Le livre, un outil de liberté ?

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samedi 4 mai 2013

Bettý d'Arnaldur Indridason


Éditeur : Points
Parution : 15/11/2012
Nombre de pages : 237
Genre : policier

L'auteur :

Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en Islande en 1961. Il est journaliste, scénariste et critique de cinéma. Il est l'auteur de plusieurs romans policiers dont La Cité des Jarres qui a été traduit dans plus de vingt langues. Il est également l'auteur de "La Dame en vert" (Grand Prix des lectrices de Elle 2007), La voix (2007),"L'Homme du lac" (Prix du polar européen 2008 du Point)," Hiver arctique" (2009), Hypothermie (2010), "La rivière noire" (2011) et "La muraille de lave" (2012).

Quatrième de couverture :

Quand j’ai rencontré Bettý, j’ai su que ma vie allait basculer. Elle était magnétique et fatale. J’aurais tout donné pour elle. J’ai même accepté de travailler pour son mari. Mais maintenant c’est moi qui suis derrière les barreaux. Aux yeux de tous, je suis coupable de meurtre. Parce que, si l’amour se joue à trois, il y en a toujours un de trop.

Mon avis :

"Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s'est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire.
J'ai essayé de comprendre un peu mieux tout ça et ce n'est pas facile. Je ne sais pas, par exemple, quand ça a commencé. Je sais quand a débuté ma participation, je me rappelle le moment où je l'ai vue pour la première fois et peut-être que mon rôle dans cette étrange machination avait été décidé depuis longtemps. Longtemps avant qu'elle ne vienne me voir."
Dès les premières lignes, l'auteur annonce la couleur, noire comme les pensées du narrateur qui s'est trouvé pris au piège d'une gigantesque toile d'araignée. Une ratière inéluctable et fatale dans lequel il ne pouvait manquer de tomber et que lui a tendu la vénéneuse Bettý.
L'anti-héros de cette histoire, un avocat désargenté dont la clientèle se fait rare, donne une conférence destinée aux armateurs islandais quand son regard croise celui de Bettý. Sculpturale et attractive comme un aimant, cette dernière lui propose de devenir le conseiller juridique attitré de son époux, un riche armateur islandais. Attiré par l'appât du gain et la beauté de Bettý, ce dernier va accepter cette offre alléchante qui lui parait inespérée, sans se douter un instant qu'il vient de tomber dans un redoutable traquenard...
Le récit dont la narration se fait à la première personne nous fait plonger dans les pensées les plus intimes du narrateur. Alternant le présent et le passé, ce dernier nous décrit son enfermement. Il se remémore sa  passion destructrice et son obsession pour la jeune femme dont il fut le jouet. L'auteur passe au crible les faiblesses du narrateur et les failles dans sa personnalité qui l'ont amené inéluctablement à se faire manipuler tel un pantin par BettýArnaldur Indridason  nous réserve d'ailleurs une surprise de taille concernant le personnage principal, un coup de théâtre final qui fait le sel et l'originalité de ce roman sombre.
Tout comme ses polars qui mettent en oeuvre les enquêtes d'Erlendur et de son équipe, ce roman d'Arnaldur Indridason  est avant tout caractérisé par son aspect psychologique. La raison qui fait que j'aime les écrits de cet auteur, véritable explorateur de l'âme humaine. Un récit qui est avant tout une radiographie fouillée des relations que peuvent tisser des êtres qui bien que dissemblables, ne peuvent lutter contre leur destin dès lors que les sentiments ont pris le pas sur la raison.
Comme pour la plupart des romans qui viennent du froid, le rythme lent du roman peu agacer certains, donc si vous recherchez avant tout de l'action et des épisodes à rebondissements, passez votre chemin. Pour les autres, ceux qui aiment les polars dont la dominante reste le suspense psychologique, ce roman tient ses promesses et vous fera passer un très  bon moment de lecture ! 

Un extrait :

J'ai demandé un stylo et quelques feuilles de papier. Le pire, dans cet endroit, c'est le calme. Il règne un silence qui m'enveloppe comme une couverture épaisse. Tout est réglé comme du papier à musique. Ils m'apportent à manger à heure fixe. Je prends une douche tous les jours. Ensuite, il y a les interrogatoires. Ils éteignent la lumière pendant la nuit. C'est là que je me sens le plus mal. Dans l'obscurité avec toutes ces pensées. Je m'en veux terriblement d'avoir permis qu'on m'utilise. J'aurais dû le prévoir.
Et pendant la nuit, dans l'obscurité, voilà que le désir fou, le désir fou de la revoir m'envahit. Si seulement je pouvais la revoir une fois encore. Si seulement nous pouvions être enseble, ne serait-ce qu'une fois encore.
Malgré tout.


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