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dimanche 26 novembre 2017

Le dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot




















Éditeur : Belfond
Parution : 17/08/2017
Nombre de pages : 265
Genre : littérature française

L'auteur : 















Xavier-Marie Bonnot est né à Marseille. Réalisateur de documentaires, il est aussi l’auteur de plusieurs polars : "La Première empreinte" (2002), "La Bête du marais" (2008), "La Voix du loup" (2006), "Les Âmes sans nom" (2009), "Le Pays oublié du temps" (2011), "Premier homme" (2013), "La dame de pierre" (2O15) qui a reçu le Prix Cognac du Polar Francophone 2016 et "La vallée des ombres" (2016). 

Quatrième de couverture : 


Les orphelins de l'enfance resteront toujours des adultes abandonnés. 
Rodolphe Meyer était violoniste célèbre. Le public l'adulait, les critiques l'encensaient. Mais l'alcool a vaincu l'artiste. 
Reclus dans une vieille ferme dont il vient d'hériter, Meyer vit ses derniers jours en compagnie du prestigieux Lord Wilton, le dernier violon de Yehudi Menuhin, modèle absolu de Rodolphe. Un matin d'hiver, alors que sa raison vacille, son double surgit de la nature sauvage et interroge l'artiste sur sa part d'ombre. Sur sa vérité. 

Roman intimiste au cœur des grands espaces, tour à tour hostiles ou bienveillants, Le dernier violon de Menuhin nous bouleverse par ce qu'il révèle de la solitude des hommes, au sommet de leur art... ou simples mortels.

Mon avis : 


« Pour ma part, quand j'irai dans la longue nuit du pourrissement, il restera quelques disques, des souvenirs de concerts, des articles élogieux, de l'orgueil sur papier ou plastique. De la parade ! Je n'ai servi à rien d'autre qu'à remplir des salles et à presser de la musique.
- C'est déjà pas mal, remarqua l'Autre.
- Sans doute, mais le prix à payer est élevé. Trop élevé pour moi. »

L'amour de la musique mérite-t-il tous les sacrifices ? Violoniste virtuose depuis son plus jeune âge, Rodolphe Meyer n'a vécu que pour son art, sous la houlette d'un père tyrannique l'empêchant de vivre sa vie d'enfant. Il a connu la gloire, l'amour et la défaite. Il a côtoyé les plus grands et s'est offert le dernier violon de son idole Yehudi Menuhin. Après avoir joué à guichets fermés, l'alcoolisme a eu raison de son succès, le public se lassant de ses excès. Vient l'heure du bilan quand ce dernier se retrouve face à lui-même, en seule compagnie de son violon et de sa dive bouteille, confronté à sa propre mortalité dans la solitude d'une ferme aveyronnaise reçue en héritage. Tutoyant la folie, l'homme fait un retour sur sa vie, se remémorant son enfance sacrifiée, ses peurs profondes noyées dans l'ivresse de la réussite, ses amours défuntes et l'extrême solitude qui embruma sa vie. Confronté à la mélancolie de grands espaces dominés par une nature âpre, Rodolphe Meyer va renouer avec sa part sauvage au risque de s'y brûler. Peut-on vraiment échapper à soi-même ?

J'ai retrouvé avec bonheur la plume délicate de l'auteur qui sait si bien nous décrire les tourments qui dévorent les hommes. Comme dans son précédent roman La vallée des ombres, Xavier-Marie Bonnot nous brosse le portrait d'un homme en rupture avec lui-même, un homme torturé par son passé qui tente de donner un sens à vie, un être laminé par des relations conflictuelles avec ses géniteurs. Le narrateur, un musicien de génie à la sensibilité à fleur de peau, est dominé par sa passion chronophage pour le violon, seul exutoire à une colère rentrée qui fait barrière à ses relations avec autrui. Ce livre est également une réflexion sur le thème épineux de la mortalité, cette machine à broyer qui menace tout homme et dont la finalité est de le réduire en poussière. La célébrité peut-elle permettre d'échapper à sa condition de mortel ou n'est-elle qu'une vaine tentative de fuir l'inéluctable ? Peut-on vraiment lutter contre la grande faucheuse ? Avec beaucoup de musicalité dans ses mots, Xavier-Marie Bonnot nous livre un récit mélodieux sur lequel plane l'âme apaisée du Grand Menuhin !



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samedi 3 septembre 2016

Repose-toi sur moi de Serge Joncour




















Éditeur : Flammarion
Parution : 17/08/2016
Nombre de pages : 427
Genre : littérature francaise

L'auteur : 



















Né en 1961, l'auteur a fait des études de philosophie avant de se lancer dans la vie active, pratiquant divers métiers. Son premier roman "Vu", est publié en 1998. Fort de son succès, Serge Joncour continue dans sa lancée et va publier au fil des ans une dizaine de romans, multipliant les succès et les prix littéraires. L'auteur s'est vu décerner le Pris des Deux Magots pour son roman "L'écrivan national (2015).

Quatrième de couverture : 

Aurore est une styliste reconnue et Ludovic un agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils n'ont rien en commun si ce n'est un curieux problème : des corbeaux ont élu domicile dans la cour de leur immeuble parisien. Elle en a une peur bleue, alors que son inflammable voisin saurait, lui, comment s'en débarrasser. Pour cette jeune femme, qui tout à la fois l'intimide et le rebute, il va les tuer. Ce premier pas les conduira sur un chemin périlleux qui, de la complicité à l'égarement amoureux, les éloignera peu à peu de leur raisonnable quotidien.Dans ce grand roman de l'amour et du désordre, Serge Joncour porte loin son regard : en faisant entrer en collision le monde contemporain et l'univers intime, il met en scène nos aspirations contraires, la ville et la campagne, la solidarité et l'égoïsme, dans un contexte de dérèglement général de la société où, finalement, aimer semble être la dernière façon de résister.

Mon avis :

Le corbeau est-il un oiseau de malheur ou de bon augure ? Voilà une question que pourrait se poser Ludovic ainsi qu'Aurore, les deux protagonistes de ce roman... aussi dépareillés qu'une chaussette en nylon se retrouvant mêlée à un bas de soie !

Lui : un colosse campagnard, ex-rugbyman chargé du recouvrement des impayés de pauvres bougres.

Elle : une styliste sylphide qui s'est fait un nom dans le monde de la couture parisienne.

Deux individus totalement dissemblables qui vont se rencontrer dans la cour commune de leurs appartements respectifs. 
L'objet du rassemblement ? Une meute de choucas qui fait régner la terreur sur le quartier !
On imagine leurs dialogues intérieurs : 
Elle qui se questionne : 
- Mais c'est qui ce plouc ?
Et lui qui s’esclaffe : 
- Mais quelle snobinarde ! Elle se prend pour qui ? La Reine d'Angleterre ?
Voilà deux êtres aussi opposés que le jour et la nuit et qui vont pourtant se retrouver unis dans leurs solitudes respectives et nouer des liens que nul n'aurait pu envisager !

"Repose-toi sur moi" est un roman écrit à la troisième personne, un récit où les principaux protagonistes vont perdre quelques plumes, s’asseoir sur leurs beaux principes et réviser leur vision du monde qui les entoure, découvrant avec effarement que les charognards sont présents partout, à Paris comme à la campagne. Alors, comment lutter et s'en défaire ? 
Désamour, solitude, trahisons... Quand les secousses et les uppercuts de la vie te laissent à moitié sonné, vers qui peux-tu te retourner ? Déboussolés, Aurore et Ludovic cherchent le petit bout d'atoll qui leur permettra de souffler... Et si la solution était dans l'autre ?
Ce roman de Serge Joncour est une vraie bouffée d'oxygène !



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