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mardi 1 mai 2018

Tu me vertiges de Florence M.-Forsythe




















Éditeur : Le Passeur
Parution : 05/04/2018
Nombre de pages : 435
Genre : biographie romancée

L'auteure :




















Florence M.-Forsythe est metteur en scène, comédienne, productrice de diverses émissions pour France Culture, et directrice du festival des Voyages intérieurs. Elle a bien connu Maria Casarès. Elle est notamment l'auteur de Maria Casarès, une actrice de rupture (2013) et de Jacques Lacarrière, passeur pour notre temps (2015).

Quatrième de couverture : 


En 1944, Maria Casarès et Albert Camus se croisent à une soirée chez les Leiris. Elle est Espagnole, ardente et comédienne en vue ; il a récemment publié son roman L'Etranger, fréquente Sartre et Beauvoir à Saint-Germain-des-Prés, haut lieu de l'intelligentsia parisienne éprise d'existentialisme. Tous deux sont des exilés unis par la passion du théâtre et par l'Espagne, la "seconde patrie" de Camus. Très vite, ils deviennent amants. Nous sommes le 6 juin 1944, la nuit du Débarquement. Ils vivent leur relation incandescente et secrète dans les rues de Paris, les théâtres et les clubs de jazz. Mais la guerre se termine et l'épouse de Camus le rejoint à Paris. Maria décide de rompre. Deux ans plus tard, leur histoire reprend, traversée de tempêtes et d'accalmies. Ces deux séducteurs connaîtront d'autres aventures, mais leur amour les surpassera toutes tant il est exceptionnel. Pour Camus, Casarès est "l'Unique" ; et lui restera, par-delà la mort, le plus grand amour de sa vie.

Mon avis : 


« Ils marchent plein d'étoiles dans les yeux. Des passants se retournent. Maria et Albert ont quelque chose que les autres sentent sans l'expliquer. Ils sont beaux. Simplement. Pas d'une beauté factice, mais de celle qui irradie sans que l'on sache vraiment pourquoi. Une façon de se mouvoir, un port de tête droit et franc ; le corps libéré, le visage offert, ils sont heureux... »

Ils sont jeunes, beaux et talentueux. Elle c'est Maria Casarès, une belle actrice aux yeux d’émeraude qui commence à se faire un nom dans le monde du spectacle et qui a du fuir l'Espagne en raison de la dictature franquiste. Lui c'est Albert Camus, un jeune écrivain et journaliste militant qui a du quitter à regrets son Algérie natale suite à l'interdiction du journal " Alger républicain" dont il était le rédacteur en chef. Un soir de mars 1944, les deux jeune gens vont se croiser lors d'une soirée organisée au domicile de l'écrivain et ethnologue Michel Leiris. C'est le coup de foudre réciproque entre Albert et Maria qui entament une liaison, bien que ce dernier soit marié à Francine, restée en Algérie. Les deux amants vivront leur passion jusqu'au tragique accident de voiture qui mettra fin à la vie de l'écrivain en 1960. Cette biographie romancée relate les relations tumultueuses et parfois orageuses de ces deux êtres farouchement épris de vérité, de justice et de liberté, qui auront vainement essayé de faire un choix entre raison et passion...

Traversant le Paris occupé, la liesse de la libération et le Saint-Germain-des-Près festif d'après guerre, les amours de ces deux personnalités marquantes du 20ème siècle nous sont narrées sous la plume d'une amie intime de Maria Casarès. Avec une pointe d'humour et beaucoup de tendresse, l'auteure nous livre un récit pétillant et virevoltant qui nous invite dans les coulisses de la résistance sur les pas d'un Albert Camus engagé, sur la scène des salles de théâtre qui faisaient vibrer le Tout-Paris dans les années 1940 et 50 ou encore dans les folles soirées privées des personnalités des arts et des lettres de l'époque telles que Picasso, Claude Simon, Hemingway, Braque, Henri Michaud, Boris Vian, Mouloudji, de Beauvoir et Sartre... 
Enivrant et passionné "Tu me vertiges" est un récit pétillant comme une bulle de champagne !


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dimanche 4 mars 2018

Au café existentialiste de Sarah Bakewell




















Éditeur : Albin Michel
Parution : 24/01/2018
Traduction : Pierre-Emmanuel Dauzat et Aude de Saint-Loup
Nombre de pages : 504
Genre : essai

L'auteure : 















Née à Bournemouthen 1963, Sarah Bakewell est une romancière et essayiste anglaise. Après avoir poursuivi des études à l'Université de l'Essex, elle a exercé la profession de conservatrice au département des incunables de la Wellcome Library. L'auteure a reçu le prix 2010 du National Book Critics Circle Award pour sa biographie de Montaigne.

Quatrième de couverture :

Paris, 1932. Trois amis se réunissent dans un célèbre café de Montparnasse. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir écoutent Raymond Aron, de retour de Berlin, parler d'une forme de pensée radicalement neuve qu'il a découverte : la phénoménologie. En guise d'explication, Aron pointe son verre du doigt et dit à Sartre : « Tu vois, tu peux parler de ce cocktail, et c'est de la philosophie ! »
Intrigué et inspiré, Sartre élabore une théorie philosophique fondée sur l'existence vécue, dont le quartier de Saint-Germain-des-Prés va devenir l'emblème. Des cafés aux clubs de jazz, des cénacles intellectuels aux nuits blanches de Boris Vian chantées par Juliette Gréco, l'existentialisme va faire vibrer Paris et se diffuser dans le monde entier, de l'après-guerre aux mouvements étudiants de 1968.
Avec l'érudition et l'humour qui ont fait l'immense succès de Comment vivre ?, Sarah Bakewell fait revivre un courant fondateur de l'histoire de la pensée du XXe siècle et nous plonge dans l'atmosphère effervescente du Paris existentialiste.

Mon avis : 

« Tu vois mon petit camarade », dit Aron à Sartre, ainsi qu'il l’appelait affectueusement depuis leurs études, « si tu es un phénoménologue, tu peux parler de ce cocktail et c'est de la philosophie ! »

Nous sommes en 1932 quand le couple Beauvoir-Sartre découvre le concept philosophique de la phénoménologie, courant qui consiste à appréhender l'essence des choses par la conscience. Par la suite, les deux écrivains-philosophes vont largement s'en inspirer pour donner naissance à la célèbre théorie existentialiste sartrienne qui a marqué l'époque des trente glorieuses. 
Dans le présent essai, mélange de théorie, de biographie et d'anecdotes marquantes, l'auteure nous convie dans l'antre des plus grands penseurs du XXème siècle : Edmund Husserl, Martin Heidegger, Karl Jaspers, Maurice Merleau-Ponty, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Simone Weil et Simone de Beauvoir... 
Dans cet ouvrage inclassable et non dénué d'humour, Sarah Bakewell nous fait découvrir un milieu intellectuel foisonnant dont certains des acteurs principaux seront parfois en prise avec des querelles de clochers ou finiront par se brouiller définitivement en raison de divergences  d'opinions philosophiques et/ou politiques.

Érudit sans être indigeste, cet essai de Sarah Bakewell se laisse parcourir avec assez d'aisance, permettant au néophyte en la matière de se familiariser avec des théories philosophiques pas forcément évidentes à saisir de prime abord. Un bon point pour l'auteure qui nous livre un ouvrage clair, concis et accessible à tous. Seul petit bémol, j'ai constaté que dans ce livre de 500 pages nous avions pratiquement une centaine d'entre elles réservées aux références bibliographiques, notes diverses et illustrations en noir et blanc, ce qui m'a donné l'impression que l'éditeur et son auteure cherchaient à faire du remplissage. Cela-dit, si vous recherchez un abordable et sympathique ouvrage de synthèse concernant les philosophies existentialistes, cet essai devrait certainement vous intéresser ! 




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