Le livre, un outil de liberté ?

Le livre, un outil de liberté ?

samedi 21 mars 2015

Nous ne sommes pas nous-mêmes de Matthew Thomas























Éditeur : Belfond
Parution : 8 janvier 2015
Traduction : Sarah Tardy
Nombre de pages : 335
Genre : Littérature américaine

L'auteur : 


















Né en 1975 dans le Bronx, Matthew Thomas  a passé son enfance dans le Queens. Après des études à l'université de Chicago, il devient enseignant dans un collège privé de New York. La rédaction de "Nous ne sommes pas nous-mêmes" lui prendra près de dix ans. L'auteur se consacre aujourd'hui à l'écriture et vit dans le New Jersey avec son épouse et leurs jumeaux. 

Quatrième de couverture :

De son enfance dans un minuscule appartement du Queens d'après-guerre, fille unique d'un père camionneur idole du quartier, et d'une mère qui noyait sa mélancolie à grands coups de scotch, Eileen Tumulty a tiré un principe : toujours viser plus haut, ne jamais renoncer à sortir de sa condition. 
Faire des études, décrocher un diplôme d'infirmière : Eileen s'accroche, s'endurcit. Tomber amoureuse, épouser Ed : Eileen s'envole, elle a de l'ambition pour deux. Donner naissance à un fils, trouver la maison de ses rêves, former une vraie famille : Eileen veut encore plus, encore mieux. 

Et pourtant... 
Les rêves ne sont-ils jamais que des rêves ? 

Sentir la menace, redouter le pire, se révéler dans l'épreuve. 

Et puis choisir de continuer à vivre, malgré tout.

Mon avis :

Concrétiser son "American Dream", un espoir que caresse tout migrant venu fouler le sol américain. Des années 1940 à nos jours, « Nous ne sommes pas nous-mêmes » brosse le portrait d'Eileen, fille d'immigrés irlandais, qui y croit dur comme fer à son rêve, persuadée qu’elle va le réaliser par la force de son labeur et la puissance de sa volonté !

Unique progéniture d'un ménage boiteux, composé d'un père souvent absent et porté sur le jeu et d'une mère noyant ses désillusions dans l'alcool, Eileen, gamine volontaire et intelligente, est bien décidée à ne pas suivre l'exemple parental. Ambitieuse et courageuse, elle n'hésite pas à étudier longuement à la lueur d'une lampe,  réussissant à décrocher un diplôme d’infirmière. Quand vient le moment de jeter son dévolu sur un mari, elle choisit Ed Leary, lui aussi de souche irlandaise. Ed est un scientifique, un spécialiste du cerveau, doué et pragmatique. Un homme simple et économe qui a la tête sur les épaules, un homme qu’elle espère bien modeler à sa convenance, pour en faire le précieux allié qui l’aidera à réaliser son rêve américain. Sur le plan affectif,  Ed va se montrer à la hauteur de ses espérances, comblant les attentes d’Eileen et lui apportant l’enfant dont elle rêvait. En revanche, ses ambitions matérielles se verront contrariées par le peu d'enthousiasme que son mari déploiera pour les réaliser. Préférant la tranquillité de son laboratoire aux honneurs et aux mondanités, Ed refusera les différentes promotions qui auraient pu leur apporter plus de richesse et de respectabilité. Ce qui n'empêchera pas le couple de s'offrir une jolie maison et de profiter des bonheurs simples de la vie de famille... Jusqu'au cinquantième anniversaire d’Ed, le moment où tout va basculer. Ce dernier va changer de comportement, devenant plus distant, plus froid, présentant des sautes d’humeur et se montrant parfois violent et méchant dans ses propos envers ses proches. 
Eileen s’interroge : Est-ce le fameux « démon de midi » ou quelque chose de plus terrible encore ? 

Servie par la plus plume raffinée et sans ambages de l'auteur, cette épopée réaliste et sans paillettes nous balade dans le quotidien d'une famille américaine ordinaire, qui tente de mener sa barque du mieux qu'elle peut, luttant parfois contre les écueils et les vents contraires qui barrent sa route. Au soir de sa vie, Eileen réalisera qu'il ne suffit pas toujours de vouloir pour pouvoir, et que la réalisation de nos désirs chimériques n'ouvre pas forcément la porte du bonheur. 
Alors, à force de vouloir étancher nos désirs de grandeur et notre soif de biens matériels, un danger ne nous guette-t-il pas ? Celui d’oublier l’essentiel... Au risque de passer à côté de nous-mêmes ?




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