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jeudi 1 décembre 2022

Une vie d'artistes de Alexandre Page

 













Éditeur : Alexandre Page
Parution : 16/07/2022
Nombre de pages : 350
Genre : littérature française

L'auteur :








Alexandre Page est né en 1989 à Clermont-Ferrand. Docteur en histoire de l’art, auteur d’une thèse sur le graveur-illustrateur Léopold Flameng (1831-1911) soutenue en 2017, il poursuit aujourd’hui ses recherches sur l’estampe et la peinture du XIXe siècle et a publié plusieurs ouvrages et articles scientifiques sur le sujet. Passionné par l’écriture, il décide après sa thèse de se consacrer aussi à la fiction. Partir, c’est mourir un peu est son premier roman abouti. Il est un des cinq ouvrages finalistes du prix du jury des Plumes francophones organisé par Amazon KDP. Il a depuis publié plusieurs romans et recueils de nouvelles, disponibles en librairies et sur toutes les plateformes numériques.

Quatrième de couverture :

« Les lauriers de la gloire se fanent vite. » Philéas Chasselat, peintre au succès déclinant en fait l’amer constat lorsque l’inspiration le fuit et que sa bourse se vide. Clémence Soyer, jeune artiste ambitieuse, est encore inconnue mais aspire à la renommée dans le Paris bouillonnant de la Belle Époque. Mis sur le chemin l’un de l’autre, ils vont affronter l’hypocrisie de la société, les déconvenues si nombreuses de la vie d’artiste et tenter, malgré les revers, de triompher ensemble.
A la fois roman sentimental et historique, réflexion sur les aspirations individuelles et les exigences d’un monde étriqué, Une vie d’artistes interroge sur les libertés et la dépendance du créateur, sur ses rêves de gloire et ses désillusions, sur les fragilités du couple et sur "l’amour médecin".

Mon avis : 

La gloire est une chose étonnante. Elle peut traverser les siècles, les millénaires parfois, et pourtant, elle peut s’enfuir et revenir en un instant aussi volatile que la constance des hommes. 

Après avoir connu la renommée avec ses peintures militaires et brillé dans les salons par sa popularité d'artiste en vogue, Philéas Chasselat se retrouve dans le creux de la vague. Sa bourse se vide aussi vite que son inspiration et son carnet d'adresses. Dans le Paris de la fin du 19ème siècle, un artiste déchu se retrouve très vite à la rue et Phileas redoute de sombrer dans la misère. Un seul ami ne lui a pas encore fermé sa porte, Nicolas Dignimont, un financier prospère aussi avisé que Philéas est inconséquent. 
Lorsque ce dernier l'invite à la pendaison de crémaillère qui suit son mariage, le peintre qui est au bout du rouleau va découvrir que la vie peut parfois vous réserver d'heureuses surprises. Il tombe immédiatement sous le charme de Clémence, une cousine de son ami banquier avec qui il partage le goût pour la peinture de batailles. C'est avec joie qu'il accepte de dispenser son art à la jeune femme. La complicité qui naît entre eux va vite se transformer en sentiments plus tendres. Son mariage avec Clémence lui apportera la stabilité financière qui lui manquait et lui permettra d'exercer son art sans redouter les fins de mois difficiles. 
Des rêves de gloire plein la tête et des papillons dans le cœur,  les jeunes amoureux vont malheureusement vite déchanter, confrontés aux carcans de la Belle Époque. Ils vont apprendre à leurs dépens que le talent et le courage ne suffisent pas pour réussir dans le domaine des arts et qu'il ne fait pas bon braver les conventions et vouloir changer les règles de l'ordre établi…

Remarquablement documenté, ce roman sentimental et historique embarque habilement son lecteur dans le milieu artistique de la fin du 19ème siècle. 
De Paris à Deauville, des clubs élitistes aux tripots de jeux clandestins, Alexandre Page nous entraîne dans un univers délicieusement suranné.
Avec de jolies formulations et une écriture élégante, l'auteur nous narre les succès et les déboires d'un couple de peintres cherchant à apaiser leur soif de reconnaissance. Rêvant de triompher au Salon, l'incontournable manifestation artistique de l'époque qui légitimise le statut d'un peintre, ces derniers vont redoubler de ruse pour essayer d'y parvenir, prenant le risque de voir leur univers se fracasser sur l'autel de la gloire. 
Ce récit est également une peinture au vitriol de la misogynie, de la tartuferie et de l'étroitesse d'esprit d'une époque où la femme était considérée comme un être frivole assujetti et vivant dans l'ombre de son seigneur et maître d'époux. 
Enfin, ce roman alliant légèreté et réflexion est un excellent réquisitoire en faveur de la liberté de création !


Merci à Alexandre Page.

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dimanche 19 juin 2022

Pourquoi je suis communiste de Quentin Mouron

 













Éditeur : Olivier Morattel Éditeur 
Parution : 09/03/2022
Nombre de pages : 164
Genre : poésie

L'auteur : 














Quentin Mouron est un écrivain canado-suisse né à Lausanne en 1989. 
Il est l'auteur de plusieurs romans : "Au point d'effusion des égouts"(2011) qui rencontre un accueil très favorable en Suisse francophone, "Notre-Dame-de-la-Merci" (2012), "Trois gouttes de sang et un nuage de coke" (2015) paru aux éditions de la Grande Ourse ainsi qu'en version poche chez 10/18, Vesoul, le 7 janvier 2015 (2019) et Jean Lorrain ou l'impossible fuite hors du monde (2020).

Quatrième de couverture : 

Là où est l'Homme, est aussi l'amour, est aussi le travail, est aussi la lutte. Il revient à Hegel d'avoir liée explicitement les trois, dans un chapitre célèbre de La Phénoménologie de l'Esprit. Il appartient à Marx, par la suite, d'avoir analysé les rapports entre le travail et la lutte; il appartient aux surréalistes d'avoir tiré toutes les conséquences du croisement entre la lutte et le désir amoureux.

L'ambition de ce recueil de poèmes est de rendre justice à la triade originaire, qui forme un tout inextricable.

Mon avis :

«[…] elle disait que l'existentialisme était la philosophie de ceux qui ont le temps, elle disait que l'existentialisme était la philosophie de ceux qui boivent des cafés crèmes et des bocks et des cocktails à l'abricot, elle disait qu'entre L'Être et le néant et La Critique de la Raison dialectique Sartre avait rencontré les masses qui n'ont pas le temps, les ouvriers qui n'ont pas le temps, les colonisés qui n'ont pas le temps, sauf le temps qu'on leur impose de l'extérieur, c'est-à-dire la cadence, c'est-à-dire le temps mystifié, c'est-à-dire le temps réifié, elle disait que ces masses n'ont ni le temps ni le choix, elle disait qu'elle n'avait ni le temps ni le choix, elle disait qu'elle était fatiguée, elle pleurait le soir, […]»

Dans ce nouvel ouvrage, Quentin Mouron déserte momentanément les sentiers du récit fictionnel pour arpenter les chemins plus escarpés de la poésie en vers libres et en prose. 
L'auteur décortique les différentes étapes d'un amour, de ses balbutiements à son extinction. Il brosse des situations où la lutte est au cœur des événements. En amour comme dans le labeur, il décrit un combat de tous les instants qui ne prend fin qu'avec le trépas de l'Homme.
Le présent recueil se décline en quatre parties : rencontre, engagement, rupture et vanité. 
Des prémices et délices de la Rencontre, de la fusion amoureuse  : […] j'avais noté le soir on promet toujours trop promettre c'est l'imprudence lyrique des hommes promettre c'est faire un pari sur les anges c'est décevoir par avance […].
Puis du temps suspendu qui reprend son cours. De celui de l'Engagement, brinquebalé par les évènements du quotidien. De lutte en renoncement, de performance en déconvenue : […] elle s'était élancée sous les injures des clients, les kebabs tièdes, le frites perdues, les burgers écrasés, les remontrances, les mauvaises notes, la désactivation, la désactivation pour les pédaleurs enlisés, pour les êtres tombés à côté du monde, à côté du droit du travail, à côté de la dignité humaine, à côté des conventions collectives […].
Vient le temps de la Rupture, des désillusions : […] il s'endormait quelques minutes dans son costume trop grand, sur le lit de ses rêves déchirés, sur le lit de ses rêves reprisés, sur le lit de ses rêves mités, sur le lit de ses rêves limités, il s'endormait quelques minutes et il se réveillait ivre et triste […].
Enfin le cycle s'achève sur Vanité qui dénonce l'inéluctable victoire de la grande faucheuse sur nos vies : 

Nous avions revêtus de vieux souvenirs
Usés
Où ton sourire 
Cousu en biais
S'effilait
Comme filait 
Le temps
Qui avait blanchi
Les tempes 
De nos parents
Qui avait vouté
Le dos
De tes amis 
D'enfance
Assis
Sagement
Comme de vieux enfants
- Et ton cercueil
Attendait
Sagement
Sur les dalles
Sans éclat
De l'église
Où tu aimais
Prier
Sous les vitraux sans art
De l'église
Où tu aimais
Chanter
Sous le Christ sans joie
Presque sans amour
De l'église 
Que tu avais aimée.

Oscillant entre tradition et modernité, ce recueil de poésie éclectique puise en grande partie son inspiration dans les théories marxistes et hégéliennes. 
Amour et travail se rejoignent pour former une entité sans réelle distinction, avec la lutte comme principal fil conducteur de tous les instants. 
Même s'il est traversé de multiples clins d'œil à des poètes communistes du 20ème siècle comme Louis Aragon et surtout Nâzim Hikmet, ce recueil reste résolument actuel. 
Tout comme dans ses romans, on retrouve la plume singulière et inclassable de l'auteur qui se caractérise par sa fougue, son cynisme, sa sensibilité à fleur de peau, son irrévérencieuse provocation et sa cruelle lucidité. 
Une nouvelle facette de l'auteur vaudois à découvrir !



Merci aux Éditions Olivier Morattel.
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samedi 11 décembre 2021

Mon mari de Maud Ventura

 













Éditeur : Iconoclaste
Parution : 19/08/2021
Nombre de pages : 355
Genre : littérature française

L'auteure : 


















Maud Ventura a vingt-huit ans et vit à Paris. Normalienne et diplômée d'HEC, elle rejoint France Inter juste après ses études. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef des podcasts dans un grand groupe de radios. Elle ne cesse d'explorer la complexité du sentiment amoureux dans son podcast " Lalala " et dans son premier roman Mon mari.

Quatrième de couverture : 

« Excepté mes démangeaisons inexpliquées et ma passion dévorante pour mon mari, ma vie est parfaitement normale. Rien ne déborde. Aucune incohérence. Aucune manie. »

Elle a une vie parfaite. Une belle maison, deux enfants et l'homme idéal. Après quinze ans de vie commune, elle ne se lasse pas de dire « mon mari ».
Et pourtant elle veut plus encore : il faut qu'ils s'aiment comme au premier jour.
Alors elle note méthodiquement ses « fautes », les peines à lui infliger, les pièges à lui tendre. Elle se veut irréprochable et prépare minutieusement chacun de leur tête-à-tête. Elle est follement amoureuse de son mari.
Du lundi au dimanche, la tension monte, on rit, on s'effraie, on flirte avec le point de rupture, on se projette dans ce théâtre amoureux.

Mon avis :

On a tous, à un moment, une décision à prendre : choisir d'aimer ou d'être aimé. Il n'existe aucun couple ou l'amour se donne à égalité, ce n'est pas vrai. Alors il faut déterminer quelle vie amoureuse on souhaite mener : serons nous celui qui reçoit ou celui qui donne ?

Qui a dit que l'amour dure trois ans ? Certainement pas la narratrice de ce roman, qui clame haut et fort un amour dévorant pour son mari après quinze ans de mariage ! 
Son mari ? L'unique moteur de vie de cette beauté froide aux airs de blonde hitchcockienne. L'héroïne de cette comédie grinçante invite le lecteur à partager une semaine mouvementée de son bonheur conjugal en dents de scie. L'humeur de Madame oscillant entre euphorie, doute et colère, suivant l'attitude de Monsieur qu'elle observe dans ses plus petits détails, le moindre petit grain de sable pouvant enrayer la machine. 
Ses deux enfants et ses activités de professeur d'anglais et de traductrice, ses amitiés contraintes et factices, ne sont qu'éléments phagocytants et perturbants qui viennent troubler la belle harmonie de son couple. 
Au fil des pages, on s'amuse, on s'étonne et on s'épouvante de cet amour obsessionnel, de ce désir de possession et de fusion maladif qui s'apparente à la folie. 
Le récit va prendre des allures de thriller et on se demande jusqu'où la narratrice est capable d'aller pour satisfaire cet amour vampirisant.
Et son mari, est-il vraiment aussi parfait qu'elle le laisse entendre ? Est-il la victime ou le prédateur ? Les dernières pages réservent de belles surprises !

Cette farce domestique mordante aux allures de polar m'a tenue en haleine jusqu'à la dernière ligne. Au-delà de l'amusement provoqué par  l'enchaînement des situations cocasses et parfois ahurissantes, ce roman traité avec une ironie caustique, interroge le lecteur avec beaucoup d'acuité et de finesse sur les relations de couple. Dépendance affective, conflits, adultères, rivalités, jalousies, les dérives de l'amour conjugal sont passées à la loupe avec force détails. 
Un roman subtil et délicieusement cruel, aux antipodes d'une romance sirupeuse !


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samedi 20 février 2021

Starling de Mélanie Taquet

 













Éditeur : Eyrolles
Parution : 04/02/2021
Nombre de pages : 335
Genre : littérature française

L'auteure :


 

















Mélanie Taquet partage son temps entre son travail dans l’éducation et sa passion pour l’écriture et les voyages. Starling est son quatrième roman. 

Quatrième de couverture : 

À trente et un ans, Emma est une femme-enfant qui peine à trouver sa place. Forte mais fragile, hypersensible et introspective, elle passe ses soirées devant Netflix ou à rédiger des chroniques littéraires pour son blog, vagabonde dans Londres et écrit pour oublier les problèmes de sa vie. Quand la jeune femme accepte de suivre Chiara, sa meilleure amie et colocataire à une soirée au pub, elle est loin de se douter que l’ambivalent Bilal, fantôme d’une relation interdite, va refaire une entrée fracassante dans sa vie et tout bouleverser sur son passage. Comment garder la tête froide face à cette passion dévastatrice qui l’habite et l’abîme ? Avec l’aide de Chiara et de son "Carnet des petits bonheurs", Emma va apprendre que la vie n’est pas toujours rose, que la douleur s’apprivoise, et que grandir n’est pas une sentence… Un tendre roman d’amitié, une quête de soi qui nous embarque avec humour et émotion entre Londres, Prague et Paris.

Mon avis :

« C'est la magie de la littérature. Parfois le livre est une clé qui vient débloquer une serrure intérieure. Tout est question de moment propice et d'ouverture d'esprit. Il suffit d'un mot, d'une phrase, et le verrou saute. »

Comment tenir la barre et se reconstruire quand on a été malmenée par les tumultes de la vie ? Blogueuse et auteure de chick lit, Emma a du mal à sortir de sa bulle. Fragilisée par la perte de ses parents à l'adolescence puis déçue sentimentalement, cette trentenaire mal dans ses baskets traîne sa dépression comme un forçat traîne son boulet. 
Heureusement, elle vit en colocation avec la pétulante Chiara qui est tout son contraire. Cette dernière multiplie les ruses pour la décoller de ses écrans et de son pyjama régressif avec plus ou moins de succès. 
Un soir de chance, elle finit par la décider de l'accompagner dans un pub branché ou elle doit retrouver une bande de potes. Une soirée riche en émotions qui va faire valdinguer toutes les certitudes d'Emma et la plonger dans un gouffre d'incertitude et de perplexité quand Cupidon va frapper très fort. Car loin d'être un fleuve tranquille, l'histoire d'amour balbutiante de nos deux tourtereaux va s'avérer parsemée d'épines, de questionnements et de retournements. 
L'amour triomphera-t-il de l'adversité ? 

Légère et rafraîchissante, "Starling" est une feel-good romance sans mièvrerie qui aborde avec humour le thème du mal-être des trentenaires actuels ultra-connectés et en manque de repères. 
Bridget Jones du 21ème siècle ère pré-covid, l'héroïne principale de cette aventure sentimentalo-comique a troqué son journal intime pour un blog et son emblématique culotte de grand-mère contre un pyjama Bisounours. Toujours déterminée à trouver son prince charmant mais plus intrépide que sa devancière, elle fait voyager son lecteur de Londres à Prague, des pubs londoniens animés aux échoppes de la place Venceslas, bien décidée à trouver le chemin de la félicité.
Loin d'être aussi étourdie que l'étourneau auquel elle s'identifie, Emma  se révèlera plus sagace que l'on aurait pu l'imaginer !




Merci à Babelio et aux éditions Eyrolles.
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