Le livre, un outil de liberté ?

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samedi 7 mars 2015

L'unité de Ninni Holmqvist






















Editeur : Le livre de poche
Parution : 13 novembre 2013
Traduction : Carine Bruy
Nombre de pages : 335
Genre : Science fiction/anticipation

L'auteure : 














Ninni Holmqvist est née en Suéde en 1958. Traductrice et auteure de nouvelles, L'Unité est son premier roman.

Quatrième de couverture :

Parce qu’elle vient d’avoir 50 ans et qu’elle est célibataire, Dorrit est devenue une « superflue », et à ce titre, doit rejoindre l’Unité. Un appartement lumineux et confortable, agrémenté de micros et de caméras de surveillance, lui a été réservé. Un écran de télévision, mais pas de téléphone ni Internet pour communiquer avec l’extérieur… En plus d’être logés, les résidents sont nourris, bénéficient de soins médicaux et peuvent consacrer leur temps au loisir de leur choix. Les nouveaux arrivants sont chaleureusement accueillis… avant d’être affectés à des groupes d’expérimentations médicales humaines. Le corps de Dorrit ne lui appartient plus : à chaque instant on peut lui prélever un organe au bénéfice de ceux qui vivent à l’extérieur et qui sont encore « utiles ». Tout est prévu dans le moindre détail. Sauf une rencontre qui va tout changer.

Mon avis :

Quel est le sens de la vie ? Autrefois, Dorrit la narratrice de ce livre aurait certainement répondu : "Ma vie m'appartient et je peux en disposer à ma guise". En rejoignant l'unité, elle va réaliser qu'elle n'en est pas la détentrice et qu'elle n'a été qu'une simple intendante d'un corps dont on lui a laissé l'usufruit pour seulement cinq décennies. Cinquante ans pour les femmes et soixante ans pour les hommes : c'est l'âge légal pour rejoindre l'Unité de la banque de réserve de matériel biologique pour celui qui n'a pas fondé de famille et procréé, et qui selon une loi validée par référendum est contraint de rejoindre le rang des "superflus". 

Petit Eden en façade, l'Unité se présente sous la forme d'un village vacances sous bulle, dont l'hiver et le froid ont été bannis. Jardin d'hiver tropical fleuri et odorant, complexe sportif, loisirs à profusion... Tout est prévu pour faciliter l'intégration des nouveaux arrivants. Du rêve sous cloche, qui cependant ne parvient pas à leur faire oublier l'effroyable réalité qui les attend. Une cage dorée où des êtres humains doués de raison et d'intelligence savent qu'ils n'ont tout au plus que quelques saisons à vivre, obligés de participer à des expériences pour servir la science ou de céder des tissus ou des parties d'organes jusqu'au "don final". A son arrivée, Dorrit va vivre l'effroi, l'incompréhension, la révolte et la tristesse tout comme ses prédécesseurs, avant de se résoudre à accepter l'inéluctable, épaulée par les anciens. Résignée, elle va s’intégrer au groupe et continuer à vivre, rencontrant son lot de joies et de déceptions... Jusqu'au jour où l'improbable va se produire. Mais aura-t-elle la chance de retrouver le monde des "nécessaires" ? Une "superflue" peut-elle vraiment échapper à sa condition ?

Voilà un roman d'hypothèse qui va très loin dans l'horreur, son auteure imaginant une société où la vie est considérée comme du capital et où l'être humain ne s'appartient plus. Celui qui ne participe pas à la reproduction et à la croissance est légalement reconnu comme non possesseur de ses organes, ces derniers pouvant donc être redistribués à ceux qui contribuent à faire augmenter le PIB. On pourrait comparer l'Unité à une casse humaine, où les organes sont des pièces détachées que l'on vient prélever sur des hommes pour lesquels on n'a pas plus de considération que pour une vieille guimbarde à désosser, et qui assistent impuissants à leur progressive et inéluctable dégradation, sans pouvoir se défendre contre leurs bourreaux.
L'unité ? Une vision futuriste d'un monde totalement déshumanisé et privé d'éthique, où rien n'est gratuit et où la logique économique prime sur l'homme !    




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