07/01/2016
Nombre de pages : 495
Traduction : George Lory
Genre : policier

L'auteur : 












Deon Meyer est né en 1958 dans la ville Sud-Africaine de Paarl et a grandi à Klerksdorp, dans la région aurifère du Nord-Ouest Province. Après son service militaire, il a étudié à l'université de Potchefstroom et rejoint "Die Volksblad", un quotidien à Bloemfontein, en tant que journaliste. Depuis, il a exercé plusieurs métiers comme rédacteur publicitaire, directeur artistique, directeur web, stratège Internet, et consultant. Deon Meyer est l'auteur de dix romans qui ont été traduits en 25 langues.

Quatrième de couverture :

Traumatisé par le suicide d’un collègue, Benny Griessel replonge dans l’alcool. Sa supérieure hiérarchique le protège en confiant à son adjoint Cupido l’enquête sur le meurtre d’Ernst Richter, créateur d’un site qui fournit en toute discrétion de faux alibis aux conjoints adultères. Richter faisait chanter ses clients. Est-ce là une piste ? L’analyse des relevés d’appels de son portable, l’épluchage des comptes de sa start-up, les interrogatoires de ses employés, les perquisitions ne donnent rien. Les soupçons se portent aussi sur François du Toit, un viticulteur en faillite. Rien de probant. Les Hawks sont dans l’impasse. La solution surgira, contre toute attente, de l’esprit embrumé d’un Griessel au bout du rouleau.
Chaque roman de Deon Meyer aborde un sujet différent : ici, les vignobles du Cap et une technologie de pointe au service de l’enquête. Mais le facteur humain demeure déterminant et ses personnages sont plus poignants que jamais.

Mon avis : 


"C'est un complot entre ciel et terre qui permet de découvrir le cadavre d'Ernst Richter. Une conjuration de l'univers donne un coup de pouce à la justice."

Les premières lignes du dernier opus des aventures de Benny Griessel s'ouvrent sur le déchaînement des éléments, les caprices du ciel permettant de découvrir la dépouille d'un homme enterré dans le Veld. Les Hawks font rapidement le lien entre le cadavre retrouvé et Ernst Richter, porté disparu quelques semaines avant. Homme d'affaire à la réputation sulfureuse, ce dernier dirigeait un site internet permettant aux époux volages et fortunés de fournir d'imparables alibis à leur "tendre moitié" suspicieuse. Chapeauté par le major Mbali Kaleni, le tandem de flics complémentaires Griessel/Cupido va mettre son flair imparable au service d'une enquête à rebondissements menée tambour battant, nous baladant des coulisses d'une start-up aux vignobles de Stellenbosch ! 
Dopée par les millésimes des vignobles du Cap-Occidental, la plume nerveuse de l'auteur sud-africain renoue avec ce qui fait sa force : la puissance d'une écriture visuelle enchâssée dans une intrigue haletante. Jouant habilement avec nos nerfs, Deon Meyer réussit à nous retenir en otage jusqu'au paragraphe final. En arrière plan, on retrouve avec bonheur les personnages récurrents qui ont contribués au succès des précédents titres, des protagonistes attachants et profondément humains (car faillibles) que l'auteur n'hésite pas à égratigner au passage. Enfin, au fil des chapitres et en parallèle de l'intrigue, viennent se glisser des transcriptions d'entretiens entre une avocate et son client, un exploitant-viticulteur qui semble avoir de bien sombres histoires à confesser. Un imbroglio familial qui va complexifier la trame au fil des chapitres, tout en servant de tremplin à l'auteur pour nous faire découvrir l'histoire de la culture de la vigne en Afrique du Sud... Voilà un excellent cru de Deon Meyer qui devrait enivrer les amateurs de polars bien ficelés et les aficionados de lectures dépaysantes !


Rendez-vous sur Hellocoton !

samedi 19 septembre 2015

Paradis amer de Tatamkhulu Afrika






















Éditeur : Presses de la cité
Parution : 02/09/2015
Nombre de pages : 295
Traduction : Georges-Michel Sarotte
Genre : roman autobiographique

L'auteur :
















Poète et écrivain, Tatamkhulu Afrika (1920-2002) est né en Egypte d'un père égyptien et d'une mère turque. Ses parents meurent lorsqu'il est encore enfant, il est alors recueilli par des amis de la famille en Afrique du sud. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, tandis qu'il se bat en Afrique du Nord, il est fait prisonnier à Tobrouk, en Libye ; c'est cette expérience qui sera à l'origine de la rédaction de Paradis amer. De retour dans son pays d'adoption, il devient fervent militant anti-apartheid, et se retrouve enfermé pendant onze ans dans la même prison que Nelson Mandela. 

Quatrième de couverture : 

"Un livre extraordinaire, comme l'on en voit peu. Un texte qui doit être lu, étudié, et aimé. Une véritable œuvre d'art. 

"New York Journal of Books" 

Un vieil homme, Tom Smith, reçoit une lettre et un colis de la part d'une personne qu'il n'a pas vue depuis cinquante ans : Danny, qui fut prisonnier avec lui pendant la Seconde Guerre mondiale, en Afrique du Nord. Dans cette intimité contrainte, tous deux se surprirent à ressentir l'un pour l'autre de forts sentiments qui les aidèrent à supporter les terribles conditions de détention, mais qui furent aussi source de conflits violents et passionnés... 
Roman autobiographique, Paradis amer nous plonge avec virtuosité dans l'atmosphère d'un camp de prisonniers et évoque avec finesse la fatigue des corps, mais aussi la naissance du désir.

"Paradis amer est incisif et lyrique, caustique et émouvant. C'est une lecture enivrante." 

Christos Tsiolkas

Mon avis :

Alexandre Soljenitsyne disait "Souvent, dans le grouillement pénible des camps, dans les colonnes de prisonniers, lorsque les guirlandes de lanternes percent les ténèbres des frimas nocturnes, jaillissaient au-dedans de nous les mots que nous aurions voulu crier au monde, si le monde extérieur avait pu nous entendre." Des maux terribles que Tatamkhulu Afrika n'hésitera pas à expulser et qui donneront naissance à des mots forts, poignants, sous la forme de son roman autobiographique "Paradis amer". 

L'auteur nous livre toute crue son expérience de prisonnier de guerre. Nuls pleurs et atermoiements, seulement une réalité brute que subissent des hommes arrivés au point culminant de leur virilité, gorgés de testostérone et qui se retrouvent malgré eux parqués comme des animaux, privés de toute humanité et qui doivent taire leurs désirs, sous peine de la sentence de leurs semblables. La faim qui tenaille le ventre, les punaises qui grignotent la peau et les nuits, l'abstinence d'amour qui les ronge tout autant que les morpions qui viennent se loger au creux de leur intimité... Alors ils essaient de se recréer un petit paradis, ils rejouent les pièces de  Shakespeare au milieu d'une terre aride qui broie leurs cœurs et leurs muscles... Et la tragédie n'est jamais bien loin ! Au milieu de ce chaos naîtra une amitié amoureuse qui résistera aux balles de l’ennemi, celle de l'auteur et de son ami Danny. Un ami qui n'hésitera pas (malgré la faiblesse de ses jambes) à porter son ami sur son dos, faisant fi de son épuisement et parcourant de nombreux kilomètres afin d'éviter une mort certaine à son compagnon de galère !

Malgré l'âpreté du récit, j'ai dévoré ce texte, vibrant de sensibilité et de poésie, non sans ressentir une certaine gêne à la lecture de certains passages, tellement l'auteur dévoile son intimité et livre ses sentiments sans retenue (bien qu'en toute pudeur).
Ce que je retiendrais de cette lecture ? Des écrits qui cognent, une plume caustique et ensorcelante, un récit à la fois terrible et plein d'espoir, qui nous fait dire que  la plus belle des fleurs peut éclore au milieu du purin !

Un extrait :

Il dispose dans l'allée ses peintures et son chevalet pliant fabriqué par lui-même, bloquant ainsi la circulation, ce qui semble ne gêner personne, puis "fait" mon œil gauche, sa main normalement si tremblante à présent compétente et assurée. Je demande si je peux voir la peinture et il me regarde comme si j'étais toqué, avant de hausser les épaules. Ce que je vois m'épouvante.

- Pourquoi est-ce que je louche d'un œil et où est la peau de mon visage ?

Patiemment, comme s'il parlait à un enfant, il explique :

- L'œil qui bigle est ton mauvais œil. Nous sommes tous ange et démon, comme tu sais. Et ton visage n'a pas de peau parce que je ne peins pas ta peau. Je peins ce qui se trouve sous ta peau, ta vraie personnalité que tu ne veux pas que je vois.




Merci aux éditions "Presses de la cité" et à "Babelio" pour cette découverte.

Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 1 juillet 2011

13 heures de Deon Meyer


















Éditeur : Seuil
Parution : 4 février 2010
Traduction : Estelle Roudet
Nombre de pages : 461
Genre : Policier

L'auteur :













Deon Meyer est né dans la ville Sud-Africaine de Paarl dans les vignobles du Cap-Occidental en 1958, et a grandi à Klerksdorp, dans la région aurifère du Nord-Ouest Province.
Après son service militaire et avoir étudié à l'université de Potchefstroom, il rejoint Die Volksblad, un quotidien à Bloemfontein en tant que journaliste. Depuis, il a travaillé comme rédacteur publicitaire, directeur artistique, directeur web, stratège Internet, et consultant.
Tous ses romans ont été traduits en 25 langues (anglais, français, allemand, néerlandais, italien, espagnol, danois, norvégien, suédois, russe, finnois, tchèque, roumain, slovaque et bulgare...).

Quatrième de couverture :

Le Cap. 5h36 : une Américaine monte la côte de Lion's Head en courant. Elle est jeune, belle, et terrifiée. Parce que traquée. Comme une bête. 5h37 : l'appel réveille l'inspecteur Benny Griessel. Il y a eu meurtre. Une femme, la gorge tranchée, à deux pas de St. Martin, l'église luthérienne de Long Street. 7h02: saoule, l'ex-sensation du chant Alexa Barnard découvre le cadavre de son mari volage par terre. Et un pistolet juste à côté d'elle. 9h00: avec deux meurtres à résoudre et une insupportable envie de boire, Griessel comprend que former une nouvelle génération de flics risque d'être plus compliqué que prévu. Passé 12h00: la course contre la montre engagée pour sauver une jeune touriste de la mort vire au cauchemar. Et à 5h30, on tire sur Griessel, en plein coeur. Soit treize heures ordinaires dans la vie d'un inspecteur des homicides du Cap.

Mon avis :

"13 heures" : une intrigue policière passionnante en territoire lointain. 
La destination : l'Afrique du Sud post-apartheid. 
Nous suivons les aventures de l'inspecteur Benny Griessel et sa nouvelle équipe de choc, dans une course-poursuite effrénée digne d'un épisode de "24 heures".  L'action se déroule sur 13 heures pendant lesquelles on va suivre deux enquêtes qu'à priori rien ne relient. L'histoire débute sur les chapeaux de roues. Rachel, une jeune femme, est pourchassée tel un gibier dans les rues du Cap par de mystérieux tueurs. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-on assassiné son amie ? Quelles raisons font que d'impitoyables traqueurs s'acharnent contre elle ?  
Un magnat du disque est retrouvé mort à son domicile, la meurtrière est-elle sa femme retrouvée ivre morte à côté du cadavre, quel est le mobile du crime ?
13 heures haletantes de course-poursuite dans les rues du Cap et un roman difficile à lâcher tant l'on veut connaître le dénouement !
En arrière-plan, l'auteur aborde les conflits entre les différentes ethnies peuplant la Nation arc-en-ciel à l'heure de l''affirmative action' et nous décrit une société sud-africaine qui reste très communautaire, même si Afrikaners, Zoulous, Xhosas... vivent côte-à-côte !
Au résultat : une lecture captivante ! Les paragraphes sont courts et nerveux, l'action omniprésente, l'écriture cinématographique.
"13 heures", un excellent page-turner impossible à lâcher !  

Un extrait :

Ce fut la chute qui la sauva.
D'instinct, elle avait grimpé la volée de marches escarpées qui débouchaient plus haut à flanc de colline entre deux hauts murs recouverts de lierre, puis elle pris un petit raidillon étroit qui serpentait vers le sommet. Table Mountain avait soudain surgi au-dessus d'elle, tel un colosse menaçant avec ses pentes raides et pierreuses recouvertes de fynbos et ses étendues dégagées. Elle avait fait une erreur, elle en était sûre. Ils allaient la repérer et la rattraper dans la montée. Ils s'empareraient d'elle, la plaqueraient au sol et lui trancheraient la gorge, comme Erin.
Elle avait continué à grimper. Sans regarder en arrière. Le dénivelé lui coupait les jambes, elle n'avait plus de force dans les cuisses ni les genoux, comme si un lent poison était en train de la paralyser. Au-dessus, vers la droite, elle avait aperçu la gare du téléphérique, le soleil qui se reflétait sur les vitres des cabines, les minuscules, minuscules silhouettes des gens si proches et pourtant, si terriblement lointaines. Si seulement elle pouvait les atteindre ! Non, c'était trop escarpé, trop éloigné, elle n'y arriverait jamais.

Rendez-vous sur Hellocoton !