Le livre, un outil de liberté ?

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jeudi 16 juin 2011

Out de Natsuo Kirino






















Editeur : Points
Traduction
:
Ryôji Nakamura & René de Ceccatty
Parution
:
21/06/2007
Nombre de pages
:
655 pages
Genre
: thriller

L'auteur : 























Natsuo Kirino naît en 1951, sous le nom de Mariko Hashioka, à Kanazawa au Japon. Elle commence à écrire en 1989 sous le pseudonyme de Noemi Nobara, avant d'adopter définitivement celui de Natsuo Kirino en 1993. Elle est l'auteur d'une dizaine de romans dont “Disparitions” publié en 1999 au Japon, pour lequel elle a reçu le prix NaokiSon roman “Out“ a été couronné par le Grand Prix de littérature policière du Japon. Ces deux derniers romans parus aux éditions du seuil sont “Le vrai monde” (2010) et “Intrusion” (2011).

Quatrième de couverture :

Dans une usine de Tōkyō, quatre femmes travaillent de nuit. Leurs maris sont tous infidèles ou violents, et détestés. Lorsque Yayoi finit par étrangler son conjoint, c’est une véritable descente aux enfers qui commencent pour elle et ses complices. Leur route croise celle de Mitsuyoshi, un ancien homme de main hanté par le supplice qu’il a fait subir à… une femme. S’engage très vite une terrifiante lutte à mort.
“Retournements, vigueur du récit et conclusion, voilà qui ravirait Hannibal Lecter”.   (Library Journal)

Mon avis :

C'est le premier thriller japonais que je lisais, et très franchement, j'étais vraiment curieuse de savoir ce que pouvait donner un polar à la sauce nippone ! et bien je n'ai pas été déçue ! 
En tout premier lieu pour le dépaysement, pour cette plongée dans le Japon moderne qui m'a permis de mieux cerner les us et coutumes de ses autochtones. En second lieu pour l'histoire narrée par l'auteur. Celle-ci nous brosse le quotidien de quatre femmes, Yoshié, Yayoi, Kuniko et Masako, vivant dans la périphérie de Tōkyō. On est loin de la jolie banlieue dorée des “Desperate housewives”, pour elles pas de sorties shopping, ni de réunions tupperware, mais un travail de nuit en usine, abrutissant et sans la moindre pause, consistant en la préparation de paniers-repas à la chaîne ! Leurs vies personnelles ne sont pas plus réjouissantes : maris violents, joueurs et infidèles, belle-mère incontinente et grabataire à charge, problèmes financiers, un quotidien des plus moroses et désespérant. Il n'est pas facile de vivre au pays du soleil levant, société patriarcale par excellence, quand on est née femme !
 Jusqu'au jour ou l'une d'elle craque et étrangle son mari, prise d'une folie meurtrière quand elle apprend qu'il a perdu toutes leurs économies en jouant au baccara. Ces quatre femmes vont se retrouver liées par ce meurtre, elles vont en toute complicité, démembrer le mari de Yayoi, pour se débarrasser du corps plus facilement. Ce qui reste le plus déroutant est le sang-froid et le calme avec lequel elles accomplissent cet acte, comme si elles exécutaient tout simplement une de leur tâche ménagère quotidienne. Voici d'ailleurs un passage, qui résume bien l'état d'esprit de ces femmes au moment où elles passent à l'acte :

«… Mais qu'est-ce que vous faites ?
Masako se tourna vers elle d'un air excédé.
- On le coupe en morceaux. On a décidé que c'était un travail comme un autre.
- Mais enfin … c'est pas un travail !
- Si, c'en est un ! décréta Masako pour couper court.
Tu as besoin d'argent, tu nous aides.
Ces mots la réveillèrent…»

….. à partir du moment où elles commettent l'irréparable, leurs vies vont se fissurer, ce sera l'escalade, l'effondrement progressif, total et inéluctable !
Ce qui caractérise la plume de Natsuo Kirino ? cynisme, froideur et élégance. J'ai beaucoup aimé son style d'écriture et ce roman qui sort des sentiers battus. Je vais donc attaquer très prochainement, un autre de ses livres “Monstrueux”(encore un pavé), en espérant qu'il sera aussi passionnant que celui-ci !

Un extrait :

«Comme les femmes préparent le repas tous les jours, elles sont plus habituées que les hommes à la chair et au sang. Elles savent mieux manier le couteau et mieux traiter les déchets. Et en plus une femme qui a accouché, dans la mesure où elle a côtoyé de très près la naissance et la mort, est dotée d'un plus grand courage. Sa femme de ce point de vue-là, en était un bon exemple, se dit-il non sans humour.»




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