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samedi 31 juillet 2021

Le nouveau de Keigo Higashino

 













Éditeur : Actes Sud
Parution : 03/06/2021
Nombre de pages : 336
Genre : littérature étrangère

L'auteur : 
















Né en 1958 à Osaka, Keigo Higashino est l’une des figures majeures du roman policier japonais. Son œuvre, composée d’une soixantaine de romans et d’une vingtaine de recueils de nouvelles, connait un succès considérable. Plus d'une vingtaine de ses ouvrages ont été porté à l’écran et il a remporté de nombreux prix littéraires dont le prestigieux prix Edogawa Rampo ainsi que le prix du meilleur roman international du Festival Polar de Cognac 2010 pour La maison où je suis mort autrefois. Le Nouveau est son neuvième roman à paraître dans la collection "Actes Noirs".

Quatrième de couverture :

Muté depuis peu au commissariat de Nihonbashi, au cœur de Tokyo, Kaga Kyôichiro enquête sur le meurtre d’une femme retrouvée étranglée dans son appartement. Récemment divorcée, cette mère de quarante-cinq ans venait tout juste de s’installer dans le quartier. Au fil de ses investigations, qui le conduisent dans différents commerces et restaurants, Kaga se familiarise avec ce nouvel environnement, véritable microcosme traditionnel, où subsistent des pratiques et des rituels d’un autre temps. À son habitude, le limier insondable s’arrête sur des détails à première vue parfaitement anecdotiques. Comme cette gaufre fourrée au wasabi découverte chez la victime. Ou la deuxième paire de ciseaux de table qu’elle venait d’acheter. L’énigmatique Kaga, dont le profond humanisme n’a d’égal que son sens de l’observation, mène une quête de vérité absolue dans laquelle l’arrestation du criminel n’est qu’une étape. Et dans l’entourage de la victime, les mystères les plus inattendus s’éclaircissent. Le maître nippon est de retour avec un roman à tiroirs subtilement agencé dans lequel le plaisir envoûtant du voyage nous fait presque oublier notre destination.

Mon avis :

« Intervenir dans le conflit entre ta mère et ta femme ne servira à rien. Ce n’est pas si simple. La seule chose que tu puisses faire, c’est les écouter. Ne t’en mêle surtout pas. Tu verserais de l’huile sur le feu. Une fois qu’elles arrêtent, donne-leur raison à toutes les deux. Si tu prends parti pour l’une, ça te retombera sur le coin du nez. L’autre te le reprochera. Tais-toi et serre les dents. Sinon, tu peux aussi te sacrifier et les laisser passer leur colère sur toi. »

Fraîchement muté dans le quartier de Nihonbashi, l'inspecteur Kaga Kyoichiro est mandaté pour enquêter sur le meurtre d'une quadragénaire à la vie aussi lisse que du papier de soie. 
Retrouvée étranglée à son domicile, cette femme récemment divorcée qui vivait chichement de traductions et n'attirait pas les passions, représente une énigme de choix pour ce jeune enquêteur curieux et zélé. 
Afin de résoudre ce crime nébuleux, Kaga va sillonner le quartier avec minutie, interrogeant sans relâche riverains et commerçants, à la recherche d'indices pouvant l'éclairer sur la personnalité et les habitudes de la morte.
Avec un récit construit à la façon des poupées gigognes, l'intrigue centrale se divise en sous-énigmes, chaque chapitre se focalisant momentanément sur l'une des familles de boutiquiers ou l'un des proches de la victime, perçant à jour la nature profonde de chacun de ses membres et leurs petits secrets bien gardés. 
La somme des détails (en apparence insignifiants et à caractère isolés) récoltés par l'enquêteur s'avèrera finalement cruciale pour faire avancer l'enquête et confondre un assassin rusé et difficile à piéger.

A la manière des meilleurs orfèvres, Keigo Higashino nous livre un roman policier à tiroirs à l'intrigue aussi délicate qu'habilement ficelée. 
Ce polar délicieusement dépaysant est aussi une invitation à baguenauder dans un typique quartier tokyoïte, invitant le lecteur à découvrir ses singulières échoppes, mêlant tradition et modernité. 
De sa plume subtile et raffinée, l'auteur nous introduit avec pudeur et douceur dans l'intimité d'un peuple épris de beauté et de perfection, à la culture vraiment unique. 
Aussi irrésistible et exquis qu'une gaufre Taiyaki, ce polar se déguste en prenant le temps de le savourer !



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mercredi 27 avril 2016

Un endroit discret de Seichô Matsumoto




















Éditeur : Babel noir
Parution : 08/09/2012
Traduction : Rose-Marie Makino et Yukari Kometani
Nombre de pages : 214
Genre : littérature japonaise

L'auteur :





















Seichō Matsumoto est un auteur japonais de romans policiers né en 1909 à Kitakyūshū et décédé en 1992. Un George Simenon à la japonaise, qui est l'auteur de plus de 450 livres ! Il a été le président du Mystery Writers of Japan de 1963 à 1971.

Quatrième de couverture :


Tsuneo Asai est en mission à Kôbe pour le compte du ministère de l'Agriculture lorsqu'il reçoit un coup de téléphone : son épouse est morte quelques heures plus tôt. Elle a succombé à une crise cardiaque tandis qu'elle se trouvait dans un magasin. Sous le choc, il décide de rentrer à Tôkyô par le premier train. Eiko avait le coeur fragile, il le savait, et la nouvelle de son décès ne l'a surpris qu'à demi. Les circonstances de sa mort, en revanche, ne laissent pas de l'étonner. Comment cette épouse docile, au caractère réservé, avec laquelle il menait une vie calme et sobre, qui ne s'absentait de la maison que deux ou trois après-midi par semaine pour aller à ses réunions de haïku, a-t-elle pu mourir dans une curieuse petite boutique de cosmétiques, dans un quartier où elle n'aurait jamais dû mettre les pieds ?
Quelques jours plus tard, il décide d'aller s'excuser auprès de la commerçante de la gêne occasionnée. Il découvre alors, non loin de là, la villa Tachibana, une maison de rendez-vous. Son trouble grandit. Peu à peu, d'infimes détails, de curieux haïkus publiés à la mémoire de son épouse dans la revue de son cercle littéraire, les confidences du personnel des "villas" sur les couples illégitimes qui les fréquentent, le convainquent que sa femme menait une double vie... 
Dans ce roman écrit au début des années 1970, Seichô Matsumoto traque de l'intérieur un fonctionnaire appliqué brusquement débordé par un événement inattendu. Ce faisant, il nous donne à voir une société japonaise profondément ambivalente, à la fois pétrie de conventions et complice de ceux qui les ignorent.

Mon avis : 

Tsuneo Asai est gêné, et même très gêné. Il doit quitter le repas qu'il partageait avec une geisha et son directeur, le chef de cabinet Shiraishi, car on vient de lui annoncer le décès de son épouse. Mais que faisait donc Eiko dans ce quartier reculé de Tokyo où elle vient de passer de vie à trépas, victime d'un incident cardiaque ? 
Asai veut comprendre. Pas par désespoir d'avoir perdu sa femme, mais plutôt parce qu'il est quelqu'un de méticuleux et qu'en bon fonctionnaire, il aime aller au bout des choses  et ne lésine pas sur les moyens d'atteindre ses objectifs. Alors, il embauche un détective pour enquêter sur la vie de cette épouse dont il n'a pas fait grand cas de son vivant, car il s'intéressait alors principalement à sa carrière. Et des découvertes, il va en faire ! Jusqu'à la confrontation avec l'amant de sa femme qui va tourner au drame...

Ecrit au début des années 1970, voilà un polar intemporel, cérébral et à l'écriture ciselée, qui vaut vraiment le détour. Orfèvre du détail, Seichō Matsumoto dissèque à la loupe la quête d'un homme froid, intelligent et déterminé. Un homme pour qui la vie n'est que rationalité, sacrifices et multiples courbettes à qui pourrait servir ses intérêts. Une ambition démesurée qui finira par le perdre !

Trois bonnes raisons de vous le procurer :

- Pour cette immersion dans la culture japonaise avec ses règles de politesse incontournables.
- Pour l'intrigue sombre et allant crescendo, ainsi que la psychologie aiguisée des personnages (ce n'est pas pour rien que cet auteur est surnommé le Simenon japonais).
- Pour son intrigante couverture, illustrant à merveille la dualité des personnages centraux de ce roman !

Un extrait :

"Mais il n'était pas pour autant tout à fait tranquille. Il lui arrivait soudain d'être frappé par la perspective d'être un meurtrier. Une pensée qui lui donnait des sueurs froides. Non par conscience morale de son crime, mais par peur de la catastrophe lorsqu'il serait découvert. Cela ressemblait à la peur du vide, et il avait parfois envie de hurler. C'était brutal, comme des crampes d'estomac. Et comme pour les crampes d'estomac, dès que la douleur disparaissait il oubliait tout et revenait à son quotidien."



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