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dimanche 26 février 2023

Ceux d'ici ne savent pas de Heather Young













Éditeur : Pocket
Parution : 10/11/2022
Nombre de pages : 460
Traduction : Carla Lavaste
Genre : Littérature américaine

L'auteure :












Américaine, Heather Young a débuté une carrière dans le droit avant de se lancer à la poursuite de son rêve : l'écriture. Titulaire d'un MFA du Bennington College Writing Seminars, elle a suivi de nombreux ateliers d'écriture avant de publier son premier roman, Un été près du lac (Belfond, 2017 ; Pocket, 2019), sélectionné pour le prestigieux Edgar Award for Best First Novel. Ceux d'ici ne savent pas est son deuxième roman.

Quatrième de couverture :

Dans le décor aride des plaines de l'Idaho, Heather Young tisse un roman poignant, un suspense psychologique d'une grande finesse où s'animent des personnages vibrants, qui restent longtemps dans les mémoires.
Adam Merkel, professeur de mathématiques du collège de Lovelock, Idaho, est mort ce matin. C'est Sal Prentiss, l'un de ses élèves, qui vient de découvrir le cadavre de ce quadra sur un bûcher dressé dans le canyon.
Une annonce terrible qui secoue cette petite ville et remue profondément la jeune professeure Nora Wheaton. Elle qui se sentait liée à Adam par une solitude et une souffrance communes veut comprendre : qui pour assassiner aussi brutalement cet homme sans histoires.
Alors qu'elle plonge dans le passé de son défunt collègue, Nora réalise peu à peu que Sal, ce jeune orphelin timide et farouche, semble en savoir bien plus qu'il ne veut le dire… Avec lui, la jeune femme se lance dans une enquête délicate. Une plongée aux confins de l'âme des habitants de cette région oubliée du monde, qui portent en eux un héritage fait de violence et de survie dont ils n'ont plus conscience.

Mon avis : 

« Pi est défini par le cercle, et le cercle est la forme la plus parfaite de la création. Il est aussi au cœur des cycles, qui sont au temps ce que le cercle est à l’espace. Sans pi, impossible de définir un processus cyclique. On le retrouve partout où il y a des ondes, des orbites ou des motifs. Dans le rythme des océans et celui de la musique, dans le battement cardiaque et la rotation des planètes autour du soleil. D’une certaine manière, c’est bien plus qu’un nombre. C’est l’un des fils du tissu de l’univers. »

Qui était vraiment Adam Merkel dont le corps a été retrouvé calciné à proximité du canyon de Limerick ? 
Pourquoi ce brillant universitaire était-il venu s'enterrer dans un bled comme Lovelock quelques mois avant sa disparition pour enseigner les mathématiques à des collégiens ? Cachait-il quelques secrets inavouables ? 
C'est ce que cherche à découvrir Nora, une collègue enseignante qui s'était prise d'affection pour ce quadragénaire d'un abord sympathique mais plutôt réservé, plus passionné par les nombres et les jeux d'échecs que par ses congénères. Intriguée par le passé nébuleux d'Adam, cette dernière va chercher à en savoir plus sur ce pair trop discret, son enquête l'amenant à s'interroger sur des pans de son propre passé qu'elle avait relégué dans les limbes de sa mémoire.
Dans cette petite ville du Nevada, loin de Las Vegas et de ses casinos, tout le monde se côtoie et personne ne se connait vraiment. La rumeur va bon train, bruissant de moult suppositions et affabulations qui n'aident pas la police dans ses investigations pour résoudre une enquête qui piétine. 
Nora, Jake le pompier qui a découvert le corps carbonisé d'Adam et Sal, l'élève préféré du professeur défunt, s'expriment à tour de rôle dans ce roman choral. Des confessions qui vont petit à petit lever le voile sur une vérité infiniment plus complexe qu'il n'y paraît et sur les sombres secrets des différents protagonistes en lien avec ce drame inexpliqué. C'est toute la petite ville qui va s'embraser quand les certitudes des uns et les œillères des autres s'effondreront comme un château de cartes… 

Avec ce roman particulièrement sombre, l'auteure brosse le portrait d'une petite bourgade américaine d'apparence tranquille dont les fondations vont être terriblement secouées suite à un crime féroce. Pauvreté, isolement et addictions multiples gangrènent ce microcosme, dépeint à l'antithèse du « Small town life » d'un Norman Rockwell.
Dans ce récit immersif au suspense savamment dosé, Heather Young s'attaque notamment à la crise des opioïdes et ses ravages aux Etats-Unis (à lire également sur le sujet "L'empire de la douleur" une enquête passionnante et particulièrement détaillée du journaliste d'investigation Patrick Radden Keefe sur la famille Sackler à l'origine de la mise sur le marché de l'OxyContin).
Une plongée hallucinante dans une Amérique à rebours des images d'Epinal couramment véhiculées !



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dimanche 16 décembre 2018

Helena de Jérémy Fel




















Éditeur : Rivages
Parution : 22/08/2018
Nombre de pages : 733
Genre : littérature française

L'auteur :
















Natif du Havre, Jérémy Fel a fait des études de lettres et de philosophie. Il a été scénariste de courts-métrages puis libraire. Qualifié de « fils spirituel français de Stephen King », il travaille actuellement à l’adaptation cinématographique de son premier roman, "Les Loups à leur porte" qui a rencontré un vif succès en 2015 (prix du Polar en Série 2016). "Helena" est son second roman.

Quatrième de couverture :


Kansas, un été plus chaud qu'à l'ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l'Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l'ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s'échappent d'une cave. Des rêves de gloire naissent, d'autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l'équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu'en l'infligeant à d'autres... Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d'où ils tenteront par tous les moyens de s'extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena... Jusqu'où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu'ils commettent l'irréparable ? Après Les Loups à leur porte, Jeremy Fel aborde cette vertigineuse question dans une grande fresque virtuose aux allures de thriller psychologique.

Mon avis :


« Parfois, je me dis que cette violence-là est tapie en nous et qu’il ne faut pas grand chose pour qu’elle surgisse pour tout briser. »

Haley, 17 ans, se rend à un entraînement de golf quand elle tombe en panne sur une route de campagne du Kansas. La chaleur est asphyxiante et c'est avec soulagement qu'elle accepte l'hospitalité de Norma, le temps que le garagiste du coin répare son véhicule. Comment cette ravissante adolescente issue des beaux quartiers pourrait-elle s'imaginer qu'elle vient de commettre la plus belle erreur de sa vie en acceptant l'aide de cette avenante veuve ? D'ailleurs, pourquoi cette  jeune mère de famille qui n'a pas encore abordé le cap de la quarantaine vit-elle dans cette lugubre demeure paumée au milieu des champs de maïs avec ses trois enfants ? Il y a Graham âgé de 19 ans qui est plutôt beau gosse, Cindy, 8 ans, la petite dernière au physique de poupée délicate que maman prépare à un concours de mini-miss et enfin Tommy, un adolescent du même âge qu'Haley, qui provoque une sensation de malaise chez cette dernière chaque fois qu'elle croise son inquiétant regard d'oiseau de proie... Une rencontre explosive qui va sceller à jamais le destin de l'adolescente et des différents protagonistes de cette terrifiante histoire !

Balançant entre thriller horrifique, drame familial et satire sociale d'une Amérique gangrenée par la course à la réussite et malade de ses contradictions, "Helena" est un roman polyphonique absolument inclassable et réellement perturbant. Ce pavé de 700 pages dont le thème principal traite de l'amour maternel et de ses dérives aborde également des sujets épineux et dérangeants comme le viol, la prostitution, la pédophilie où les paradis artificiels, à travers une galerie de personnages bluffants de réalité. Ces derniers, constamment au bord du précipice, se révèlent aussi attachants que détestables. Violemment malmenés par le destin, ils oscillent en permanence entre ombre et lumière. D'une plume gorgée de vitriol et tranchante comme un couteau bien affûté, l'auteur nous livre une fable diabolique où le croquemitaine peut revêtir les allures d'un séraphin et les anges se transformer en créatures d'apocalypse. 
Effroyable plongée dans les tréfonds de l'âme, ce roman m'a fait l'effet d'un véritable uppercut et m'a valu quelques tremblements et sueurs froides !




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dimanche 31 décembre 2017

N'appelle pas à la maison de Carlos Zanón




















Éditeur : Asphalte
Parution : 03/04/2014
Nombre de pages : 376
Traduction : Adrien Bagarry
Genre : littérature espagnole

L'auteur : 


Carlos Zanón est né à Barcelone en 1966. Il est poète, romancier, scénariste et critique littéraire. Soudain trop tard, paru chez Asphalte en 2012, a remporté le prix Brigada 21 du meilleur premier roman noir. Il est également l'auteur de J'ai été Johnny Thunders (2016). Ses livres ont été traduits et publiés aux Etats-Unis, en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Quatrième de couverture : 

Barcelone, de nos jours. Raquel, Cristian et Bruno vivent d'une arnaque dans laquelle ils excellent : ils font chanter les couples illégitimes. De l'argent facile, une organisation bien rodée, menée de main de maître par Bruno, malgré quelques passages à tabac lorsque les choses dérapent. Merche et Max sont amants. Elle est mariée, il est divorcé ; tous deux font partie de la classe moyenne catalane. Un jour, Cristian va repérer le couple et noter le numéro de plaque d'immatriculation de Max. L'engrenage diabolique est enclenché... mais rien ne va se passer comme prévu. Deux mondes se côtoient dans ce roman où l'on croise une galerie de personnages marquants, durement touchés par la crise et par la vie.

Mon avis :


«  Peut-être s'est-il trompé depuis toujours. La vie n'est ni un drame ni une sitcom. Pas plus qu'une tragédie. La vie, sa vie, c'est un western, sans scénario la plupart du temps. »

Ils sont trois petites frappes sans foi ni loi, Raquel, Bruno et Cristian. A la limite de la clochardisation, ils squattent où ils peuvent et passent la plus grande partie de leur temps dans des bars sordides à jouer aux cartes, boire et se droguer. Fâchés avec le travail, ils vivent au jour le jour grâce à des combines tordues et bien souvent hasardeuses. Leur dernière trouvaille est d'arnaquer les couples adultères qu'ils repèrent à la sortie des hôtels. Parmi eux, Merche et Max. Lui est fraîchement divorcé et espère que sa maîtresse va enfin se décider à faire de même. Malheureusement, cette dernière rechigne à mettre fin à une vie de couple qui si elle ne l'enchante pas, lui permet de vivre très confortablement. Quand les arnaqueurs entre en jeux, les choses se précipitent mais ne tournent pas vraiment comme chacun des protagonistes l'avait escompté...

Roman trash, féroce et désespéré se déroulant dans les quartiers les plus glauques de Barcelone, N'appelle pas à la maison est assurément un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Véritable plongée dans l'univers terrifiant de losers suprêmes, maudits et sans espoirs de rédemption, ce livre dérange par sa crudité et sa cruauté. Ce roman noir remarquablement rédigé est également une réflexion fouillée sur l'amour, la vie de couple, la maladie et le temps qui passe. 
Si une immersion dans un monde désenchanté ne vous effraie pas, jetez-vous sur ce petit chez-d'oeuvre de noirceur dont la lecture vaut vraiment le détour ! 



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samedi 16 décembre 2017

L'Arménien de Carl Pineau




















Éditeur : Librinova
Parution : 12/06//2017
Nombre de pages : 311
Genre : Policier

L'auteur : 


Né en 1966 à Nantes, Carl Pineau commence très tôt à fréquenter la vie nocturne de la ville. Il est encore très jeune lorsqu'une discothèque l’embauche pour animer les soirées. Les lieux cultes nantais deviennent pour lui un univers familier. À 21 ans, il quitte le monde de la nuit et reprend des études. Nantes est sa ville de cœur. Pourtant, en 2009, avec sa femme et ses deux enfants, il décide d'aller voir le monde pour réaliser ses rêves d’enfant : écrire et voyager. La famille se fixe d’abord au Québec, où Carl suit les cours de création littéraire de l’université de Laval et entame L’Arménien. Depuis 2015, la tribu habite en Thaïlande, où Carl continue d’écrire. Malecón, thriller politico-financier situé entre Paris et Cuba, sortira en 2018. Deux autres polars de la série Nuits Nantaises sont également en rédaction.

Quatrième de couverture : 

Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou. Deux balles dans la peau, et partiellement calciné. Assassiné. Mais par qui ?
Et qui était vraiment l’Arménien ?
Un trafiquant de cocaïne notoire, comme le pense l’inspecteur Greg Brandt ?
Un copain de virées avec qui écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand, son premier et peut-être unique ami ?
Un jeune orphelin perturbé, mais à l’esprit vif et éveillé, comme le pense Françoise de Juignain, sa psychiatre depuis 20 ans ?
Rien de tout cela, bien plus encore ?

De la place Graslin au Château des ducs de Bretagne, des ruelles pavées du quartier Bouffay aux bars à hôtesses du quai de la Fosse, des pavillons de Rezé aux immeubles de Bellevue, Carl Pineau fait revivre dans ce thriller noir toute l’ambiance du Nantes des années 80.

Mon avis :
 
« La vie, c’est pas le décor, c’est ce que t’as au-dedans. »


Roman d'une improbable amitié au cœur des années fric et frime, L'Arménien retrace les frasques nocturnes et fatales d'un coiffeur trentenaire et d'un jeune exilé ravagé par des événements traumatisants. Recueilli par une parente, Luc Kazian cherche à se reconstruire après avoir assisté impuissant à l'assassinat de ses deux parents alors qu'il était âgé de sept ans. Après de longues années de thérapie, l'état de ce dernier semble s'être stabilisé. Malheureusement, sa rencontre avec Bertrand va faire voler en éclats ce fragile équilibre et précipiter sa chute vers une fin tragique. Son corps, mutilé et criblé de balles, est retrouvé dans une forêt de la banlieue nantaise. Pourquoi un tel acharnement ? A-t-il fait l'objet d'un règlement de compte entre malfrats ? Les démons du passé ont-ils encore frappé ? Qui était-il vraiment ?

Bienvenue dans le milieu interlope des noctambules nantais des années 1980. Un univers dominé par les paillettes et les illusions où l'on croise des bimbos désabusées dont le rimmel bave vilainement et des dealers à la petite semaine qui flambent leur vie à défaut de la vivre. Dans ce troublant roman polyphonique habilement dosé en rebondissements, l'auteur nous campe les portraits, dénués de toute concession ou manichéisme, de personnages écorchés qu'un enchaînement d'événements dramatiques va faire dériver vers des rivages où ils ont perdu toute notion d'humanité.
Sombre et implacable, ce premier roman de Carl Pineau devrait combler les attentes des amateurs de polars urbains dopés à la testostérone !



Merci à Carl Pineau de m'avoir gentiment proposé de découvrir sa plume à travers la lecture de ce roman.

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dimanche 13 mars 2016

La chute des princes de Robert Goolrick




















Éditeur : 10/18
Parution : 07/01/2016
Traduction : Marie de Prémonville
Nombre de pages : 237
Genre : littérature américaine

L'auteur :


Robert Goolrick vit dans un petite ville de Virginie. Son premier roman, "Une femme simple et honnête" (2009),  a été numéro 1 sur la liste du New York Times et fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David YatesIl est également l'auteur de "Féroces" (2010), dans lequel il nous livre son histoire familiale et de "Arrive un vagabond" (2012), pour lequel il reçoit le Prix Virgin Megastore de 2012 et le Grand prix des lectrices de Elle de 2013.















Quatrième de couverture : 


New York, années 1980. Bienvenue au bal des vanités, ou de jeunes traders vont vendre leur âme au dollar et se consumer dans une ronde effrénée, sublime et macabre. Ils ont signé pour le frisson et ils vont jouer toute la partie : les fêtes, les drogues, l'alcool, les corps parfaits, les Cadillac, le sexe, et des morts que l'on laisse en chemin. Vite, toujours plus vite, c'est la seule règle de ce jeu. Aller suffisamment vite pour ne pas se laisser rattraper. Parce que les princes sont poursuivis par de terrifiants monstres : le sida, les overdoses, le regard chargé de honte de leurs parents, un amour s'excusant de n'avoir sauvé personne. L'un des plus grands romans sur l'Amérique et l'argent depuis Gatsby le Magnifique.

Mon avis : 

"- On s'en fout, rétorque-t-il. Votre CV a été vu plus souvent qu'Autant en emporte le vent. Vous n'êtes pas le plus malin, ni le plus crétin. Je sais tout de vous. Que vous avez couché avec Suzanne Martin, qui était beaucoup plus intelligente que vous et qui ne travaille plus ici. Non, les CV, c'est bon pour les autres. Voici ce qui va se passer. Nous allons faire une partie de poker. Une seule. Si vous gagnez, vous décrochez un boulot. Si vous perdez, sayonara." 

Bienvenue dans le monde doré des rois de la finance des années 1980. Rooney, le narrateur et ancien trader de l'écurie la "FIRME", nous raconte, avec l'humilité de celui qui a tout perdu (et qui regrette amèrement les "années bonheur") son ascension, puis sa descente vertigineuse, de l'écurie céleste au ruisseau. Un trader qui a eu le le vent en poupe, et dont l'addiction à l'alcool et aux drogues diverses lui vaudra l'excommunication du monde des golden boys et du lit de sa femme (qui le plumera jusqu'à son dernier dollar). 
Devenu libraire, l'ancien trader va pleurer en vain son ancienne vie, ses draps en fine percale de coton et ses chemises en coton Géorgie longue-soie...
Régurgitation des années 80 et de l'époque Frime-Fric-Fête, l'auteur dégueule les restes d'une gueule de bois dans laquelle on retrouve pêle-mêle : l'alcool à profusion, le sexe à outrance et les drogues à gogo... avec en toile de fond le spectre du SIDA qui vient brandir ses griffes. Les cadavres s'amoncellent dans l'entourage de Rooney, l'homme qui se croyait plus fort que la vie et les dollars !
Narré à la première personne, voilà un roman que j'ai dévoré jusqu'à la dernière page, un roman que j'ai aimé tout en le détestant...

Pourquoi ? : 

-Parce-que je n'aurai jamais l'altruisme de Rooney : un homme qui présente ses excuses à nous autres lecteurs, pour avoir aimé vivre dans l'opulence.
- Parce-que (et surtout) j'ai beaucoup de mal à comprendre le pardon de Rooney à Carmela (et non, elle ne lui a pas refilé le SIDA (trop facile) !

... Si vous lisez "La chute des princes", vous comprendrez peut-être pourquoi...

Thanks to Ryan McGuire (http://www.gratisography.com/)
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dimanche 31 janvier 2016

Le syndrome du pire de Christoffer Carlsson





















Éditeur : Ombres noires
Parution : 11/03/2015
Traduction : Carine Bruy
Nombre de pages : 345
Genre : littérature suédoise/thriller

L'auteur :






















Christoffer Carlsson est né en 1986. Titulaire d'un doctorat en criminologie, il enseigne cette discipline. En 2012, l'European Society of Criminology lui a décerné le Young Criminologist Award pour son travail de recherche sur la rédemption des anciens criminels. Le Syndrome du pire a été élu roman policier de l'année par l'Académie des auteurs de romans policiers suédois.


Quatrième de couverture : 


Stockholm, fin de l'été 2013. Une jeune droguée, Rebecca Salomonsson, est abattue dans un foyer pour femmes. Trois étages plus haut, dans son appartement, Leo Junker est réveillé par les lumières des voitures de police. Flic, il travaille aux affaires internes, la division la plus mal vue, celle des "rats" qui enquêtent sur leurs collègues. Suspendu depuis "L'affaire Gotland", au cours de laquelle il a commis une erreur qui a coûté la vie à un policier, rongé par la culpabilité, Leo s'étiole dans son nouveau job. Alcool, errances nocturnes, sa vie ressemble à un lent naufrage. Mais, dans le meurtre Salomonsson un indice le frappe particulièrement, qui fait ressurgir à sa mémoire des personnages troubles de son adolescence: Julia et John Grimberg. De plus, des messages énigmatiques arrivent à son portable. Et pourquoi a-t-il le sentiment diffus d'être suivi? Quand la réalité se délite, à quoi peut-on s'attendre, sinon au pire? 



Mon avis : 


"Je traîne devant ta porte, comme je le faisais il y a un paquet d'années. Sauf que ce n'est pas ta porte, tu n'es pas ici. Tu n'es plus ici depuis longtemps. Je le sais parce que je te suis. Je suis seul ici. Et je ne suis même pas réellement ici. Tu ne me connais pas. Personne ne me connaît. Plus maintenant. Personne ne sait qui je suis. Tu sens que quelque chose cloche, que quelque chose est sur le point de se produire."
Leo Junker, enquêteur aux affaires internes qui  vient d'être mis au placard suite à une vilaine bavure, sent une menace planer au-dessus de sa tête. Réelle ou fictive ? Avec son cerveau embrumé par les comprimés qu'il fait descendre en s'aidant de gorgées d’absinthe, ce dernier a bien du mal à chasser les idées noires qui le poursuivent sans lui laisser de trêve. Quand une junkie se retrouve assassinée dans son immeuble, notre flic ne peut s'empêcher de mener son enquête personnelle, malgré l'interdiction de sa hiérarchie qui lui conseille de faire profil bas s'il veut se sortir de l'ornière. Une quête qui va le mener sur les traces de son passé, ravivant des souvenirs pas toujours roses, ceux d'un ado issu d'un quartier sensible de Stockholm qui ne pouvait finir que flic ou voyou...


Chez Christoffer Carlsson, le noir domine bel et bien, même si l'auteur nous ménage quelques instants de répit qui nous permettent de reprendre notre souffle entre deux confessions livrées par analepse. L'intrigue, qui va crescendo, finit par nous immerger dans un univers si oppressant que l'on se retrouve presque au bord de l’asphyxie. "Le syndrome du pire" est un roman qui vous prend aux tripes. Une lecture addictive et terriblement crédible, de celles qui vous laissent au bord de la nausée par moments. 
Les amateurs de romans noirs seront comblés. Pour les autres, attention à la gueule de bois !



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dimanche 17 janvier 2016

Une baraque rouge et moche comme tout, à Venice, Amérique... de Marie-Gisèle Landes-Fuss






















Éditeur : Gallimard
Parution : 02/05/1985
Nombre de pages : 248
Genre : littérature française, autobiographie romancée
L'auteure : 
















Journaliste et romancière, Marie-Gisèle Landes-Fuss qui vit en Californie à publié "Le grand homme gris" en 1958. L'auteur s'est inspirée de son expérience personnelle pour rédiger son roman "Une baraque rouge et moche comme tout, à Venice, Amérique".


Quatrième de couverture : 


La narratrice arrive à Venice, quartier de Los Angeles, peuplé de paumés, de drogués. Elle-même se bourre de certaines pilules. Elle finit par se retrouver dans une maison en briques rouges, sur la plage, un étrange «Centre de réhabilitation» pour drogués. Pendant un an, elle va y mener une vie incroyable, terrifiante, cruelle et salutaire, une vie qui n'est peut-être pas dépourvue d'amour.


Mon avis : 


"Et moche qu'elle était aussi, de près. Avec trois étages de briques tristes. Et une porte vitrée cachant un escalier raide qui descendait tout droit vers la promenade... La seule note pas triste, c'était, par les fenêtres grandes ouvertes, des plantes vertes pendant des plafonds. Et des pans de murs de couleur... Dix heures du matin. Soleil rose sur Venice. Promenade vide. Plage vide. Océan vide. Et moi sur un banc. Juste en face de la baraque. Essayant de me donner des airs de promeneuse qui s'est posée là pour fumer une cigarette... J'avais la grosse tête . Il faut dire que mes petites chéries, elles me procuraient des séjours au paradis de plus en plus brefs. Allez savoir pourquoi..." 
Après quinze ans en tête à tête avec ses "petites chéries" (une ribambelle de pilules chimiques qu'elle avale comme des smarties), la narratrice est au bout du rouleau quand elle pousse la porte de cette baraque rouge et moche comme tout, découverte au détour d'un voyage en Californie. Elle y restera une année entière avant de reprendre l'avion pour Paris. Un séjour qui va s'avérer difficile pour celle que tous surnomment la "Frenchie", et à qui l'on fait comprendre que toute journaliste internationale qu'elle est, elle ne vaut pas mieux que n'importe quelle toxicomane issue d'un ghetto de Los Angeles. Tous les pensionnaires sont logés à la même enseigne, et la "Frenchie" ne bénéficiera d'aucun traitement de faveur. Tout juste sortie d'un sevrage éprouvant, cette dernière croit défaillir quand elle voit sa jolie blouse à fleurs cavaler sur le dos d'une petite brune et quand elle sent les effluves de son Miss Dior sur sa camarade de chambrée fraîchement sortie de la douche. Pas d'intimité, mais un espace réduit qu'elle doit partager avec deux autres femmes qu'elle a du mal à supporter. Quand elle se plaint, on lui répond : " C'est exprès qu'on vous a mises ensemble. On met toujours une Noire, une Blanche, et, si possible, une mexicaine ensemble. C'est pour créer des conflits!... - Pourquoi est-ce qu'il faut créer des conflits ?... - Pour apprendre à les résoudre !..."
L'établissement est tenu par un énorme "Bouddha", ancien drogué lui-même, tout droit sorti d'un pénitencier six ans auparavant. Il fonctionne selon des règles particulières. Pas de médecins dans les murs, seulement d'anciens toxicomanes repentis chargés de remettre les nouveaux pensionnaires dans le droit chemin, avec une thérapie basée sur le lessivage des murs et des groupes de paroles dans lesquels chacun peut s'exprimer librement et sans tabou. La narratrice va vivre une expérience hallucinante dans cette baraque toute rouge et toute moche... une épreuve unique, à la fois mêlée d'effroi et d'espoir, dont elle finira par ressortir victorieuse !

Déniché par hasard chez un bouquiniste, voilà un livre sorti en 1982 qui m'a tout d'abord intrigué par la longueur de son titre et sa couverture originale, un bouquin que je n'ai pu lâcher une fois ouvert. Émaillé de dialogues savoureux et parfois cocasses, le récit se présente sous la forme de phrases courtes et percutantes. Pas de chapitres, mais une suite de paragraphes d'inégales longueurs qui nous font cavaler de mots en mots, nous laissant parfois essoufflés. Récit écrit dans l'urgence ? Urgence de vivre ? Voilà un bien beau texte sorti du grenier à (re)découvrir ! 




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