dimanche 29 décembre 2019

La transition de Luke Kennard




















Éditeur : Anne Carrière
Parution : 22/11/2019
Nombre de pages : 300
Traduction : Marie de Prémonville
Genre : dystopie

L'auteur : 











Né au royaume-Uni en 1981, Luke Kennard est un poète et écrivain britannique. Ce dernier a remporté le prix Eric Gregory pour son recueil The Solex Brothers.

Quatrième de couverture : 


« La Transition n'est pas une punition, c'est une opportunité. »Voilà ce qu'on explique à Karl au tribunal alors qu'il doit partir en prison quelques mois pour fraude aux cartes à la consommation.
Ça se passe en Angleterre, Karl et sa femme Geneviève sont des trentenaires bobos, qui ont grandi avec l'idée qu'ils avaient le droit de manger bio, de boire des cafés aux compositions compliquées et d’habiter un minuscule appartement en ville décoré avec goût. La vérité, c'est qu'ils n'en ont pas les moyens, qu'ils font partie des perdants, et qu'il est venu temps de payer... ou d'accepter d'être réformés.
Ils acceptent donc, presque reconnaissants, ce programme de six mois où ils devront vivre chez un couple de mentors, plus accomplis, plus sages, qui ont la mission de leur mettre un peu de plomb dans la tête, de leur apprendre à gérer un budget et à se fixer des objectifs pour redevenir des membres productifs de leur classe sociale. Mais dès que le programme commence, Karl est envahi d'un doute. Les mentors sont sympathiques, l'appartement est magnifique, l'ambiance chaleureuse, le programme peu contraignant. Pourquoi alors ? Pourquoi est-il persuadé que La Transition cache de plus sombres desseins ? Pourquoi est-il persuadé qu'on essaie de le séparer de Geneviève ? Est-il en train de devenir paranoïaque ? C'est là que les premiers messages anonymes lui parviennent :

« Fuyez, La Transition n'est pas ce que vous croyez. »

Mon avis : 


« C’est censé être le journal des gens cultivés et pauvres, sauf qu’on est pas du tout représentés. Les journaux s’adressent à la tranche la plus aisée d’une fraction déjà infime de la société.

– On passe tous la plus grande partie de notre vie à rêver de l’avenir qu’on estime mériter, dit Janna. »


Nous sommes en Angleterre dans un futur très proche. Karl et Geneviève sont de jeunes mariés dévorés d'ambition et de rêves d'opulence dans une humanité gangrenée par la société de consommation où les prix flambent à tous les niveaux. Malheureusement, comme beaucoup de leurs contemporains, le couple gagne chichement sa vie avec un faible salaire d'institutrice pour elle et des jobs aléatoires sur internet pour Karl, qui met ses talents de rédacteur au service des plus offrants. Ce dernier joue avec le feu, multipliant les fraudes à la carte bancaire pour se maintenir à flot, jusqu'au jour où le couperet tombe : il est sommé de choisir entre la prison ou un projet de réhabilitation que l'on nomme "la transition". 
Optant pour la seconde solution, les deux jeunes gens devront cohabiter six mois avec un couple de mentors/modèles à la réussite sociale éblouissante, chargés de les rééduquer pour les remettre dans le droit chemin de l'économie triomphante. Au fil des jours, le couple va devoir se heurter à des difficultés croissantes et des événements incohérents. Bientôt des divergences d'opinions et des conflits vont naître entre les différents protagonistes. 
Karl et Geneviève ont-ils fait le bon choix ? Qui tire les ficelles de "la transition" ? Quels desseins cache cette organisation ? 
Le couple va bientôt se retrouver au cœur d'un cyclone et lutter tant pour son intégrité que pour sa survie, au sein d'un monde dominé par les apparences et l'argent-roi...

Effrayante dystopie sur le thème de l'eugénisme social, "La transition" mène son lecteur sur des sentiers périlleux et très actuels : mutations de la société liées à l'essor des nouvelles technologies, servitude des peuples aux temples de la consommation, manipulation de masse, conditionnement psychologique et dépersonnalisation de l'individu. 
Efficace par sa trame narrative inventive et son rythme soutenu, ce roman ne tient malheureusement pas ses promesses jusqu'au bout. Je m'attendais à un final beaucoup plus réaliste et riche en rebondissements  et je suis (avec regrets) restée sur ma faim.
Il n'empêche que "La transition" reste un roman agréable à lire et percutant, dont l'intérêt principal est d’explorer une thématique qui donne lieu  à réflexion !



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